Liberman à l’Iran et au Hamas : « Prenez nos avertissements au sérieux »
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Liberman à l’Iran et au Hamas : « Prenez nos avertissements au sérieux »

Le ministre de la Défense israélien a rappelé que la situation était "fragile et explosive" et que la totalité des capacités de l’armée pouvait être nécessaire "à tout moment"

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, dépose une couronne sur le mémorial des soldats israéliens tombés au combat au cimetière militaire de Kiryat Shaul, à Tel Aviv, le 18 avril 2018 (Ariel Hermoni / Ministère de la défense)
Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, dépose une couronne sur le mémorial des soldats israéliens tombés au combat au cimetière militaire de Kiryat Shaul, à Tel Aviv, le 18 avril 2018 (Ariel Hermoni / Ministère de la défense)

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a averti mercredi les ennemis d’Israël que l’Etat juif ne « ferait aucun compromis » sur sa sécurité, avertissant l’Iran et le groupe terroriste du Hamas « d’en tenir compte et de le prendre au sérieux ».

Lors d’une cérémonie commémorative, M. Liberman a également évoqué la situation sécuritaire « fragile et explosive » aux frontières septentrionale et méridionale, déclarant « qu’à tout moment, nous pourrions avoir besoin de tout le pouvoir et de toutes les capacités de l’armée israélienne et de ses commandants ».

Ces commentaires surviennent alors que l’armée israélienne se prépare à une attaque iranienne visant à venger la frappe israélienne sur les forces iraniennes en Syrie la semaine dernière. Les tensions se sont également accrues dans le sud du pays, alors que des manifestations sont organisées à la frontière entre Israël et Gaza et que des affrontements avec les soldats israéliens ont éclaté.

« Nous ne recherchons pas ces évènements, mais quand il s’agit de la sécurité de l’Etat d’Israël et de ses citoyens, nous ne ferons aucun compromis et nous ne céderons pas. Mon conseil à nos voisins du nord et du sud : tenez compte de cela et prenez-nous au sérieux », a déclaré M. Liberman au cimetière militaire de Kiryat Shaul à Tel Aviv, lors de la cérémonie commémorative pour les soldats israéliens tombés au combat.

Saluant les réalisations de l’Etat, à la veille du 70e anniversaire de sa fondation, le ministre de la Défense a également signalé que l’armée pouvait faire face à un conflit à « n’importe quel moment ».

« Nous avons accompli des choses stupéfiantes, qui comptent comme des merveilles et des miracles dans les annales des nations du monde – mais nous ne pouvons toujours pas déposer les armes. Malheureusement, les menaces qui cherchent à nous nuire et à détruire l’Etat d’Israël n’ont pas disparu, même aujourd’hui, 70 ans après la guerre d’Indépendance », a-t-il déclaré.

« Par conséquent, nous avons besoin d’une force de frappe forte et déterminée, et d’une compréhension face au fait que nous vivons dans une réalité fragile et explosive, et qu’à tout moment nous pouvons avoir besoin de toute la puissance et de toutes les capacités de Tsahal et de ses commandants », a affirmé le ministre de la Défense.

Des Israéliens se tiennent face à des tombes de soldats au cimetière militaire du mont Herzl, à Jérusalem, alors qu’une sirène de deux minutes retentit à travers Israël, marquant le Jour du Souvenir qui commémore les soldats tombés au combat et les victimes du terrorisme, le 18 avril 2018 (Miriam Alster / Flash90)

Depuis la frappe aérienne israélienne présumée sur une base syrienne le 9 avril, qui a tué au moins sept soldats iraniens, les autorités iraniennes ont émis des commentaires de plus en plus belliqueux. Téhéran a ainsi menacé de faire « regretter ses méfaits » à l’Etat juif, comme l’a déclaré lundi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.

Israël voit l’Iran, qui a juré de détruire l’Etat juif, comme son principal ennemi dans la région. Les responsables israéliens ont déclaré à plusieurs reprises qu’Israël ne permettrait pas à l’Iran de se retrancher derrière la Syrie, qualifiant cela de « ligne rouge » qui déclencherait des opérations militaires si nécessaire.

Les tensions ont encore augmenté mardi, quand des frappes additionnelles ont été signalées sur deux bases aériennes en Syrie – l’armée syrienne affirmant avoir abattu des missiles. Plus tard, l’armée syrienne a précisé qu’aucun missile n’avait en réalité été tiré, mais a affirmé que ses contre-attaques avaient été déclenchées par une cyberattaque conjointe israélo-américaine.

L’establishment de la défense israélienne – les différents services de renseignement du pays et l’armée – estime qu’une attaque iranienne pourrait être menée par l’aviation du Corps des Gardiens de la révolution islamique, avec des missiles sol-sol ou des drones armés, a appris le Times of Israël.

Cela constituerait une rupture par rapport aux affrontements antérieurs entre Israël et l’Iran, dans lesquels les représailles de Téhéran se faisaient par procuration, notamment par l’intermédiaire du groupe terroriste du Hezbollah, plutôt que par son propre Corps de Gardiens de la révolution.

Aucune indication ne permettait de savoir quand une telle attaque pourrait avoir lieu, bien que les festivités du Jour de l’Indépendance prévues jeudi puissent servir de cible tentante pour l’Iran.

Mardi, l’armée a indiqué qu’elle n’allait pas envoyer son escadron d’avions de chasse F-15 à l’exercice d’entraînement « Drapeau rouge » prévu en Alaska le mois prochain, l’armée estimant qu’elle pourrait avoir besoin de ses combattants en prévision d’une confrontation militaire avec les forces iraniennes en Syrie dans les prochaines semaines, selon différentes sources.

Les troupes israéliennes restent également en état d’alerte le long de la frontière avec Gaza, où au moins trois Palestiniens auraient été blessés par des tirs israéliens tôt mercredi matin, à l’est de Khan Younis dans le sud de la bande de Gaza. Dans une déclaration, les Forces de défense israéliennes ont confirmé avoir ciblé un groupe de cinq Palestiniens qui se sont approchés de la barrière frontalière. Au moins un des Gazaouis était armé, selon l’armée.

Le site d’information Walla a cité une source de l’armée non identifiée selon laquelle les forces de sécurité avaient contrecarré une tentative du groupe d’installer un engin explosif le long de la barrière frontalière.

Dans ses commentaires de mercredi, Liberman a salué les familles des soldats tombés au combat et la nature apolitique de Yom HaZikaron.

« Ici, dans cet endroit, et dans tous les cimetières militaires en Israël, il n’y a pas de factions et pas de partis. Ici, il n’y a pas de tribus ou de camps, mais un seul camp, celui du peuple d’Israël, qui a donné sa vie pour l’indépendance d’Israël, pour sa sécurité, pour son avenir », a-t-il dit. « Comme eux, qui n’ont pas été découragés face au danger et ont compris qu’il n’y avait pas d’autre chemin possible, de la même manière, nous devons nous assurer, pour leur mémoire et leur esprit, que nous resterons un peuple et un camp face aux défis auxquels fait face l’Etat d’Israël. »

M. Liberman intervenait après une tentative – contrecarrée par la Haute Cour de Justice – d’empêcher des Palestiniens de participer à une cérémonie commémorative conjointe israélo-palestinienne à Tel Aviv mardi soir.

Par ailleurs, dans un discours prononcé en anglais lors d’une cérémonie du Yom HaZikaron au Latrun Armored Corps Memorial à l’ouest de Jérusalem, le ministre de l’Éducation Naftali Bennett a déclaré : « Nous sommes entourés d’ennemis. Il y a quelques semaines à peine, l’Iran a envoyé un drone armé vers nous. La pieuvre iranienne essaie de nous étrangler et de briser notre esprit. Nous avons une nation vieille de 3 800 ans, avec l’esprit le plus fort de la terre. Israël est plus fort que ceux qui sont contre nous. D’ici, je dis aux dirigeants de l’Iran, de la Syrie, du Hamas et du Hezbollah de ne pas nous tester ».

Il a commencé son discours par une comparaison entre le Yom HaZikaron et la Journée du souvenir de l’Holocauste.

« La semaine dernière, nous nous sommes souvenus du prix que nous avons payé pour ne pas avoir eu d’État », a déclaré M. Bennett. « Maintenant, nous nous souvenons du prix que nous avons dû payer pour avoir un État. En deux jours à Auschwitz, nous avons perdu le même nombre de soldats que nous avons perdu depuis la fondation d’Israël. Nous ne dépendrons jamais de quelqu’un d’autre que nous-mêmes. »

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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