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Menaces « réelles » d’attaques iraniennes contre des Israéliens à Istanbul ce week-end

Les autorités enjoignent les Israéliens encore dans la ville à quitter les lieux « au plus vite » ; ceux qui ne le peuvent pas doivent se confiner à l’hôtel

Illustration : Avec en toile de fond la mosquée Suleymaniye, des passants flânent le long des rives du Bosphore à Istanbul, en Turquie, le 23 octobre 2020. (Crédit : AP Photo/Emrah Gurel)
Illustration : Avec en toile de fond la mosquée Suleymaniye, des passants flânent le long des rives du Bosphore à Istanbul, en Turquie, le 23 octobre 2020. (Crédit : AP Photo/Emrah Gurel)

Des responsables israéliens ont donné l’alerte, vendredi, concernant l’existence de menaces terroristes iraniennes « bien réelles » contre des Israéliens, à Istanbul, ce week-end. Elles ont invité les ressortissants israéliens à quitter la Turquie dans les plus brefs délais.

Cet avertissement, émis par des responsables politiques et l’establishment de la sécurité s’exprimant sous couvert d’anonymat, a été lancé une semaine après qu’Israël a commencé à appeler ses ressortissants en Turquie à quitter rapidement le pays. Il s’agit de l’avis de sécurité le plus élevé jamais émis pour Istanbul, justifié par la crainte que des agents iraniens ne tuent ou n’enlèvent des Israéliens.

Des informations non vérifiées, parues dans la presse, laissent entendre que services de renseignement israéliens et turcs auraient déjà déjoué ensemble plusieurs projets d’attaques ourdis par un vaste réseau d’agents iraniens.
Des suspects auraient été interpelés.

Les responsables israéliens ont relevé le niveau d’alerte vendredi, expliquant que l’Iran aurait l’intention de mener « à tout prix » des attaques de grande envergure au cours du week-end, en particulier à Istanbul, par l’intermédiaire de cellules d’Iraniens et de recrues turques locales.

Ils expliquent que tout ressortissant israélien est susceptible d’être pris pour cible, en tout endroit (hôtel, restaurant, lieu de divertissement), invitant leurs compatriotes à « quitter immédiatement Istanbul ».

Ceux qui sont dans l’impossibilité de partir ont été invités à s’enfermer dans leurs chambres d’hôtel et faire en sorte de ne pas montrer qu’ils étaient israéliens.

On estime actuellement à 2 000 le nombre d’Israéliens en Turquie.

Des responsables auraient confié à la Douzième chaine que des agents israéliens travaillaient en Turquie avec leurs homologues turcs, en très bonne intelligence, pour déjouer les projets iraniens.

Une « chasse à l’homme serait en cours en ce moment dans les rues d’Istanbul pour mettre un terme à une attaque », indique cette source.

« Être à Istanbul en ce moment [pour un Israélien] s’apparente à jouer à la roulette russe, chercher les ennuis. Si nous pouvions donner tous les détails des projets iraniens, [les Israéliens] fuiraient comme à l’approche d’un incendie », a expliqué le haut responsable à la Douzième chaine.

« Un événement se déroule à ce moment-même à Istanbul », a confié un haut responsable de la sécurité au site d’information Ynet. « Des cellules d’Iraniens et de mercenaires turcs traquent les Israéliens, quoi qu’il en coûte. »

« Nous ne pouvons pas déjouer tous les projets d’attaques. J’exhorte avec force les Israéliens à quitter la Turquie», a-t-il conclu.

Selon la source, les Iraniens planifieraient ces attaques depuis des mois, manifestement en représailles de la mort d’officiers supérieurs et autres personnalités, imputées à Israël.

Les médias israéliens pensent que l’Iranien à l’origine des projets d’attaques est Hossein Taeb, haut responsable du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), actuellement chef de l’Organisation du renseignement du CGRI.

Hossein Taeb, chef de l’Organisation du renseignement du CGRI (Crédit : Wikimedia Commons)

Les informations indiquent que Taeb a été sommé d’organiser des attaques en représailles aux succès répétés d’Israël dans l’atteinte des plus secrètes. organisations iraniennes.

Les responsables israéliens ont menacé l’Iran d’une riposte sévère si des attentats portaient atteinte à des Israéliens.

L’alerte publiée vendredi a fait suite aux recommandations de sécurité données par le Conseil de sécurité nationale d’Israël aux ressortissants présents en Turquie, leur conseillant de ne pas ouvrir la porte de leur chambre d’hôtel aux livreurs, de ne pas publier leurs projets de voyage sur les réseaux sociaux et de s’abstenir de se rendre dans les lieux hautement touristiques.

Dans un communiqué publié jeudi, le Conseil de sécurité nationale a de nouveau appelé les Israéliens à quitter Istanbul, où le niveau d’alerte terroriste est le plus élevé, donnant toutefois des conseils à ceux qui ne pouvaient ou ne souhaitaient pas partir.

Au-delà de la nécessaire information sur les alertes de sécurité et autres informations officielles, le conseil invite les touristes israéliens en Turquie à tenir leurs proches informés de tout déplacement, en particulier du nom de l’hôtel dans lequel ils séjournent.

Les chambres d’hôtel doivent être verrouillées de l’intérieur et la porte ne doit pas être ouverte à des étrangers susceptibles de se faire passer pour du personnel ou des livreurs, a déclaré le CNS. Une attention particulière doit également être accordée à toute activité inhabituelle dans les couloirs.

Il est conseillé aux Israéliens de dissimuler les signes extérieurs de leur nationalité, comme des lettres hébraïques ou des symboles sur leurs vêtements et bagages, et de « faire profil bas », en évitant les zones prisées des touristes israéliens.

Le NSC conseille aux Israéliens de se méfier des offres ou invitations, par exemple pour des voyages organisés, particulièrement faites sur les réseaux sociaux.

Les projets de voyage, itinéraires et données relatives à l’hébergement ne doivent pas être publiés sur les réseaux sociaux, explique le NSC.

« Attendez d’être rentrés chez vous pour publier ces informations comme », ajoute le NSC.

Selon le communiqué, toute activité suspecte doit être signalée à la police locale ou, en cas d’urgence, à une hotline israélienne au +972 25303155.

Un homme examine les marchandises qu’il vient d’acheter dans un marché à Istanbul, en Turquie, le 11 avril 2022. (Crédit : Francisco Seco)

Haaretz aurait eu accès à des sources israéliennes suggérant que ces derniers jours, plusieurs cellules iraniennes avaient été capturées par les autorités turques. Ces sources auraient ajouté que des équipes iraniennes continuaient à sévir en Turquie.

Plusieurs attaques auraient été déjouées au cours des deux dernières semaines, certaines par des agents iraniens et d’autres par des ressortissants turcs sur instructions iraniennes, a rapporté la Douzième chaine sans indiquer de source. Aucune interpellation de ressortissants iraniens ou turcs liés à des complots n’a encore été annoncée.

Lundi, le Conseil de sécurité nationale avait relevé à son plus haut niveau la cote d’alerte pour Istanbul, le hissant aux côtés de l’Irak, du Yémen, de l’Afghanistan et de l’Iran comme destinations proscrites pour les ressortissants israéliens.

L’autorité a déclaré avoir relevé le niveau d’alerte en raison « d’une menace permanente, compliquée par des intentions iraniennes de plus en plus claires et intenses de nuire aux Israéliens en Turquie, particulièrement à Istanbul ». D’autres régions turques sont restées à un niveau d’alerte légèrement inférieur, mais il est recommandé, à titre général, de ne pas se rendre dans le pays hormis motifs essentiels.

Les tensions entre Israël et l’Iran se sont accrues ces dernières semaines, suite à l’assassinat d’un haut responsable iranien à Téhéran, le mois dernier, plus un certain nombre d’autres décès survenus dans le milieu de la sécurité en Iran. En outre, des frappes aériennes contre des cibles liées à l’Iran ont eu lieu en Syrie, à mesure que montait le discours menaçant des dirigeants iraniens et que se multipliaient les violations des accords nucléaires par l’Iran.

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