Malgré les défis à relever, l’espoir d’une année énergique, humble et salutaire
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Opinion

Malgré les défis à relever, l’espoir d’une année énergique, humble et salutaire

Face à la COVID, la coalition a pris un risque calculé en maintenant la rentrée scolaire. Nous saurons bientôt si elle a eu raison, mais l'approche adoptée rend optimiste

David est le fondateur et le rédacteur en chef du Times of Israel. Il était auparavant rédacteur en chef du Jerusalem Post et du Jerusalem Report. Il est l’auteur de « Un peu trop près de Dieu : les frissons et la panique d’une vie en Israël » (2000) et « Nature morte avec les poseurs de bombes : Israël à l’ère du terrorisme » (2004).

Le Premier ministre Naftali Bennett et la ministre de l'Éducation Yifat Shasha-Biton avec des enfants de l'école Eli Cohen Meuhad School à Yeruham, à la rentrée scolaire, le 1er septembre 2021. (Crédit : Haim Zach / GPO)
Le Premier ministre Naftali Bennett et la ministre de l'Éducation Yifat Shasha-Biton avec des enfants de l'école Eli Cohen Meuhad School à Yeruham, à la rentrée scolaire, le 1er septembre 2021. (Crédit : Haim Zach / GPO)

Dans l’ombre meurtrière de la COVID-19, Israël a renvoyé les enfants dans les écoles dans la matinée de mercredi.

Le niveau de contamination est sans précédent, avec plus de 11 000 nouveaux cas qui ont été enregistrés lundi et une analyse statistique qui indique qu’Israël est leader mondial – une position peu envieuse – en ce qui concerne le nombre de nouveaux cas quotidiens par tête. Le taux des décès dus au coronavirus a aussi connu une accélération avec plus de 550 morts au mois d’août – en comparaison, par exemple, aux sept morts répertoriés au mois de juin. Moins de 2,2 millions d’Israéliens ont reçu une injection de rappel, sans laquelle nos anticorps disparaissent. Et 18 000 enseignants – et à peu près le même chiffre d’autres employés du secteur de l’éducation – n’ont pas du tout été vaccinés, a révélé mardi soir notre ministre de l’Éducation, Yifat Shasha-Biton.

Et pourtant, le directeur-général du ministère de la Santé, le professeur Nachman Ash, a estimé que ce début d’année scolaire en présentiel n’avait rien d’irresponsable. « Je ne pense pas que ce soit un pari », a dit Ash dans un entretien à la télévision alors même qu’il prédisait une hausse temporaire du nombre de nouveau cas. « Je pense que nous prenons une décision réfléchie ».

Et le fait est que l’image d’ensemble – comme cela a été si souvent le cas au cours de cette pandémie pernicieuse – peut être observée avec un petit peu moins d’inquiétude et de pessimisme que les statistiques ci-dessus pourraient le laisser penser.

Pour commencer, Israël est largement leader dans le monde concernant le nombre de nouveaux cas quotidiens parce que le pays a effectué un chiffre sans précédent de tests de dépistage à la COVID-19 avant la rentrée des classes. Par ailleurs, le nombre de cas graves – qui était samedi de 677 – a été plus que multiplié par deux en un mois, mais cette augmentation semble ralentir avec la campagne de rappel qui a été lancée au sein de l’État juif. Les plus vulnérables se sont rués pour recevoir la précieuse troisième dose.

Face aux défis de la COVID-19 et de ses variants, le maintien d’une économie qui fonctionne au moins partiellement, la conservation de la coopération du public et la préservation de la santé psychique des Israéliens : La stratégie choisie par notre nouveau gouvernement est de nous permettre de continuer à vivre, à étudier ou à travailler le mieux possible. C’est le temps qui nous dira si cette approche, si le processus mis en place pour obtenir ce résultat et si les décisions prises sont in fine plus efficaces que ceux de son prédécesseur.

Malgré la pagaille initiale, le nouveau gouvernement est parvenu à mettre en place des procédures de dépistage massives pour les élèves et il a opté pour un retour en classe cette semaine – même si septembre est un mois qui contient tant de jours de fête qu’il n’y a finalement que peu de journées d’école – parce qu’après avoir réuni les expertises des professionnels de la Santé, de l’Éducation et autres, il a conclu que c’était l’option la moins mauvaise. Un facteur majeur a été que nos enfants avaient souffert des cours donnés via Zoom, fâcheusement éloignés de leurs pairs.

Le Premier ministre Naftali Bennett et la ministre de l’Éducation Yifat Shasha-Biton avec les enfants de l’école Eli Cohen Meuhad School à Yeruham, au début de l’année scolaire, le 1er septembre 2021. (Crédit : Haim Zach / GPO)

En visite dans une classe de Yeroham, mercredi matin, le Premier ministre Naftali Bennett a fait preuve d’une qualité rare et nécessaire dans son discours prononcé aux enfants devant les caméras de télévision : l’humilité. Il a promis que son gouvernement ferait de son mieux pour maintenir le pays ouvert et les enfants à l’école, ajoutant que « nous ne pouvons pas prédire quel en sera le résultat parce que certaines choses nous dépassent, mais nous promettons de faire notre maximum ».

Nous sommes sur le point d’entrer dans une nouvelle année juive, dans un monde en ébullition ; un monde qui se recalibre dans le sillage du retrait sanglant des américains d’Afghanistan et d’un enhardissement du terrorisme extrémiste islamiste, vingt ans après le 11 septembre ; un monde en proie à une pandémie. L’année qui se profile ne sera pas tranquille, c’est clair. Pour relever ces défis, une première journée d’école, avec la promesse faite à la jeune génération d’un effort maximal, une promesse assortie à une bonne dose d’humilité, semble être un bon début.

Shana Tova à tous les lecteurs du Times of Israel et à tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté, partout où ils se trouvent – une année (j’en remercie le Premier ministre) d’effort maximal, d’humilité ; une année d’accomplissement de soi, une année de bonne santé.

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