Loi État-nation: 180 artistes, auteurs et intellectuels réclament son annulation
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Loi État-nation: 180 artistes, auteurs et intellectuels réclament son annulation

Les signataires de la lettre ouverte à Netanyahu, parmi lesquels Amos Oz, David Grossman, A. B. Yehoshua, dénoncent également la loi interdisant la GPA aux couples homosexuels

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dirige la réunion hebdomadaire du gouvernement au cabinet du Premier ministre à Jérusalem, le 15 juillet 2018 (Alex Kolomoisky/POOL/YEDIOTH AHRONOTH).
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dirige la réunion hebdomadaire du gouvernement au cabinet du Premier ministre à Jérusalem, le 15 juillet 2018 (Alex Kolomoisky/POOL/YEDIOTH AHRONOTH).

Quelque 180 artistes, auteurs et intellectuels israéliens ont signé une lettre ouverte demandant au Premier ministre Benjamin Netanyahu et aux membres de la Knesset d’annuler la loi sur l’État-nation juif et de modifier la loi sur les mères porteuses, afin de permettre aux couples homosexuels d’avoir des enfants en Israël grâce à la Gestation Pour Autrui.

« Nous – écrivains, scénaristes, dramaturges, universitaires et membres de la communauté des arts et des lettres d’Israël – voudrions vous exprimer nos plus vives inquiétudes et notre consternation, à la lumière des récentes lois adoptées par la Knesset israélienne sous votre direction », ont-ils écrit dans une lettre publiée samedi.

La lettre a été rédigée en hébreu et traduite en anglais et en arabe.

Parmi les signataires figuraient les auteurs Amos Oz, David Grossman, A.B. Yehoshua, Savyon Liebrecht, Eshkol Nevo, Orly Castel-Bloom, Judith Katzir, Etgar Keret, Alon Hilu, Smadar Shir, Zeruya Shalev, Noa Yedlin, Yael Dayan et le professeur Ariel Hirschfeld.

Les auteurs israéliens David Grossman (g) et Amos Oz. (Crédit : Capture d’écran YouTube)

La lettre est adressée directement à Netanyahu :

Orly Castel-Bloom reçoit le Prix Sapir de Littérature à Tel Aviv, le 2 mars 2016. (Tomer Neuberg/FLASH90)

« Au cours des années de votre gouvernement, vous n’avez cessé de saper les fondements de notre État. Vous avez nui aux relations entre Israël et les Juifs américains et vous avez plongé des populations entières dans la pauvreté.

« Vous avez porté un dur coup à la société israélienne, mais le coup le plus grave est porté aux valeurs d’égalité et de responsabilité mutuelle sur lesquelles la société israélienne est basée et d’où elle tire sa force.

Les participants du défilé de la gay pride du Christopher Street Day marchent dans les rues de Berlin le 28 juillet 2018. (Tobias SCHWARZ/AFP)

La lettre disait aussi : « Nous exigeons l’abolition immédiate de la loi de l’État-nation, qui crée un fossé entre la société israélienne et le judaïsme américain, discrimine les Arabes, les Druzes et les Bédouins, et sape la coexistence de la majorité juive en Israël avec ses minorités. Nous exigeons votre réponse immédiate à la demande d’égalité pour les membres de la communauté LGBT. Il est impensable que l’État d’Israël s’interpose entre une personne et son désir naturel de devenir parent et de fonder une famille ».

Les artistes ont dit avoir écrit la lettre parce que : « Les crimes et délits dûment définis comme tels par la loi relèvent de la compétence d’un tribunal. D’autre part, les discriminations qui sont scandaleusement inscrites dans la loi elle-même par les députés élus – des discriminations qui minent l’essence de l’existence du peuple juif et sa patrie – doivent être jugés par les intellectuels et par le tribunal de l’histoire ».

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