Marseille restitue une toile spoliée à un Juif, réclame un travail d’inventaire
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Marseille restitue une toile spoliée à un Juif, réclame un travail d’inventaire

Le maire Benoît Payan a restitué au nom de la ville un tableau d'André Derain, "Pinède, Cassis", aux héritiers de son ancien propriétaire, le collectionneur juif René Gimpel

Le maire de Marseille Benoit Payan prononce un discours à côté du tableau "Pinède, Cassis" du peintre français André Derain, le 27 janvier 2021, à Marseille, lors d'une cérémonie de restitution à la famille de René Gimpel, spolié par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. (Crédit : Christophe SIMON / AFP)
Le maire de Marseille Benoit Payan prononce un discours à côté du tableau "Pinède, Cassis" du peintre français André Derain, le 27 janvier 2021, à Marseille, lors d'une cérémonie de restitution à la famille de René Gimpel, spolié par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. (Crédit : Christophe SIMON / AFP)

Le maire de Marseille Benoît Payan a appelé mercredi les maires de France à un travail d’inventaire et de restitution des œuvres spoliées après avoir rendu un tableau du peintre fauviste Derain aux héritiers d’un grand collectionneur d’art.

« Aujourd’hui, j’appelle solennellement tous les maires de France à s’engager résolument dans ce travail d’inventaire et de restitution car c’est notre devoir », a lancé l’édile lors d’une cérémonie à l’hôtel de ville, indiquant avoir déjà donné des ordres en ce sens pour les musées de Marseille.

Au cours d’une cérémonie organisée à la date symbolique de la 76e journée internationale de la mémoire des victimes de la Shoah, il a restitué au nom de la ville un tableau d’André Derain, « Pinède, Cassis », aux héritiers de son ancien propriétaire, le collectionneur juif René Gimpel.

Absents à la cérémonie, les descendants du marchand d’art ont, dans un courrier, remercié la ville, « qui ne connaissait pas le passé douloureux » de l’œuvre, d’avoir « redonné à René Gimpel une part de sa dignité perdue ».

Cette restitution faisait suite à une décision de la cour d’appel de Paris qui a ordonné fin septembre la remise à la famille du marchand d’art de trois toiles de Derain, peintes entre 1907 et 1910 et conservées au musée d’art moderne de Troyes et au musée Cantini de Marseille.

Les deux toiles du musée de Troyes ont déjà été restituées à la famille Gimpel en novembre dernier, a indiqué à l’AFP leur avocate Me Corinne Hershkovitch.

« Bien sûr que c’est difficile de voir partir ce tableau. Mais justice est dite, la ville doit restituer l’œuvre à ses héritiers. Parce que c’est le sens de l’Histoire », a déclaré Benoît Payan.

Le maire de Marseille a annoncé qu’une salle du musée Cantini porterait le nom de René Gimpel qui fut également un héros de la Résistance à Marseille avant d’être arrêté puis déporté au camp de concentration de Neuengamme où il est mort d’épuisement en janvier 1945.

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