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Manifestation dans une université de Téhéran lors de la visite d’un responsable

90 étudiants se sont rassemblés à l'extérieur de l'université Allameh Tabatabai où le porte-parole du gouvernement Ali Bahadori-Jahromi prononçait un discours

Illustration : Des manifestants fuyant les gaz lacrymogènes des services de sécurité devant l'université de Téhéran, en Iran, le 1er octobre 2022. (Crédit : AP Photo)
Illustration : Des manifestants fuyant les gaz lacrymogènes des services de sécurité devant l'université de Téhéran, en Iran, le 1er octobre 2022. (Crédit : AP Photo)

Près d’une centaine d’étudiants iraniens ont manifesté mardi dans une université de Téhéran alors qu’un porte-parole du gouvernement y effectuait une visite, a annoncé un média d’État.

L’Iran est secoué par un mouvement de contestation depuis le 16 septembre déclenché par la mort de Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans décédée trois jours après son arrestation par la police des mœurs à Téhéran pour avoir, selon celle-ci, enfreint le code vestimentaire strict de la République islamique pour les femmes, prévoyant notamment le port du voile.

Des dizaines de personnes, principalement des manifestants, mais aussi des membres des forces de sécurité, ont été tuées lors des manifestations. Des centaines d’autres, dont des femmes, ont été arrêtées.

Mardi, « environ 90 » étudiants se sont rassemblés à l’extérieur de la faculté de droit dans l’université Allameh Tabatabai à Téhéran, alors que le porte-parole du gouvernement Ali Bahadori-Jahromi prononçait un discours devant d’autres jeunes dans une salle de conférence, a indiqué l’agence de presse officielle Irna.

Les protestataires ont scandé des « slogans inappropriés et immoraux », toujours selon l’agence, qui n’a pas précisé la teneur de ces slogans.

Après son discours, le responsable iranien « est allé à la rencontre des étudiants qui manifestaient (…) et a discuté avec eux », selon la même source.

Plusieurs manifestations ont eu lieu ces dernières semaines dans des universités et des écoles dans plusieurs villes iraniennes.

Les dirigeants iraniens accusent les Occidentaux, notamment les États-Unis et Israël, de fomenter des « émeutes » dans le pays.

Cité par Irna, Bahadori-Jahromi s’en est pris aux médias persans basés à l’étranger qui, selon lui, sont instrumentalisés pour « mettre la pression » sur Téhéran.

« Certains pays sont prêts à payer de leur propre poche pour lancer un média en persan (…) pour mettre la pression sur nous », a-t-il dit.

Plus tôt mardi, le ministre de l’Intérieur, Ahmad Vahidi, a accusé l’Arabie saoudite, son rival régional, de soutenir certains de ces médias, selon Irna.

Hossein Salami, chef des Gardiens de la Révolution islamique d’Iran, lors d’une cérémonie funéraire organisée pour cinq soldats tués dans le cadre de la guerre contre le groupe djihadiste État islamique en Syrie, dans la capitale de Téhéran, le 4 août 2022. (Crédit : AFP)

Lundi, le chef des Gardiens de la Révolution islamique, l’armée idéologique de l’Iran, le général Hossein Salami, a mis en garde Ryad contre toute « ingérence » dans les affaires de la République islamique.

Cité par Sepah News, le site officiel des Gardiens de la Révolution islamique, il a adressé un avertissement aux dirigeants du royaume.

« Vous vous ingérez dans nos affaires à travers ces médias, mais sachez que vous êtes vulnérables. »

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