Livni : Ehud Olmert « inapte » pour un retour en politique
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Livni : Ehud Olmert « inapte » pour un retour en politique

La députée de l'Union sioniste, qui a servi sous la direction du Premier ministre emprisonné par la suite, affirme qu'Israël doit être dirigé par des personnes "intègres"

Tzipi Livni et Ehud Olmert pendant une réunion du gouvernement, en mai 2007. (Crédit : Flash90)
Tzipi Livni et Ehud Olmert pendant une réunion du gouvernement, en mai 2007. (Crédit : Flash90)

La députée Tzipi Livni (Union sioniste) a déclaré samedi que l’ancien Premier ministre Ehud Olmert était « inapte » à revenir sur la scène politique en raison de ses antécédents judiciaires.

Livni, s’adressant à Hadashot TV news, a déclaré que même si le président Reuven Rivlin devait effacer la clause de « turpitude morale » de la condamnation d’Olmert – une désignation qui empêche un condamné d’occuper des fonctions publiques – Olmert ne doit pas revenir dans la vie publique.

« Il a été un Premier ministre qui a fait de bonnes choses comme des choses problématiques, y compris des choses illégales », a déclaré Mme Livni, qui a été ministre des Affaires étrangères sous Olmert. « Le débat sur l’avenir de l’État d’Israël doit être mené par des gens irréprochables. »

La députée Tzipi Livni s’exprimant lors du « Premier Congrès israélien sur le judaïsme et la démocratie », le 12 février 2018. (Crédit photo : Erez Uzir)

Olmert a donné des interviews qui coïncident avec la publication de son autobiographie, « En personne », dans laquelle il insiste sur le fait qu’il y a eu une conspiration pour l’évincer en tant que Premier ministre qui a également impliqué le ministère public dès le moment où il a pris ses fonctions. Il est également revenu à l’attention du public la semaine dernière, après qu’Israël a officiellement confirmé qu’il avait effectué une frappe aérienne sur un réacteur nucléaire syrien en 2007, alors qu’il était Premier ministre.

Mais la révélation a conduit à d’intenses querelles entre les services de renseignements israéliens et les dirigeants politiques au sujet du crédit accordé à la frappe, ce qui a conduit le ministre de la Défense Avigdor Liberman à dire qu’il regrettait d’avoir autorisé sa publication.

L’ancien Premier ministre Ehud Olmert dans une interview télévisée de Keshet diffusée le 17 mars 2018 (Capture d’écran de Keshet).

Livni a partagé ce sentiment, disant qu’elle « avait initialement pensé qu’il était bon d’annoncer les détails de l’opération car cela augmenterait la dissuasion et donnerait un sentiment de sécurité aux citoyens israéliens, mais les ‘bavardages’ et les ‘querelles’ qui se sont développés après la publication ont nui à notre dissuasion et créé un sentiment de malaise dans le public – tout le contraire de ce qui aurait dû être fait ».

Elle a déclaré que le mérite en revenait à Olmert et au ministre de la Défense de l’époque, Ehud Barak, pour avoir pris la décision de lancer l’opération.

Mercredi, Barak a attaqué Olmert en disant qu’il « n’a jamais vraiment été le Premier ministre », mais qu’il a simplement « joué » le rôle.

Barak et Olmert ont une longue et amère histoire – c’est Barak qui, en 2008, a forcé Olmert à démissionner lorsque le Premier ministre s’est battu contre des accusations de corruption pour lesquelles il a finalement été incarcéré. Et les deux hommes sont également en désaccord sur la frappe syrienne, Olmert suggérant que Barak voulait la retarder afin qu’il puisse en revendiquer le mérite à un stade ultérieur après la disparition d’Olmert, et Barak insistant sur le fait qu’il voulait simplement s’assurer que le plan d’attaque était au point avant que l’attaque n’ait lieu.

Dans une interview à la chaîne de télévision Reshet, quelques heures après qu’Israël a officiellement reconnu la responsabilité de la frappe, Barak a tourné Olmert en dérision avec une méchanceté particulière, affirmant que « Olmert n’a jamais vraiment été Premier ministre », mais qu’il a plutôt eu de la chance dans le rôle après qu’Ariel Sharon a été frappé d’une attaque d’apoplexie. « Il y est arrivé par hasard. Je suis sûr que Sharon n’aurait jamais voulu qu’il soit là. Il a très bien joué son rôle », a déclaré Barak cyniquement.

A la question de savoir si Olmert avait néanmoins pris une décision courageuse et correcte d’approuver la frappe sur le réacteur syrien, Barak a poursuivi : « Kevin Spacey est aussi un bon acteur. Il jouait exceptionnellement bien le président [dans la série House of Cards]. Ça ne l’a pas fait devenir président. »

Olmert « a pris cette bonne décision », a admis Barak, « et en fin de compte, il en mérite le crédit ». Mais l’autobiographie d’Olmert sur le point d’être publiée, écrite en prison, soulignait son inaptitude à ce poste, a affirmé Barak, lui-même ancien Premier ministre. (Olmert est très critique à l’égard de Barak dans le livre.) « Lisez son livre », a exhorté Barak. « La personnalité ne change pas en prison… Penser que la personne qui a écrit ce livre… était le Premier ministre d’Israël, et a pris des décisions néfastes nous affectant tous, c’est dérangeant, pour le moins que l’on puisse dire ».

Le prédécesseur de Barak en tant que ministre de la Défense, le député Amir Peretz, en revanche, a insisté sur le fait qu’Olmert, lorsqu’il s’agissait des préparatifs pour la Syrie, fonctionnait « exceptionnellement bien ».

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