L’ex-médecin de la Colonia Dignidad pourrait être emprisonné en Allemagne
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L’ex-médecin de la Colonia Dignidad pourrait être emprisonné en Allemagne

Hartmut Hopp, docteur de la secte chilienne fondée par un ex-caporal nazi, a été condamné pour 16 cas d'abus sexuels sur mineurs en 2011

Membres de la secte Colonia Dignidad. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Membres de la secte Colonia Dignidad. (Crédit : capture d'écran YouTube)

L’ancien médecin de la Colonia Dignidad, une secte fondée au Chili par un ex-caporal nazi, pourrait purger en Allemagne les cinq ans de prison infligés par la justice chilienne pour actes pédophiles, a annoncé le parquet mardi.

Hartmut Hopp, 76 ans, s’était réfugié à Krefeld, dans l’ouest de l’Allemagne, juste avant que sa condamnation pour 16 cas d’abus sexuels sur mineurs prononcée en 2011 ne soit mise à exécution au Chili.

Saisi par la justice chilienne, le parquet de Krefeld a décidé de solliciter l’emprisonnement en Allemagne de l’ancien médecin, dont doit décider le tribunal de la même ville à une date encore non précisée.

La défense conteste pour sa part la conformité de la condamnation chilienne aux principes du droit pénal allemand, un point clé pour que l’Allemagne accepte ou refuse d’appliquer une peine prononcée à l’étranger.

Hartmut Hopp était le bras droit de l’ancien caporal nazi Paul Schäfer, fondateur en 1961 de cette « colonie de la dignité » présentée comme un village familial idyllique en pleine nature, dans les montagnes au sud de Santiago.

En réalité, Paul Schäfer a régné avec brutalité sur cette communauté allemande de quelques centaines de personnes, les soumettant à de sévères règles de conduite allant jusqu’à l’esclavage et multipliant les abus sexuels sur les enfants, séparés dès la naissance de leurs parents.

Arrêté en 2005, Paul Schäfer a été notamment condamné pour homicides et abus sexuels sur mineurs et est mort en prison en 2010. Il entretenait par ailleurs des liens avec l’ancien dictateur chilien Augusto Pinochet, dont nombre d’opposants ont été torturés ou ont disparu à la Colonia Dignidad.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, avait annoncé fin avril l’ouverture des archives les plus récentes sur la Colonia Dignidad, dont une centaine d’anciens habitants réclament réparation.

« De longues années durant, des années 1960 aux années 1980, des diplomates allemands ont au mieux détourné le regard » de ce qui se passait dans ce lieu, a déploré Steinmeier, estimant que la gestion de l’affaire n’était « pas à l’honneur de l’histoire du ministère allemand des Affaires étrangères ».

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