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Matan Kahana souhaite établir des liens avec les expatriés aux Etats-Unis

Selon le ministre, le projet vise à maintenir le lien entre des centaines de milliers d'expatriés et Israël, après avoir été ignorés pendant des années par le gouvernement

Des manifestants pro-israéliens se rassemblent devant le Federal Building lors d'un rassemblement en faveur d'Israël à Los Angeles, le mercredi 12 mai 2021. (AP/Jae C. Hong)
Des manifestants pro-israéliens se rassemblent devant le Federal Building lors d'un rassemblement en faveur d'Israël à Los Angeles, le mercredi 12 mai 2021. (AP/Jae C. Hong)

Israël s’apprête à lancer une nouvelle initiative visant à toucher les expatriés vivant aux États-Unis, cherchant à renforcer l’identité juive et israélienne au sein d’une communauté croissante qui a traditionnellement eu peu de contacts formels avec le gouvernement de Jérusalem, a appris le Times of Israel.

La campagne, qui devrait être annoncée officiellement dans les semaines à venir, sera gérée par le ministère des Affaires religieuses, plutôt que par le ministère de la Diaspora, qui s’occupe traditionnellement de la sensibilisation des communautés juives à l’étranger. Le ministre des Affaires religieuses, Matan Kahana, a spécifiquement demandé que le projet soit attribué à son ministère, bien qu’il opère habituellement à l’intérieur des frontières d’Israël.

Le budget du projet n’est pas encore clair, et son sort sera lié aux efforts du gouvernement pour adopter le budget de l’État pour 2021-2022, qui doit être voté le mois prochain.

M. Kahana, membre du parti Yamina du Premier ministre Naftali Bennett, a décrit l’initiative comme une chance de se rapprocher d’une communauté qui, selon lui, a traditionnellement reçu peu d’attention de Jérusalem sur les questions non consulaires.

« Jusqu’à présent, nous nous sommes efforcés d’assurer les relations avec les Juifs nés et élevés dans les pays du monde entier, mais les Israéliens qui sont partis reçoivent généralement moins d’attention », a-t-il déclaré.

Entre 500 000 et 800 000 expatriés israéliens vivent aux États-Unis, selon le Conseil israélo-américain, et ce nombre serait en augmentation. Le recensement américain de 2010 a recensé environ 140 000 citoyens israéliens vivant aux États-Unis, bien que certains aient affirmé que ce chiffre semblait trop bas.

Les communautés les plus importantes se trouvent à New York et Los Angeles, avec des nombres significatifs dans la région de San Francisco en Californie, à Boston, Miami, Chicago et Dallas, entre autres grandes villes.

Matan Kahana, responsable des affaires religieuses, s’exprime à la Knesset le 28 juin 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Alors que certaines communautés d’anciens Israéliens ont organisé des activités sociales et religieuses, et que beaucoup ont des liens avec les communautés juives locales, un grand nombre d’expatriés israéliens restent non affiliés à des organisations juives aux États-Unis, une tendance que Kahana espère inverser.

Entre autres activités, Kahana cherche à envoyer des émissaires israéliens aux États-Unis pour assurer la liaison avec ces communautés, imitant d’autres types d’émissaires envoyés par Israël qui s’engagent généralement avec la communauté juive au sens large.

Le projet cherchera également à soutenir les branches des groupes de jeunes israéliens aux États-Unis, tels que les Tzofim, ou les scouts. Cet effort visera à maintenir les Israéliens des États-Unis et leurs enfants en contact avec les causes juives ou israéliennes.

Un client examine des produits israéliens au Holyland Market dans le quartier d’East Village à Manhattan, le 11 août 2020. (Jacob Magid/Times of Israel)

Le ministère de la Diaspora, qui a été contrôlé pendant des années par Bennett, a traditionnellement géré la sensibilisation des Juifs en dehors d’Israël, en mettant généralement les expatriés israéliens dans le même sac que les communautés juives plus larges.

En 2011, une campagne du ministère de l’Intégration et des Affaires de la diaspora a suscité de nombreuses plaintes pour ce que les critiques considéraient comme une tentative maladroite de relier les expatriés israéliens à Israël et au judaïsme. Les publicités dépeignaient les enfants d’expatriés comme ignorant l’existence de Hanoukka et d’autres dates-clé juives, ce que beaucoup ont vu comme une redondance du mépris culturel israélien pour les Juifs qui font leur « yerida », un terme péjoratif signifiant « descendre » utilisé pour ceux qui quittent l’État juif.

« Le lien avec les communautés d’Israéliens de la diaspora est important pour l’État d’Israël », a déclaré Kahana au Times of Israel. « Ce sont nos frères et sœurs et nous voulons qu’eux et leurs enfants sentent qu’ils font partie du peuple d’Israël ».

En août, le cabinet a voté le doublement du budget du ministère des Affaires de la diaspora et l’affectation de 40 millions de NIS à la sensibilisation des communautés juives progressistes aux États-Unis.

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