Ne réduisez pas les impôts mais améliorez les services, dit la chef de la Banque d’Israël
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Ne réduisez pas les impôts mais améliorez les services, dit la chef de la Banque d’Israël

Karnit Flug déplore le faible taux des dépenses sociales, largement inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE

Moshe Kahlon, ministre des Finances, avec la gouverneure de la Banque d'Israël, Karnit Flug, pendant une conférence de presse au ministère des Finances, à Jérusalem, le 3 juin 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Moshe Kahlon, ministre des Finances, avec la gouverneure de la Banque d'Israël, Karnit Flug, pendant une conférence de presse au ministère des Finances, à Jérusalem, le 3 juin 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La gouverneure de la Banque d’Israël Karnit Flug a déclaré qu’il serait plus sage que le gouvernement dépense tout surplus de revenus issus des impôts pour améliorer les services sociaux. Elle a indiqué préférer cette solution à une réduction des prélèvements.

« Il est possible d’améliorer nos services sociaux et civils publics et je voudrais voir plus de dépenses efficaces consacrées à cela », a commenté Flug devant les journalistes lors d’une conférence au Jerusalem Press Club, dimanche.

« Nous n’avons pas besoin d’un stimulus supplémentaire à court terme dans l’économie ».

Les propos de Flug surviennent alors que le ministre des Finances Moshe Kahlon a indiqué, fin janvier, qu’il réfléchirait à une réduction d’impôts supplémentaires cette année si les revenus issus des taxes continuaient à dépasser les attentes.

Parce que l’économie d’Israël est forte et qu’elle est « très proche du plein emploi », Flug a expliqué qu’elle préférerait que les ressources additionnelles soient dépensées, par exemple, sur « l’accélération de l’élaboration des infrastructures ».

L’économie israélienne a augmenté de 3,8 % en 2016, à un niveau supérieur à celui de la croissance dans la majorité des économies mondiales et au-delà également des projections.

Le chiffre du chômage à la fin 2016 atteignait son niveau le plus bas – 8,3 % – et la participation sur le marché du travail s’élevait à 80 %, a dit Flug.

Les dépenses civiles israéliennes, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation, sont parmi les plus basses des pays développées.

Les dépenses publiques et civiles de la nation ont représenté 29,8 % du PIB en 12015, bien en-deçà de la moyenne de l’OCDE, qui est de 41,8 %.

« Les dépenses publiques globales en Israël sont significativement inférieures à celles mises en œuvre dans les économies les plus avancées, et ce, même si nous avons des dépenses en termes de défense qui sont élevées et un taux d’intérêt encore élevé sur la dette historique », a ajouté Flug.

« Alors ce qui reste pour les dépenses publiques et civiles est en fait extrêmement, extrêmement modeste ».

Ce qui se reflète, a-t-elle dit, dans le système éducatif, qui ne « garantit pas de normes qui soient assez élevées pour nos enfants », dans un système de santé « largement surpeuplé » et dans un système d’aides sociales « qui est très serré – je dirais même avare ».

Dans certains cas, les faibles dépenses sociales « nuisent clairement à la croissance », a-t-elle ajouté.

Un pays qui s’appuie sur les hautes technologies et sur le capital humain afin de maintenir ses avantages concurrentiels « doit faire mieux pour l’enseignement et les infrastructures ».

Le gouvernement doit également s’assurer que les revenus supplémentaires sont là pour longtemps avant de décider de réduire les taxes, a déclaré Flug.

Flug a également laissé entendre que la Banque d’Israël continuerait à investir sur le marché lorsque c’est nécessaire en achetant des dollars pour contrôler le shekel.

« Notre devise a été substantiellement reconnue au cours des deux ou trois dernières années », a dit Flug. « Nous ne tentons pas d’équilibrer les forces économiques fondamentales qui touchent la devise mais nous opérons dans un environnement où certains parmi nos partenaires commerciaux poursuivent une politique d’expansion extrême, que ce soit en termes de taux d’intérêt négatif ou de détente quantitative ».

« Et nous devons manifestement prendre cela en compte dans notre politique. Et nous le faisons ».

La semaine dernière, au cours d’une interview accordée à Bloomberg News, Barry Topf, ancien directeur des opérations de marché à la Banque d’Israël qui avait également aidé à créer le programme d’intervention en devises étrangères de la Banque centrale, a indiqué que les achats de dollars qui avaient initialement aidé Israël à traverser la crise financière mondiale pourraient dorénavant nuire à l’économie en faussant les prix.

Topf a suggéré que la Banque d’Israël réduise le programme de manière significative après que le pays a triplé ses réserves de devises étrangères en moins d’une décennie.

Les achats de dollars de la banque, pour réduire les gains du shekel, ont gonflé les réserves en devises étrangères. Ces dernières s’élèvent dorénavant à presque 100 milliards de dollars alors qu’elles ne représentaient que 30 milliards de dollars huit années auparavant, a indiqué Bloomberg.

Le shekel a pour sa part gagné 39 % contre le dollar depuis 2008.

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