Netanyahu à Vienne, une première en 20 ans pour un Premier ministre israélien
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Netanyahu à Vienne, une première en 20 ans pour un Premier ministre israélien

Le Premier ministre assistera à une conférence dédiée à la lutte contre l'antisémitisme et l'anti-sionisme. Il ne rencontrera pas de dirigeants du parti d'extrême droite au pouvoir

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec le chancelier autrichien Sebastian Kurz (à gauche) au Cabinet du Premier ministre à Jérusalem, le 11 juin 2018. (Ohad Zwigenberg / Pool / Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec le chancelier autrichien Sebastian Kurz (à gauche) au Cabinet du Premier ministre à Jérusalem, le 11 juin 2018. (Ohad Zwigenberg / Pool / Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu doit se rendre à Vienne plus tard ce mois-ci pour assister à une conférence sur l’antisémitisme et participer à une série de réunions bilatérales.

Le voyage prévu de Netanyahu – le premier d’un Premier ministre israélien dans la capitale autrichienne depuis 1997 – a été annoncé mercredi par le chancelier autrichien Sebastian Kurz.

« C’est un grand plaisir pour moi d’accueillir le Premier ministre Netanyahu pour une visite officielle en Autriche ! », a-t-il écrit sur son compte Twitter, ajoutant qu’il souhaitait « assister à la conférence » avec Netanyahu.

La visite de deux jours de Netanyahu, qui se tiendra du 20 au 21 novembre, intervient dans le cadre de relations de plus en plus étroites entre Jérusalem et le gouvernement de droite autrichien.

À Vienne, Netanyahu doit rencontrer Kurz et le président autrichien, Alexander Van der Bellen.

Mais le point fort de ce voyage sera sa participation à la conférence sur la lutte contre l’antisémitisme et l’anti-sionisme, que le gouvernement autrichien organise dans le cadre de sa présidence actuelle de l’Union européenne (UE).

« 2018 est une année spéciale de commémoration », a déclaré Kurz dans un message filmé, posté sur son compte Twitter, évoquant les pogroms anti-juifs qui se sont déroulés en Allemagne et en Autriche il y a 80 ans ce mois-ci.

« Nous devons toujours nous rappeler de notre responsabilité historique et faire tout ce qui est en notre pouvoir pour lutter contre toutes les formes d’antisémitisme », a-t-il déclaré. « Si les Juifs ne se sentent pas en sécurité dans de nombreux endroits en Europe en 2018, cela ne devrait pas seulement nous faire réfléchir, mais nous obliger tous à prendre des mesures communes. »

Netanyahu devrait également se rendre dans la principale synagogue de Vienne, Stadttempel, et rencontrer des représentants de la communauté juive d’Autriche.

Des sources à Vienne ont déclaré au Times of Israël qu’il n’était pas censé rencontrer des responsables du parti d’extrême droite Parti de la Liberté, qu’Israël boycotte en raison de son passé nazi.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, puis le chancelier autrichien Viktor Klima lors d’une conférence de presse conjointe à Vienne, en Autriche, le 22 septembre 1997 (Avi Ohayun / GPO)

La dernière visite d’un Premier ministre israélien en Autriche a eu lieu en 1997, lorsque Netanyahu avait rencontré le chancelier de l’époque, Viktor Klima, et d’autres responsables.

Kurz et Netanyahu se sont rencontrés pour la dernière fois à New York en septembre, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

« Le Premier ministre a exprimé sa gratitude concernant une série de décisions et de mesures prises par le gouvernement autrichien sous le chancelier Kurz ces derniers mois », a déclaré le bureau du Premier ministre à l’issue de leur réunion.

Netanyahu a déclaré que Kurz l’avait informé des mesures prises par le gouvernement autrichien pour renforcer les liens avec la communauté juive autrichienne et pour protéger la communauté et son histoire. Il l’a également félicité pour ses efforts menés contre l’antisémitisme, notamment l’interdiction du magazine d’extrême droite Die Aula.

Karin Kneissl, ministre autrichienne des Affaires étrangères, (Crédit : George Schneider)

Malgré l’intégration du Parti de la Liberté dans le gouvernement, l’Autriche et Israël se sont considérablement rapprochés depuis l’élection de Kurz.

Les Juifs autrichiens sont également fermement opposés au parti, connu sous son acronyme allemand FPO, l’accusant de ne pas s’être suffisamment démarqué de son passé antisémite et de continuer à promouvoir des positions problématiques.

Depuis l’élection du FPO au Parlement lors des élections autrichiennes de 2017, Israël a maintenu sa politique de contacts officiels avec le parti uniquement au niveau de la fonction publique, évitant ainsi tout contact avec des ministres, y compris la ministre autrichienne des Affaires étrangères, Karin Kneissl.

Netanyahu avait précédemment demandé au ministère des Affaires étrangères d’examiner la manière dont Israël devrait interagir avec Vienne à la lumière de la montée du FPO.

Fondé en 1956, le parti est issu de la très éphémère Fédération des indépendants, créée après la Seconde Guerre mondiale par d’anciens nazis privés de leur droit de vote. Son premier chef était un ancien officier de la Waffen SS et son dernier a été Joerg Haider, le fils controversé d’un ancien responsable du parti nazi.

Heinz-Christian Strache, leader du Parti pour la liberté, lors d’un congrès à l’issue des élections parlementaires autrichiennes à Vienne, le 15 octobre 2017 (Alex Domanski / Getty Images via JTA)

Haider s’était attiré une publicité négative en louant la politique d’emploi « ordonnée » du Troisième Reich, qualifiant les anciens combattants SS de « gens honnêtes » et décrivant les camps de concentration comme des « camps de punition ». Il fut tué dans un accident de voiture en 2008.

Sous le dirigeant actuel du FPO, Heinz-Christian Strache, aujourd’hui vice-chancelier de l’Autriche, le parti a fait de grands progrès pour se démarquer des vues pro-nazies et a adopté de fortes positions pro-israéliennes.

En décembre, Strache a déclaré que Vienne « aspirait à un contact honnête, durable et amical avec Israël » et avait promis que son parti d’extrême droite serait « un partenaire essentiel dans la lutte de l’Europe contre l’antisémitisme ».

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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