Rechercher

L’officier blessé samedi avait dirigé le raid de capture des évadés de Gilboa

Le superintendant S. a été touché alors que lui et son unité interceptaient trois membres du Jihad islamique palestinien qui devaient commettre en attentat en Israël, les tuant

Le surintendant principal S., un commandant supérieur de l'unité antiterroriste de Yamam, s'adresse au radiodiffuseur public Kan, le 19 septembre 2021. (Crédit : Capture d'écran du radiodiffuseur public Kan)
Le surintendant principal S., un commandant supérieur de l'unité antiterroriste de Yamam, s'adresse au radiodiffuseur public Kan, le 19 septembre 2021. (Crédit : Capture d'écran du radiodiffuseur public Kan)

Un policier gravement blessé dans un échange de coups de feu avec des membres du Jihad islamique palestinien, aux premières heures de la matinée de samedi, a été identifié comme étant un éminent commandant de l’unité antiterroriste Yamam.

Le superintendant en chef (l’équivalent du grade de lieutenant-colonel) S. – qui ne peut être identifié que par son rang et par la première lettre de son nom – avait commandé une équipe responsable de la capture de deux des six terroristes incarcérés qui avaient pris la fuite d’une prison du nord d’Israël, l’année dernière.

Selon le site d’information Ynet, S. aurait joué un rôle important dans plusieurs opérations antiterroristes meurtrières et dans l’arrestation de « terroristes déterminants » au cours des vingt dernières années.

S. a été blessé samedi, avant l’aube, lorsque son unité a tenté d’arrêter les membres d’une cellule du Jihad islamique palestinien dans le village d’Arraba, à proximité de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie. Les hommes auraient été sur le point de commettre un attentat en Israël.

Les tireurs ont ouvert le feu, blessant grièvement S. et touchant légèrement quatre autres membres de l’unité. S. a subi une intervention chirurgicale et il reste hospitalisé dans le service des soins intensifs de l’hôpital Rambam de Haïfa. Il serait dans un état stable.

Les trois suspects ont été tués lors de la fusillade et les militaires ont ultérieurement annoncé avoir arrêté un quatrième membre de la cellule au cours d’une rare opération en plein jour dans la ville de Shuweika, qui est située aux abords de Tulkarem, en Cisjordanie.

Des Palestiniens regardent les traces de sang sur le sol à l’endroit où les forces de sécurité israéliennes auraient tué trois membres du Jihad islamique qui avaient ouvert le feu sur elles, à côté de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, le 2 avril 2022. (Crédit : JAAFAR ASHTIYEH / AFP)

Le commissaire de police Kobi Shabtai, qui s’est rendu à l’hôpital Rambam, a annoncé que la cellule prévoyait d’entrer sur le territoire israélien depuis la Cisjordanie pour y commettre une attaque à l’arme à feu similaire à celle survenue au début de la semaine à Bnei Brak, une attaque qui a fait cinq morts.

« Je viens juste de rendre visite aux combattants de l’unité Yamam qui, avant l’aube, ont éliminé une cellule terroriste qui était sur le départ pour commettre un attentat sur le territoire d’Israël », a dit Shabtai aux journalistes.

L’ex chef de la police israélienne Kobi Shabtai lors d’une cérémonie dans le nord d’Israël, à Nazareth, le 9 novembre 2021. (Crédit : Meir Vaknin/Flash90)

Les responsables ont qualifié les trois membres de la cellule de « bombes à retardement » prêts à commettre une attaque.

Le Jihad islamique a indiqué que les trois morts étaient des membres de son aile militaire, les identifiant comme étant Saeb Abahara, 30 ans, originaire du village de Yamun, près de Jénine ; Khalil Twalba, 24 ans, un résident de Jénine et Saif Abu Libdeh, 25 ans, de Tulkarem.

Cet incident a eu lieu dans un contexte d’escalade des tensions en Israël et en Cisjordanie, et notamment dans le secteur du Jénine.

Des armes et des munitions saisies à des membres du Jihad islamique après des échanges de coups de feu en Cisjordanie, le 2 avril 2022. (Crédit : Police israélienne)

Une série d’attentats terroristes meurtriers a fait onze morts en Israël en l’espace d’une semaine, avec notamment une attaque à l’arme à feu qui a fait cinq victimes mardi, plaçant les forces de sécurité, dans le pays, en état d’alerte renforcé. Cet accroissement des tensions survient alors que le débute le Ramadan – une période d’un mois qui se caractérise souvent par de fortes crispations au sein de l’État juif et en Cisjordanie.

L’un des trois attentats, la semaine dernière, avait été mené par un Palestinien du secteur de Jénine. Des citoyens israéliens revendiquant leur affiliation à l’État islamique ont commis les deux autres.

Jeudi, au moins deux hommes armés palestiniens ont été tués dans un échange de coups de feu avec les soldats israéliens quand des commandos sont entrés dans Jénine au cours d’un raid rare en pleine journée, dans le cadre d’une importante opération antiterroriste décidée dans le sillage des récents attentats. Au moins 14 autres Palestiniens ont été blessés au cours de cet incident et des dizaines de personnes ont été arrêtées.

L’armée a indiqué que le raid d’arrestation – intitulé l’opération « brise-lames » – avait pris pour cible des individus soupçonnés de planifier de futurs attentats, ainsi que des Palestiniens qui auraient été liés à l’attentat meurtrier commis mardi à Bnei Brak. De plus, un Palestinien habitant Hébron a été placé en détention pour son affiliation présumée à l’État islamique.

En réponse, le groupe terroriste du Hamas, à la tête de Gaza, a menacé d’une escalade des violences contre Israël.

Les soldats de l’armée israélienne lors d’une opération à Jénine, en Cisjordanie, le 31 mars 2022. (Crédit : Armée israélienne)

L’État juif a renforcé ses mesures de sécurité en réponse aux attentats et des forces supplémentaires ont été déployées en Cisjordanie, à la frontière avec Gaza et dans des villes majeures, comme Jérusalem et Tel Aviv.

Des informations, vendredi, ont affirmé que les responsables de la sécurité avaient eu des avertissements concrets concernant des attentats terroristes imminents et qu’ils avaient déjoué un certain nombre d’attaques qui avaient été programmées ces derniers jours.

Selon la chaîne publique Kan, vendredi, le ministre de la Défense Benny Gantz et le chef d’État-major Aviv Kohavi ont ordonné à l’armée de se préparer à une escalade des tensions pendant tout le mois d’avril.

Des troupes supplémentaires devraient rester sur le terrain et Kohavi a donné pour instruction à l’armée israélienne de renforcer ses collectes de renseignement en Syrie, dans le Sinaï et sur des individus d’origine palestinienne au Liban.

Kohavi a juré que l’armée israélienne « fera tout ce qui est en son pouvoir » pour mettre un terme aux attentats terroristes tandis que le Premier ministre Naftali Bennett a déclaré qu’Israël « saura les vaincre encore une fois cette fois-ci ».

Les responsables israéliens ont tenté de bloquer les tensions en amont du Ramadan, craignant des violences susceptibles d’entraîner le même type d’agitations qui avaient frappé Israël au mois de mai 2021, quand le Hamas avait lancé des roquettes sur le territoire de l’État juif – ce qui avait marqué le début d’une guerre d’onze jours entre Israël et les groupes terroristes de Gaza, ainsi que d’un cycle de violences interethniques entre Arabes et Juifs en Israël.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...