Liberman: Israël a ciblé « presque toutes les infrastructures » de l’Iran en Syrie
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Liberman: Israël a ciblé « presque toutes les infrastructures » de l’Iran en Syrie

Le ministre de la Sécurité publique, Gilad Erdan, a averti l'Iran qu'Israël "ne jouait pas et ne bluffait pas".

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman s'adresse à la presse dans un champ à l'extérieur de la bande de Gaza le 20 février 2018. (Judah Ari Gross/Times of Israël)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman s'adresse à la presse dans un champ à l'extérieur de la bande de Gaza le 20 février 2018. (Judah Ari Gross/Times of Israël)

L’armée israélienne a frappé « quasiment la totalité des infrastructures iraniennes en Syrie » en représailles à des tirs nocturnes de roquettes sur ses positions dans le Golan, a affirmé jeudi matin le ministre de la Défense Avigdor Lieberman, avertissant Téhéran que toute attaque sur le territoire israélien se heurterait à « une force la plus puissante possible ».

Dans ses premiers commentaires publics suite aux frappes sur des dizaines de cibles que l’armée israélienne a déclaré être affiliées à la force Al-Qods des Gardiens de la révolution, Liberman a affirmé qu’Israël n’avait aucun intérêt à une escalade des tensions mais n’accepterait aucune provocation.

« Ils ne doivent pas oublier l’adage selon lequel, si la pluie nous tombe dessus, la tempête s’abattra sur eux », a-t-il averti l’Iran lors de la conférence annuelle de Herzliya. « Nous ne laisserons pas l’Iran utiliser la Syrie comme base pour nous attaquer. »

« Les Iraniens ont tenté d’attaquer le territoire souverain d’Israël », a déclaré Liberman. « Aucune roquette iranienne n’a atterri dans l’Etat d’Israël. Personne n’a été blessé. Rien n’a été endommagé. Et nous devons être reconnaissants pour cela. Nous avons annihilé presque toutes les infrastructures iraniennes en Syrie. […] J’espère que cet épisode est clos et qu’ils ont compris. »

Une carte illustrant les localisations des frappes israéliennes en Syrie en réponse à une attaque iranienne présumée sur le plateau du Golan, le 10 mai 2018 (Crédit : armée israélienne)

Mais il a ajouté : « Ce n’est pas une victoire stupéfiante. Tout se limite pour le moment à une confrontation entre nous et les Gardiens de la révolution iranienne en Syrie. Tout le monde souhaite limiter cette confrontation et la garder sous cette forme. »

Le ministre de la Sécurité publique, Gilad Erdan, a averti l’Iran qu’Israël « ne jouait pas et ne bluffait pas ».

« Ce soir, nous avons transmis un message important à l’Iran et au régime d’Assad : un message de détermination et de force », a tweeté Erdan.

« Israël ne cessera pas d’agir contre les forces iraniennes en Syrie et ne pardonnera aucune tentative d’attaque contre les citoyens [israéliens] du nord. »

Le ministre de la Sécurité publique et des Affaires stratégiques, Gilad Erdan, lors d’une conférence du Likud à Lod, le 31 décembre 2017 (Tomer Neuberg / Flash90)

« Nous ne permettrons pas au régime extrémiste religieux de Téhéran de construire une puissance militaire en Syrie qui représenterait une menace pour les citoyens d’Israël. Nous tenons le régime syrien responsable de tout ce qui se passe sur son sol », a-t-il dit.

« Nous ne jouons pas et nous ne bluffons pas. Nous sommes déterminés à faire tout ce qui est nécessaire pour défendre Israël. »

Le président de la Knesset, Yuli Edelstein (Likud) a déclaré sur Twitter : « La nuit dernière, Israël a envoyé un message clair à ses ennemis et à l’Iran : les règles du jeu ont changé. Nous ne tolérerons aucune menace contre la sécurité de nos citoyens et nous n’accepterons pas la présence de forces hostiles iraniennes à proximité des zones frontalières. »

Le Président de la Knesset, Yuli Edelstein, s’exprime à la cérémonie annuelle du Yom HaAtsmaout au cimetière militaire du Mont Herzl à Jérusalem, le 18 avril 2018 (Capture d’écran : GPO)

Yair Lapid, responsable du parti d’opposition Yesh Atid, a déclaré : « Israël ne tolérera pas les attaques iraniennes contre notre territoire souverain. Nous attendons de nos amis et alliés qu’ils se tiennent à nos côtés. Le monde doit être uni dans la lutte contre le terrorisme et cela signifie être uni contre l’#Iran et ses alliés terroristes. »

Le ministre du Logement Yoav Galant (Koulanou) a tweeté : « Nous remettrons le génie iranien dans sa bouteille. Si l’Iran cherche l’aventure en Syrie, il se heurtera à la détermination et à la force. »

Amir Peretz, député d’opposition pour l’Union sioniste, a appelé le gouvernement à « se préparer à une confrontation plus large » et à allouer 2 milliards de shekels (132 millions d’euros) afin de faire face aux « lacunes sur le front intérieur ».

Il a déclaré jeudi à la Dixième chaine que le message envoyé par Israël était « sans ambiguïté. Les Iraniens ne peuvent pas être autorisés à s’établir à la frontière [israélienne]. Nous devons continuer à déployer le Dôme de fer [système de défense antiaérienne] et répondre résolument aux tirs contre Israël ».

L’ancien chef du parti travailliste Amir Peretz vote dans un centre électoral à Dimona, le 4 juillet 2017 (Flash90)

Avec ses frappes sur les positions iraniennes, l’armée israélienne a déclaré jeudi matin qu’elle avait annihilé les capacités militaires iraniennes établies en Syrie ces derniers mois.

L’armée israélienne a souligné qu’elle ne cherchait pas une escalade des hostilités avec Téhéran, après qu’une vingtaine de roquettes ont été tirées vers des bases militaires israéliennes par les forces iraniennes présentes dans le sud de la Syrie peu après minuit, provoquant de vastes raids israéliens de représailles.

Le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, porte-parole de l’armée, a déclaré que quatre missiles avaient été interceptés par le Dôme de fer et que les autres étaient tombés en Syrie.

Aucune victime israélienne n’a été signalée.

Les tirs iraniens et la contre-attaque israélienne semblaient représenter le plus important affrontement sur le territoire syrien impliquant Israël depuis la guerre de Kippour, en 1973.

Au total, Israël a mené des dizaines de raids contre des centres de renseignement, des réserves d’armes, des entrepôts, des postes d’observation et des centres logistiques en Syrie, selon l’armée.

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