Liberman défendra les soldats dans le cadre des appels à enquêter sur Gaza
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Liberman défendra les soldats dans le cadre des appels à enquêter sur Gaza

Le ministre de la Défense dit aux soldats : "Tout comme vous nous protégez de la terreur du Hamas, nous vous protégerons des enquêtes internationales et des gangs hypocrites"

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman fait une déclaration aux médias lors de sa visite à Katzrin, le 11 mai 2018. (Basel Awidat/Flash90)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman fait une déclaration aux médias lors de sa visite à Katzrin, le 11 mai 2018. (Basel Awidat/Flash90)

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a promis vendredi de protéger les soldats de Tsahal des enquêtes internationales, à la suite d’une session de condamnation du Conseil des droits de l’homme de l’ONU plus tôt dans la journée.

« Chers soldats, tout comme vous nous protégez de la terreur du Hamas, nous vous protégerons des enquêtes internationales et des gangs hypocrites qui agissent contre Israël », a déclaré Liberman dans un tweet.

Le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a qualifié de « totalement disproportionnée » la gestion par Israël des affrontements meurtriers le long de la frontière de Gaza et a soutenu les appels en faveur d’une enquête internationale.

S’adressant lors d’une session spéciale du Conseil des droits de l’homme de l’ONU sur la violence dans laquelle le ministère de la Santé dirigé par le Hamas affirme que plus de 100 Gazaouis sont morts en six semaines, Zeid Raad Al Hussein a averti que « les meurtres résultant de l’utilisation illégale de la force par une puissance occupante peuvent également constituer des homicides volontaires, une grave violation de la quatrième Convention de Genève ».

Le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme Zeid Raad Al Hussein assiste à une session spéciale du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies le 18 mai 2018 à Genève. (AFP/Fabrice Coffrini)

Il a souligné que si 59 Palestiniens ont été tués et des milliers ont été blessés au cours d’une seule journée de manifestations violentes qui a coïncidé avec le transfert lundi de l’ambassade des États-Unis de Tel Aviv à Jérusalem, « du côté israélien, un soldat aurait été légèrement blessé par une pierre ».

« Le fort contraste dans le nombre de victimes des deux côtés suggère que la réponse (d’Israël) était totalement disproportionnée », a déclaré le Haut-Commissaire en ouverture de la session extraordinaire que le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU a décidé d’organiser sur la situation « dans les territoires occupés palestiniens ».

Selon Zeid Ra’ad Al Hussein, les actes des Palestiniens durant les récentes manifestations ne semblaient « pas constituer une menace imminente de mort ou de blessure mortelle pouvant justifier l’usage d’une force meurtrière ».

Un soldat israélien tente d’éteindre un feu dans un champ de blé du kibboutz Nahal Oz, incendié par des cerfs-volants envoyés depuis Gaza par des émeutiers, le 14 mai 2018. (Crédit : AFP / JACK GUEZ)

« Personne ne peut dire que les événements horribles de la semaine dernière étaient pour la sécurité », a-t-il dit.

Zeid a déclaré qu’il soutenait l’appel à une enquête « internationale, indépendante et impartiale, dans l’espoir que la vérité sur ces questions se traduira par la justice ».

Le Haut-Commissaire a rappelé que les Palestiniens avaient les mêmes droits que les Israéliens mais que, « de fait, ils sont retenus captifs dans un taudis de leur naissance à leur mort ».

« L’occupation doit cesser, pour faire en sorte que les Palestiniens puissent être libérés, mais aussi pour que le peuple d’Israël en soit libéré. Mettez fin à l’occupation, et la violence et l’insécurité s’estomperont largement », a estimé M. Zeid.

En réponse à l’organisation de cette session extraordinaire, Aviva Raz Shechter, la représentante permanente d’Israël au Palais des Nations, siège de l’ONU à Genève, a déploré qu’ “une fois de plus”, le Conseil des droits de l’Homme verse dans « une obsession anti-Israël » et se laisse duper par « l’utilisation cynique que fait le Hamas de son propre peuple ».

Elle a ajouté que la session extraordinaire de vendredi était « politiquement motivée et n’améliorera pas la situation sur le terrain d’un iota ».

« L’issue malheureuse des émeutes de lundi ne peut être attribuée qu’à l’exploitation cynique de sa propre population par le Hamas, dans le cadre d’une violente campagne contre Israël », a-t-elle dit.

La session du Conseil, poursuit-elle, ne servirait qu’à « renforcer le Hamas et à récompenser sa stratégie terroriste et son utilisation de civils comme boucliers humains pour faire avancer ses activités terroristes contre les citoyens d’Israël ».

« Israël mène des enquêtes indépendantes et transparentes sur toute accusation crédible ou tout soupçon raisonnable d’actes répréhensibles présumés », a-t-elle ajouté. « L’armée israélienne maintient un système d’enquête rigoureux à plusieurs niveaux, avec de nombreux contrôles et contrepoids pour garantir l’impartialité. »

Le représentant américain Theodore Allegra a également accusé que la session de l’ONU « prenait ouvertement parti et ignorait le véritable coupable de la récente flambée de violence, l’organisation terroriste Hamas ».

La session extraordinaire de l’ONU a eu lieu après sept semaines consécutives de manifestations de masse et d’affrontements le long de la frontière de Gaza avec Israël.

Le groupe terroriste du Hamas qui dirige la bande de Gaza a récupéré les manifestations et les a utilisées comme couverture pour tenter des infiltrations frontalières et des attaques contre les Israéliens. Mercredi, un responsable du Hamas a déclaré que 50 des 62 personnes tuées lundi et mardi étaient des membres du groupe et le groupe terroriste du Jihad islamique en a revendiqué trois autres.

Salah Bardawil du Hamas (à droite) reconnaît 50 morts parmi les 62 tués à la frontière entre Israël et Gaza, le 16 mai 2018 (Capture d’écran).

Le Conseil devait examiner un projet de résolution appelant à l’envoi urgent d’une « commission d’enquête internationale indépendante » – le plus haut niveau d’enquête du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Le projet de résolution, qui a été présenté par le Pakistan au nom de l’Organisation de coopération islamique et soutenu par 47 États membres de l’ONU, a déclaré que les enquêteurs devraient examiner « toutes les violations du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme… dans le contexte des attaques militaires contre des manifestations civiles à grande échelle qui ont commencé le 30 mars 2018 ».

L’objectif devrait être d’“établir les faits et les circonstances” autour des « violations et abus allégués, y compris ceux qui peuvent constituer des crimes de guerre, et d’identifier les responsables ».

La résolution ne critique pas le groupe terroriste du Hamas pour ses actions.

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