L’Eurovision 2019 aura bien lieu en Israël
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L’Eurovision 2019 aura bien lieu en Israël

Le radiodiffuseur Kan a accepté une proposition du ministère des Finances, mettant fin à une querelle sur le financement du dépôt de garantie nécessaire à l'accueil du concours

Netta Barzilai après avoir remporté la finale de la 63e édition de l'Eurovision Song Contest 2018 à l'Arena Altice de Lisbonne, le 12 mai 2018. (Crédit : AFP / Francisco LEONG)
Netta Barzilai après avoir remporté la finale de la 63e édition de l'Eurovision Song Contest 2018 à l'Arena Altice de Lisbonne, le 12 mai 2018. (Crédit : AFP / Francisco LEONG)

Israël a sauvé mardi in extremis l’organisation de l’Eurovision 2019 qui lui revenait après la victoire de sa représentante Netta Barzilai, grâce à un accord financier conclu au tout dernier moment, ont annoncé les médias publics.

L’Union Européenne de Radio-Télévision (UER) qui organise l’Eurovision avait lancé un ultimatum en exigeant un dépôt de garantie de 12 millions d’euros d’ici mardi faute de quoi la compétition aurait eu lieu ailleurs. Ce dépôt doit couvrir les frais entraînés par une éventuelle annulation.

Le dépôt de garantie sera restitué après la tenue du concours. Kan demandait des fonds additionnels à son budget annuel de 750 millions de shekels, indiquant qu’il craignait de perdre son dépôt de garantie si le concours était annulé pour des raisons de sécurité ou suite à la pression internationale que des groupes de boycott exerceraient.

Le radiodiffuseur public Kan et le ministère des Finances n’ont cessé de se quereller ces dernières semaines en s’accusant mutuellement de menacer la tenue de cette compétition, considérée par beaucoup comme très importante pour l’image d’Israël.

Pour l’Etat hébreu, l’organisation de toute rencontre sportive ou artistique internationale est en effet célébrée comme une victoire face aux appels au boycott, lancés régulièrement par des groupes pro-palestiniens actifs dans la campagne du BDS.

Moshe Kahlon, ministre des Finances, pendant une cérémonie de lancement d’un programme de construction de milliers de logements à Beit Shemesh, le 3 avril 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Kan réclamait des fonds publics supplémentaires pour payer le dépôt de garantie mais le ministère des Finances insistait pour que le radiodiffuseur public s’arrange avec son budget actuel.

« La crise de l’Eurovision est terminée », a annoncé la radio publique Kan. « L’office public de la Radio et de la Télévision déposera aujourd’hui les 12 millions d’Euros de garantie pour accueillir la compétition. [Kan] estime que le gouvernement israélien doit tout faire pour garantir un Eurovision digne en Israël et honorer les engagements de ses ministres… à financer le concours. »

Le dépôt de garantie doit couvrir une éventuelle annulation, au cas où Kan serait dans l’incapacité d’organiser l’évènement, à cause d’une guerre ou d’une catastrophe naturelle, selon la même source. Selon les termes de l’accord, Kan fera un emprunt pour pouvoir assumer ce dépôt de garantie. En cas d’annulation, le gouvernement et Kan se mettront d’accord entre eux sur l’aide financière qui sera accordée au radiodiffuseur.

« Kan considère qu’il est très important pour l’Etat d’accueillir l’Eurovision en Israël, en terme d’exposition et d’image, mais aussi pour fournir un élan économique », au pays, a-t-on ajouté.

Kan a ajouté que le financement du concours, qui ne faisait pas l’objet d’un différend, sera désormais discuté par les équipes de son département financier et que leurs recommandations seront transmises aux autorités.

En plus du dépôt de garantie, l’organisation du concours devrait coûter 157 millions de shekels (37 millions d’euros). Même après les revenus générés par le radiodiffuseur, Kan fera face à un déficit de quelque 104 millions de shekels, selon le site The Marker. Kan souhaite que le gouvernement augmente son budget pour couvrir ces frais.

The Marker a souligné que certains, au ministère des Finances et au ministère des Communications admettent que le gouvernement apporte ces fonds, mais le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Communications Ayoub Kara insistent qu’il revient à Kan de financer le concours.

Israël a remporté à quatre reprises l’Eurovision et la compétition s’est déroulée à deux reprises à Jérusalem en 1979 et en 1999.

Aucune décision concernant le lieu et les dates de l’Eurovision 2019 n’a été encore prise.

Depuis sa victoire le 12 mai à Lisbonne, Netta Barzilai, 25 ans, fait danser les Israéliens sur son tube « Toy », inspiré par l’esprit de la campagne #MeToo contre le harcèlement sexuel.

La partie de bras de fer engagée entre le ministère des Finances soutenu par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le radiodiffuseur public a rapidement pris une tournure politique.

Selon plusieurs commentateurs, le conflit financier s’explique avant tout par l’hostilité de Benjamin Netanyahu envers le radiodiffuseur public qu’il accuse d’être noyauté par des journalistes « gauchistes ».

Israël avait initialement insisté pour que la compétition se déroule dans la capitale, à Jérusalem. Mais après les réactions des organisateurs, qui menaçaient d’organiser le concours dans un autre pays, Netanyahu a demandé à ses ministres de ne pas s’exprimer sur la question.

Plusieurs villes israéliennes devraient candidater pour accueillir l’évènement.

Le Premier ministre est également revenu sur la division du radiodiffuseur en deux entités distinctes, l’une pour l’information et la seconde pour le divertissement. 

Selon la réglementation de l’UER, le radiodiffuseur des pays membres doit comporter le département d’information. Le Premier ministre souhaitait démembrer cet organisme public qui survit à coups de subventions, pour favoriser les investisseurs privés dans les médias.

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