Liberman accusé d’homophobie après la diffusion d’une vidéo de 2013
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Liberman accusé d’homophobie après la diffusion d’une vidéo de 2013

La vidéo montre sa rencontre avec le rabbin Shmuel Auerbach et dans laquelle il s'oppose aux gay pride

Le rabbin Shmuel Auerbach, au centre, pendant une manifestation contre le service militaire à Jérusalem, le 28 mars 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le rabbin Shmuel Auerbach, au centre, pendant une manifestation contre le service militaire à Jérusalem, le 28 mars 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Avigdor Liberman est en pleine tourmente après la parution d’une vidéo de sa rencontre en 2013 avec le rabbin fondamentaliste de Jérusalem, Shmuel Auerbach.

Décédée l’an dernier à l’âge de 86 ans, le rabbin Auerbach a dirigé la Faction de Jérusalem, un mouvement ultra-orthodoxe dont les membres sont considérés comme radicaux, même au sein de la communauté harédie. D’après la Douzième chaîne, qui a diffusé les images de la rencontre mardi soir, Liberman avait demandé à rencontrer Shmuel Auerbach pour qu’il appuie la candidature à la mairie de Jérusalem de Moshe Lion, qu’il soutenait.

Ses adeptes font partie des plus féroces opposants aux tentatives de conscription des étudiants de yeshiva dans l’armée et manifestent régulièrement en interrompant la circulation à Jérusalem et ailleurs en guise de protestation.

Lors de l’entrevue, Liberman dit partager l’opposition d’Auerbach à la gay pride organisée dans la capitale israélienne, lui assurant qu’il « n’y aura pas tous ces défilés ou festivités gay qu’ils organisent ici ».

Ses propos lui ont immédiatement valu des critiques de la gauche et de la droite.

« Liberman l’homophobe n’a jamais été du côté des LGBT laïcs », a ainsi dénoncé le Camp démocratique dans un communiqué relayé par la Douzième chaîne.

« L’homme le plus corrompu de l’histoire politique israélienne vendra ceux qui votent pour lui afin de s’asseoir ne serait-ce qu’une minute dans le fauteuil de Premier ministre ».

A LIRE : Une ex-procureur déplore l’échec de l’inculpation de Liberman

« Avigdor Liberman, ‘le nouveau libéral’, est un homophobe de la plus vieille espèce », a quant à lui tweeté le ministre de la Justice Amir Ohana, fer de lance du Likud et membre de la communauté LGBT. « Pour ceux qui ne s’en rendaient pas compte avant ce soir, ça ne fait plus aucun doute. Les libéraux de droite n’ont qu’une option pour les prochaines élections — le Likud.”

Même le ministre des Transports d’extrême droite Bezalel Smotrich, qui s’est vanté par le passé d’être un « fier homophobe », a également condamné le n°1 d’Yisrael Beytenu sur Twitter : « un opportuniste sans aucune idéologie ».

En réaction, Liberman a dénoncé « des ragots de bas étages déterrés des archives » et insisté pour dire que ceux qui répandaient ces rumeurs doivent savoir qu’ils « ne peuvent empêcher un large gouvernement national libéral sans les ultra-orthodoxes et les non-messianiques » de se former.

En mai, moins de deux mois après que les électeurs israéliens ont octroyé à Benjamin Netanyahu la charge de former un nouveau gouvernement, les négociations de coalition ont échoué après le refus de Liberman, un ancien allié de ce dernier, de rejoindre son gouvernement.

Le contentieux portait alors sur un projet de loi obligeant les hommes ultra-orthodoxes à faire le service militaire obligatoire. Les partis ultra-orthodoxes voulaient assouplir le texte. Liberman insistait, lui, pour que celle-ci soit adoptée telle quelle.

Il a par la suite déclaré qu’il défendrait la formation d’un gouvernement d’unité nationale aux élections de septembre et qu’il ne siégerait pas dans un gouvernement incluant les partis ultra-orthodoxes. Son parti a signé un accord portant sur un report de voix avec le parti centriste et rival du Likud, Kakhol lavan.

JTA a contribué à cet article.

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