Netanyahu et la communauté internationale réagissent à l’attaque chimique en Syrie
Rechercher

Netanyahu et la communauté internationale réagissent à l’attaque chimique en Syrie

Le Premier ministre souligne que cette attaque rappelle qu'il est impératif qu'Israël 'soit toujours en mesure de se défendre contre toutes les menaces'. Les condamnations affluent également dans la communauté internationale

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la réunion hebdomadaire du cabinet dans ses bureaux, à Jérusalem, le 1er janvier 2017. (Crédit : Alex Kolomoisky/Pool)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la réunion hebdomadaire du cabinet dans ses bureaux, à Jérusalem, le 1er janvier 2017. (Crédit : Alex Kolomoisky/Pool)

Les condamnations se multiplient en Israël et dans le monde quelques heures après qu’une attaque aux armes chimiques présumée dans le nord de la Syrie a tué plus de 70 civils.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a évoqué cette attaque lors d’un événement de commémoration de l’ancien président israélien Chaim Herzog.

« Les images choquantes de la Syrie doivent émouvoir chaque être humain », a-t-il commenté.

Il a ajouté : « Israël condamne avec force l’utilisation des armes chimiques quelles que soient les circonstances et en particulier contre des civils sans défense. Israël appelle la communauté internationale à tenir sa promesse de 2013 et à débarrasser la Syrie de ses armes chimiques ».

Un enfant syrien inconscient transporté à l'hôpital de Khan Sheikhun, une ville tenue par les rebelles de la province d'Idleb, après une attaque au gaz toxique, le 4 avril 2017. (Crédit : Omar Haj Kadour/AFP)
Un enfant syrien inconscient transporté à l’hôpital de Khan Sheikhun, une ville tenue par les rebelles de la province d’Idleb, après une attaque au gaz toxique, le 4 avril 2017. (Crédit : Omar Haj Kadour/AFP)

« Quand j’ai vu les images des bébés suffoquant en raison d’une attaque chimique en Syrie, j’ai été choqué et scandalisé », a déclaré Netanyahu, cité par son bureau.

« J’appelle la communauté internationale à respecter ses engagements de 2013 et retirer entièrement et définitivement ces armes horribles de Syrie », a-t-il dit.

La guerre civile sanglante en cours sur le territoire du voisin du nord d’Israël souligne cette idée qu’Israël devra toujours être en mesure de se défendre contre toutes les menaces, a ajouté le Premier ministre.

La vice-ministre des Affaires étrangères Tzipi Hotovely n’a pas été en reste, disant que ce massacre perpétré ce matin prouve qu’Israël doit rester engagé dans les affaires de sécurité régionales.

« L’horreur en Syrie exige une coalition engagée qui agira de façon décisive contre un régime qui massacre des civils innocents », a tweeté Hotovely.

Elle a ajouté qu’Israël a toujours mis en garde les forums internationaux contre l’arsenal chimique syrien.

Le ministre de l'Éducation Naftali Bennett lors d'une interview dans les bureaux du Times of Israel à Jérusalem, le 9 janvier 2017. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)
Le ministre de l’Éducation Naftali Bennett lors d’une interview dans les bureaux du Times of Israel à Jérusalem, le 9 janvier 2017. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Pour sa part, le chef du parti HaBayit HaYehudi Naftali Bennett a appelé le président américain Donald Trump à initier des efforts internationaux visant à empêcher que de nouvelles atrocités soient commises dans ce pays ravagé par la guerre.

« Des enfants meurent de suffocations. Le monde DOIT AGIR contre le massacre chimique en Syrie », a-t-il écrit sur Twitter. « J’appelle le président Trump à initier cet effort ».

Sur le même post, une image d’enfants syriens tués lors de l’attaque survenue dans la province d’Idlib.

Par ailleurs, Bennett a demandé au Premier ministre d’organiser dans l’urgence une session spéciale du cabinet sur cette attaque chimique et ses ramifications en Syrie.

Bennett a demandé que les débats puissent se concentrer sur l’aspect humanitaire, les implications régionales en termes de sécurité, la signification de la réintroduction d’armements chimiques et du génocide systématique mené en Syrie. Selon le ministre, l’usage de ces armes chimiques contre des civils oblige le cabinet de sécurité à se repositionner.

La ministre de la Justice Ayelet Shaked a elle aussi appelé plus spécifiquement les Etats-Unis à agir.

« Nous avons l’obligation de pousser un cri aux nations du monde, et en particulier au président Trump, pour mettre fin à cette atrocité », a-t-elle déclaré.

Eyal Ben-Reuven, député de l'Union sioniste, à la Knesset, le 29 mars 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Eyal Ben-Reuven, député de l’Union sioniste, à la Knesset, le 29 mars 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Autre réaction, celle du député de l’Union sioniste et ancien général Eyal Ben-Reuven qui a expliqué que l’attaque chimique lancée contre un village détenu par les rebelles dans le nord de la Syrie est une violation « flagrante » des accords trouvés dans le passé entre le régime d’Assad et le gouvernement américain.

Dans une déclaration, Ben-Reuven appelle Israël à rejoindre les efforts internationaux pour empêcher la guerre chimique.

« Israël doit travailler avec la Russie, les Etats-Unis et l’ONU pour l’élimination complète des armes chimiques », a-t-il expliqué.

En Israël encore, le député et ex-ministre de la Défense Amir Peretz a condamné fermement l’usage d’armes chimiques contre les civils.

Peretz a ajouté que l’attaque au gaz « ne peut être ignorée » et a appelé les Etats-Unis ainsi que le reste de la communauté internationale à « mettre immédiatement un terme aux effusions de sang » des civils syriens.

A l’étranger, le président turc Recep Tayyip Erdogan a condamné lors d’un entretien téléphonique avec son homologue russe Vladimir Poutine une frappe « inhumaine » susceptible de mettre en péril les négociations de paix amorcées dans la capitale du Kazakhstan.

« Le président Erdogan [dit] que ce genre d’attaque inhumaine est inacceptable et s’inquiète qu’elle n’annihile tous les efforts livrés dans le cadre du processus d’Astana » pour la paix en Syrie, ont indiqué des sources proches de la présidence, sans pour autant indiquer qui devait être blâmé pour cette attaque.

Federica Mogherini, Haute Représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, pendant une conférence de presse à Bucarest, le 7 octobre 2016. (Crédit : Daniel Mihailescu/AFP)
Federica Mogherini, Haute Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, pendant une conférence de presse à Bucarest, le 7 octobre 2016. (Crédit : Daniel Mihailescu/AFP)

Du côté de l’Union européenne, la chef de la diplomatie Federica Mogherini a expliqué que le régime de Bashar el-Assad devait assumer « l’entière responsabilité de cette attaque chimique ».

« Cette information, aujourd’hui, est affreuse », a commenté Mogherini dans une interview avec des organisations médiatiques à Bruxelles en marge d’une conférence entre l’UE et les Nations Unies qui doit se consacrer à la situation de la Syrie post-conflit.

François Hollande a quant à lui évoqué la « responsabilité » de Bashar el-Assad dans ce « massacre ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...