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L’Iran condamne à mort deux lesbiennes et militantes LGBTQ

L'Autorité judiciaire a confirmé la condamnation à mort pour "corruption sur terre" des jeunes femmes. Il s'agit de la charge la plus grave du code pénal iranien

Un drapeau arc-en-ciel, le symbole de la fierté LGBTQ+. (Crédit : AFP/BEN STANSALL)
Un drapeau arc-en-ciel, le symbole de la fierté LGBTQ+. (Crédit : AFP/BEN STANSALL)

Deux lesbiennes et militantes LGBTQ ont été condamnées à mort en Iran, accusées de promouvoir l’homosexualité, ont rapporté des activistes lundi, exhortant la communauté internationale à empêcher l’exécution de ces verdicts.

Zahra Sedighi Hamedani, âgée de 31 ans, et Elham Chubdar, 24 ans, ont été condamnées par un tribunal dans la ville d’Ourmia (nord-ouest), a rapporté lundi l’organisation de défense des droits humains kurde « Hengaw ».

Les deux activistes sont actuellement détenues dans le quartier réservé aux femmes de la prison de Ourmia.

Dans un communiqué publié lundi sur son site Mizan Online, l’Autorité judiciaire a confirmé la condamnation à mort pour « corruption sur terre » des jeunes femmes. Il s’agit de la charge la plus grave du code pénal iranien.

Shadi Amin, coordinatrice de l’organisation iranienne de défense des droits des personnes LGBTQ « 6Rang », basée en Allemagne, a également confirmé à l’AFP les verdicts à l’encontre des deux jeunes femmes.

« Nous exhortons maintenant l’Allemagne et d’autres gouvernements étrangers à faire pression » sur l’Iran afin de parvenir à la libération des militantes, a-t-elle déclaré à l’AFP.

« C’est la première fois qu’une femme est condamnée à mort en Iran en raison de son orientation sexuelle », a-t-elle affirmé.

Le sort d’une militante iranienne pro-LGBTQ de premier plan, Sedighi Hamedani – connue sous le nom de Sareh -, suscite aussi de grandes inquiétudes depuis plusieurs mois.

Elle a été arrêtée en octobre 2021 par les forces iraniennes alors qu’elle tentait de fuir en Turquie voisine.

Sedighi Hamedani a ensuite été emprisonnée à l’isolement pendant près de deux mois.

En janvier, Amnesty International avait indiqué que les accusations contre la militante étaient liées à sa défense des droits des personnes LGBTQ sur les réseaux sociaux et son apparition dans un documentaire de la BBC diffusé en mai 2021 sur les persécutions subies par les personnes LGBTQ au Kurdistan irakien, où elle se trouvait.

Elle avait décidé de quitter le Kurdistan irakien pour se rendre en Iran avant de tenter de rallier la Turquie.

Avant son départ du Kurdistan irakien, où elle avait été détenue, Sedighi Hamedani avait envoyé des vidéos à l’ONG 6Rang, à rendre publiques si elle échouait à se mettre à l’abri.

« Nous, communauté LGBTQ, nous souffrons. Que cela mène à la mort ou à la liberté, nous resterons fidèles à nous mêmes », dit-elle dans une vidéo.

« J’espère trouver la liberté », ajoute-t-elle, affirmant avoir été torturée notamment par électrocution alors qu’elle était détenue au Kurdistan irakien.

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