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L’ONU « contrainte » de réduire l’aide alimentaire au Yémen faute de fonds

"Les familles recevront à peine la moitié de la ration minimale quotidienne", a indiqué le PAM, craignant des "réductions plus sévères bientôt inévitables" faute de financement

Randa, un bébé yéménite souffrant de malnutrition sévère, attend d'être soigné dans un centre géré par une organisation humanitaire, à l'intérieur d'un camp de personnes déplacées ayant fui les combats entre les rebelles Huthi et le gouvernement soutenu par l'Arabie saoudite, dans le district d'Abs, dans la province de Hajjah. (Crédit : ESSA AHMED / AFP).
Randa, un bébé yéménite souffrant de malnutrition sévère, attend d'être soigné dans un centre géré par une organisation humanitaire, à l'intérieur d'un camp de personnes déplacées ayant fui les combats entre les rebelles Huthi et le gouvernement soutenu par l'Arabie saoudite, dans le district d'Abs, dans la province de Hajjah. (Crédit : ESSA AHMED / AFP).

L’ONU s’est dite mercredi « contrainte » de réduire l’aide alimentaire au Yémen faute de fonds nécessaires, mettant en garde contre une augmentation de la faim dans ce pays en guerre, ravagé par l’une des pires crises humanitaires au monde.

Pays le plus pauvre de la péninsule arabique, le Yémen est dévasté par un conflit de sept ans entre les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran, et les forces du gouvernement, appuyées par l’Arabie saoudite.

« Le Programme alimentaire mondial (PAM) est contraint de réduire l’aide humanitaire au Yémen », a prévenu cet organisme de l’ONU, mettant en garde contre l’impact de cette annonce « alors que la faim augmente ».

Le PAM « manque de fonds nécessaires pour continuer à fournir une aide alimentaire à 13 millions de personnes au Yémen », a-t-il expliqué dans un communiqué.

Illustration de matériel délivré par le Programme alimentaire mondial au Soudan (Crédit : Matt Murphy, U.S. State Department / Domaine public / Wikimedia commons)

« A partir de janvier, huit millions de personnes recevront une ration alimentaire réduite, tandis que cinq millions de personnes risquant de sombrer immédiatement dans la famine continueront à recevoir une ration complète », a précisé le PAM.

Quelque 80 % des 30 millions d’habitants du Yémen dépendent de l’aide internationale.

Avec ces coupes, « les familles recevront à peine la moitié de la ration minimale quotidienne », a indiqué le PAM, craignant des « réductions plus sévères bientôt inévitables » faute de financement.

« Des personnes pourraient alors être complètement exclues des programmes d’aide alimentaire », a-t-il déploré.

Des membres de tribus loyales aux rebelles houthis lèvent leurs armes pendant une manifestation contre l’accord de normalisation conclu entre Israël et les Émirats arabes unis, à Saana, au Yémen, le 22 août 2020. (Crédit : AP/Hani Mohammed, File)

L’agence onusienne a estimé que « plus de la moitié de la population du Yémen, soit 16,2 millions de personnes, est confrontée à une famine aiguë et la moitié des enfants de moins de cinq ans (2,3 millions) risquent de souffrir de malnutrition.

Le PAM a dit avoir besoin de 813 millions de dollars (environ 721 millions d’euros) « pour continuer à aider les plus vulnérables au Yémen jusqu’en mai ».

Et en 2022, 1,97 milliard de dollars (1,74 milliard d’euros) seront nécessaires « pour continuer à fournir une aide alimentaire vitale aux familles au bord de la famine ».

En mars, l’ONU, la Suède et la Suisse avaient organisé une conférence de donateurs avec la participation d’environ 100 pays, réunissant à peine la moitié des fonds escomptés pour l’aide humanitaire au Yémen.

L’objectif de l’ONU était de lever 3,85 milliards de dollars (3,4 milliards d’euros) mais seulement 1,7 milliard (1,5 milliard d’euros) ont été promis par une centaine de gouvernements et des donateurs particuliers.

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