Netanyahu « trop lâche » pour négocier la paix, dit un chroniqueur du NY Times
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Netanyahu « trop lâche » pour négocier la paix, dit un chroniqueur du NY Times

L'éditorialiste dénonce aussi le Hamas pour sa politique désastreuse à Gaza depuis le retrait israélien ; dit que les questions environnementales changeront bientôt la donne

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dirige une réunion de la faction du Likud à la Knesset le 21 mai 2018. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dirige une réunion de la faction du Likud à la Knesset le 21 mai 2018. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est « trop lâche » pour prendre les mesures nécessaires à la paix avec les Palestiniens, alors que le Hamas s’est avéré un désastre pour les habitants de la bande de Gaza, a écrit mardi le chroniqueur du New York Times Thomas L. Friedman.

Dans une chronique intitulée « Hamas, Netanyahu et Dame Nature », le célèbre rédacteur du Times a déploré l’intransigeance que le gouvernement israélien et les dirigeants du Hamas de Gaza présentaient, et a déclaré que les dangers environnementaux et humanitaires pourraient bientôt forcer les Israéliens et les Palestiniens à regarder au-delà de leurs différences pour une coopération accrue.

Friedman a déclaré que les politiques d’expansion des implantations du gouvernement Netanyahu ont rendu « de plus en plus impossible la séparation des Israéliens et des Palestiniens et donc une situation d’apartheid qui devient de plus en plus probable. »

Netanyahu, a affirmé Friedman, « veut tout », incapable d’accepter des concessions significatives aux Palestiniens qu’un accord de paix exigerait. « Et comme le président Trump et le Congrès américain lui font des chèques en blanc, [il] pense qu’il peut tout avoir. Alors pourquoi s’embêter à faire des concessions pour la paix ? »

Il a ajouté : « Je comprends pourquoi Israël n’a pas d’autre choix que de défendre sa frontière avec Gaza par la force brute. Mais je trouve que c’est un comble qu’un pays avec tant d’imagination dans l’informatique, la médecine et l’agriculture montre si peu d’imagination dans la recherche de moyens sûrs de se séparer des Palestiniens en Cisjordanie pour préserver sa démocratie juive ».

Le chroniqueur du New York Times, Thomas L. Friedman. (Rebecca Zeffert/Flash90)

Pendant ce temps, à Gaza, le Hamas, selon Friedman, était éligible pour « un prix anti-Nobel pour la paix – c’est-à-dire le prix Nobel pour le cynisme et le mépris inconsidéré pour son propre peuple dans la poursuite d’un fantasme politique ».

Israël, a-t-il dit, « a mis fin à son occupation de Gaza en 2005. Si le Hamas avait choisi de reconnaître Israël et de construire un état palestinien à Gaza sur le modèle de Singapour, le monde entier lui aurait apporté son aide et cela aurait servi de test positif pour la Cisjordanie. Le Hamas en a décidé autrement. »

Le groupe terroriste qui dirige la bande de Gaza a plutôt choisi la violence, utilisant les récentes marches à Gaza « pour camoufler son échec total à offrir une vie décente aux Palestiniens sur place ».

Des Palestiniens brandissent le drapeau national lors d’une manifestation à la frontière entre Israël et la bande de Gaza, le 14 mai 2018 (Crédit : AFP PHOTO / MOHAMMED ABED)

Il a dit que le monde, y compris les nations arabes, en a « assez » de la demande des Palestiniens de retourner sur des terres ancestrales qui font aujourd’hui partie d’Israël. « L’histoire est pleine de telles injustices et de réfugiés qui se sont réconciliés avec eux et sont passés à autre chose – et n’ont pas transmis leur statut de réfugié à leurs enfants et aux enfants de leurs enfants ».

Il est intéressant de noter que Friedman n’a pas critiqué l’Autorité palestinienne en Cisjordanie, accusée par les dirigeants israéliens d’avoir rejeté à plusieurs reprises des offres de paix généreuses et de refuser de reconnaître véritablement un État juif.

Le chroniqueur a averti que « Dame Nature » pourrait bientôt « frapper » les deux camps, notant que le blocus actuel de Gaza et les graves pénuries d’électricité ont conduit à l’absence quasi totale de traitement des eaux usées dans la bande de Gaza, et que les Palestiniens déversent quotidiennement « environ 100 millions de litres d’eaux usées non traitées dans la Méditerranée ». Les eaux usées affluent maintenant vers le nord et endommagent les usines de dessalement israéliennes.

Vue de la clôture de sécurité entourant la bande de Gaza depuis Israël. (Doron Horowitz/Flash90)

Pendant ce temps, Gaza est en train de manquer d’eau potable et Israël pourrait bientôt se retrouver avec une véritable catastrophe humanitaire sur les bras.

Friedman conclut : « S’il y a un moment pour Israël pour prendre quelques risques calculés pour essayer de trouver une voie différente avec les Palestiniens en Cisjordanie, c’est maintenant. Malheureusement, son Premier ministre est trop lâche, et les États-Unis le soutiennent trop servilement, pour que cela se produise. Bien à vous, Dame Nature. »

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