Libération du résident d’implantation qui avait enfreint un ordre administratif
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Libération du résident d’implantation qui avait enfreint un ordre administratif

Le juge a suspendu la décision d'un jour afin de permettre à l'Etat de faire appel

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Neria Zarog s'attache à une scie circulaire à 
Yitzhar pour éviter d'être arrêté pour avoir enfreint un ordre administratif, le 10 novembre 2019. (Crédit : Honenu)
Neria Zarog s'attache à une scie circulaire à Yitzhar pour éviter d'être arrêté pour avoir enfreint un ordre administratif, le 10 novembre 2019. (Crédit : Honenu)

Mardi, le tribunal de Petah Tikva a ordonné la libération d’un activiste d’implantation extrémiste, qui avait enfreint une décision de justice lui interdisant de se rendre en Cisjordanie en raison de la menace qu’il présenterait pour ses voisins palestiniens.

Le juge a suspendu la libération de Neria Zarog d’un jour afin de permettre à l’Etat de faire appel de la décision. La police avait demandé que le jeune père de deux enfants âgé de 21 ans reste en détention jusqu’à la fin de la procédure dont il fait l’objet.

Lors de l’audience de mardi, il a été inculpé pour avoir enfreint un ordre du Commandement central de l’armée israélienne. Zarog a également été mis en examen pour avoir entravé l’opération des officiers de police qui tentaient de l’arrêter dimanche soir.

Il aura fallu cinq heures aux forces de l’ordre pour appréhender Zarog, qui s’était attaché à une scie circulaire scellée au sol d’une maison de l’implantation radicale d’Yitzhar.

Neria Zarog, résident de l’implantation juive d’Yitzhar, est déféré devant le tribunal de Petah Tikva après avoir été arrêté pour avoir enfreint un ordre administratif et après s’être barricadé dans une maison illégale à proximité de l’implantation en Cisjordanie, le 11 novembre 2019. (Hillel Maeir/Flash90)

Le juge a demandé à Zarog de respecter l’ordre administratif lui interdisant de se rendre en Cisjordanie, où il habitait dans l’avant-poste extrémiste de Kumi Ori – quartier sud d’Yitzhar. Il a également ordonné que Zarog reste sous la supervision de son père 24h/24 7j/7 jusqu’à la fin de l’enquête qui le vise.

Son avocat, Adi Keidar, a salué la décision du tribunal d’ordonner la libération de son client et a fustigé la police pour sa gestion de l’affaire. L’avocat a fait valoir que la police affirmait maintenant que Zarog était un danger pour la société, alors que pendant plus d’un mois et demi son client avait ouvertement enfreint l’ordre administratif, et la police n’a pas tenté de l’arrêter.

Trois officiers avaient été légèrement blessés dans des affrontements avec des habitants locaux d’implantations lors de l’arrestation de Zarog plus tôt cette semaine. Des centaines de jeunes hommes « ont participé à des émeutes et se sont livrés à de graves violences, notamment en lançant des pierres, des pots de peinture et d’autres objets » sur des officiers, avaient déclaré la police dans un communiqué. Des véhicules de police avaient aussi été endommagés. Trois habitants d’implantations avaient été arrêtés lors de l’altercation de masse.

Honenu, un groupe d’assistance juridique de droite qui représente également Zarog, a dit que 15 manifestants avaient été blessés et que la police avait fait usage excessif de la force pour leur répondre.

Zarog a été blessé alors que la police tentait de scier des menottes en acier auxquelles il était attaché, lui entaillant accidentellement sa jambe. Il a passé la nuit à l’hôpital avant d’être transféré dans un centre de détention pour y être interrogé, lundi matin.

Lors de l’audience du tribunal de Tel Aviv lundi, le représentant de la police a déclaré au juge que Nadav Padan, chef du Commandant central, avait reçu des renseignements indiquant que Zarog posait une menace aux Palestiniens, avant de signer l’ordre administratif. Zarog appartient à ce que l’on surnomme les Jeunes des collines. Il s’agit de groupes de jeunes d’extrême droite qui construisent et résident dans des avant-postes illégaux. Ils mènent parfois des attaques dites de « Prix à payer » contre des Palestiniens ou leurs biens.

Neria Zarog (au centre) avec sa femme et leurs enfants devant leur maison dans l’avant-poste de Kipa Sruga, un quartier de l’implantation Yitzhar, dans le nord de la Cisjordanie. (Avraham Shapira)

Ses avocats affirment que leur client n’a jamais pu avoir accès aux détails des accusations portées contre lui et qu’il avait le droit de refuser un ordre administratif « draconien ».

Cette interdiction visant Zarog a déclenché des mois de confrontations entre les habitants locaux d’implantations et les forces de sécurité. Zarog est un berger qui vit dans l’avant-poste illégal de Kumi Ori, dont les résidents se sont opposés aux soldats israéliens à plusieurs reprises dans le passé.

Selon un responsable de la défense qui s’est exprimé au Times of Israël sous couvert d’anonymat, Zarog est un « extrémiste violent bien connu des forces de sécurité » qui a pris part à des altercations contre des Palestiniens, mais aussi des soldats israéliens.

Zarog affirme qu’il n’a pas participé à des activités violentes contre les Palestiniens, mais qu’il avait été détenu à plusieurs reprises par l’armée israélienne après s’être approché de villages proches de son troupeau.

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