L’hommage de la France à Simone Veil, qui va entrer au Panthéon
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L’hommage de la France à Simone Veil, qui va entrer au Panthéon

"Cette vie de femme offre à notre regard des abîmes dont elle aurait dû ne pas revenir, et des victoires éclatantes qu’aucune autre qu'elle n'aurait su remporter", a déclamé Emmanuel Macron dans son éloge funèbre

Emmanuel Macron rend hommage à Simone Veil, aux Invalides, à Paris, le 5 juillet 2017. (Crédit : AFP PHOTO / ALAIN JOCARD
Emmanuel Macron rend hommage à Simone Veil, aux Invalides, à Paris, le 5 juillet 2017. (Crédit : AFP PHOTO / ALAIN JOCARD

Un hommage solennel empreint d’émotion a été rendu mercredi à Simone Veil, qui en signe de « l’immense remerciement du peuple français », entrera au Panthéon, où elle reposera au côté de son époux Antoine Veil, a annoncé Emmanuel Macron.

De longs applaudissements ont salué cette décision qui ponctuait l’hommage national à cette grande figure de la vie politique française et du combat pour l’émancipation féminine, rescapée de la Shoah et décédée vendredi à l’âge de 89 ans.

Simone Veil sera la cinquième femme à reposer au Panthéon, ce temple républicain qui proclame sur son fronton: « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante ». Quant à Antoine Veil, il sera admis avec elle en sa qualité d’époux.

« Cette vie de femme offre à notre regard des abîmes dont elle aurait dû ne pas revenir, et des victoires éclatantes qu’aucune autre qu’elle n’aurait su remporter », a déclamé le chef de l’Etat dans son éloge funèbre.

« A ce mystère qui défie la raison commune et nous inspire tant de fascination, nous donnons en France un nom bien ancré dans notre génie national, et ce nom c’est: la grandeur » qui « fit la nôtre », a-t-il enchaîné.

Le cercueil de Simone Veil recouvert du drapeau tricolore avait fait son entrée dans la Cour d’honneur de l’Hôtel des Invalides porté par la Garde républicaine au son de la Marche funèbre avant d’être déposé à même le sol, à l’exact centre, sur un simple catafalque de bois vernis.

Il a quitté la cour une heure plus tard dans une lente procession au son du Chant des Marais, celui des déportés, entonné par les chœurs de l’armée française en souvenir de l’internement de Simone Veil et de sa famille au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau.

Emmanuel Macron a rappelé les « combats » d’un « siècle » menés par Simone Veil, sa « bataille pour que cessent les conditions sordides et meurtrières dans lesquelles se déroulaient les avortements » lorsque, ministre de la Santé de Valéry Giscard d’Estaing, elle avait porté en 1974 la loi sur l’interruption volontaire de grosse (IVG).

Son « combat pour l’Europe » aussi, elle qui fut la première présidente du Parlement européen ou ceux pour « la ratification de la déclaration universelle des droits de l’homme à la tribune des Nations Unies », pour « la protection sociale » ou « contre le racisme et l’antisémitisme ».

Le dernier mot: « merci »

Dans tous ces combats, « elle eut raison avant tout le monde, et souvent contre tout le monde », faisant face à « la haine venimeuse des uns, les injures exécrables des autres », s’est-il souvenu.

L’éloge funèbre du chef de l’Etat avait été précédé de celui des deux fils de Simone Veil. Ta « détermination constitu(ait) la trame de l’armure qui t’as permis de survivre à l’enfer », a lancé l’avocat Jean Veil.

Son frère Pierre-François, également avocat, s’est souvenu quant à lui des « combats » de leur mère et d’abord de celui pour la « réconciliation, pour une Europe de paix, de solidarité et de progrès partagé ».

« Cet hommage est ton ultime victoire sur les camps de la mort », a-t-il encore souligné, concluant par le « dernier mot » de sa mère, « prononcé faiblement mais si distinctement, avant de retrouver papa pour toujours: merci ».

Quelque 700 invités parmi lesquels des dizaines de personnalités françaises et étrangères ont assisté à cette cérémonie que la famille avait souhaitée ouverte au public, une foule d’anonymes se pressant dans les galeries de la cour d’honneur, baignée par un soleil estival.

Outre le gouvernement français venu pratiquement au complet, plusieurs chefs de gouvernement étrangers avaient annoncé leur venue.

Valéry Giscard d’Estaing, 90 ans, a « regretté » en revanche, selon son entourage, de ne pouvoir être présent.

Quant à Bernadette Chirac, elle représentait son époux Jacques Chirac au côté de leur fille Claude, tandis que Nicolas Sarkozy et François Hollande étaient présents, comme nombre de figures politiques, de Jean-Luc Mélenchon à Dominique Strauss-Kahn.

La quasi totalité des Premiers ministres de ces dernières années figuraient aussi parmi les officiels. Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuelle de l’Académie française où siégea Simone Veil est également venue en compagnie de nombreux « immortels » ceints de leurs uniformes.

A travers toute la France, les drapeaux européens ont été mis en berne mercredi sur les édifices publics tandis que les drapeaux français étaient parés d’un crêpe noir.

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