Nour Tamimi, qui a été filmée en train de gifler un soldat, sera libérée
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Nour Tamimi, qui a été filmée en train de gifler un soldat, sera libérée

Une manifestation de soutien a été organisée à Paris ; La cousine de Ahed Tamimi a été inculpée pour agression aggravée avec Ahed et sa mère Nariman Tamimi

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Nour Tamimi (C), qui est détenue après une vidéo virale montrant deux membres de sa famille en train d'agresser deux soldats israéliens, dans un tribunal militaire à la prison d'Ofer en Cisjordanie le 28 décembre 2017 (Crédit : Ahmad Gharabli / AFP)
Nour Tamimi (C), qui est détenue après une vidéo virale montrant deux membres de sa famille en train d'agresser deux soldats israéliens, dans un tribunal militaire à la prison d'Ofer en Cisjordanie le 28 décembre 2017 (Crédit : Ahmad Gharabli / AFP)

Un tribunal militaire a ordonné jeudi la libération immédiate de Nour Tamimi, filmée avec sa cousine Ahed, âgée de 16 ans, qui a giflé des soldats de Tsahal devant la maison de la famille en Cisjordanie le mois dernier.

Le juge de la cour d’appel a rejeté la requête de l’avocat général militaire, qui a demandé que la jeune fille de 21 ans soit gardée en détention jusqu’à la fin de la procédure menée contre elle.

Bien que le juge Netanel Benisho n’ait pas justifié sa décision — qu’il précisera plus tard, selon la décision — il a ordonné à Nour de se présenter chaque semaine à un poste de police près de son village de Nabi Saleh, à l’extérieur de Ramallah.

Dimanche, Nour a été mise en examen pour agression aggravée contre un soldat et pour avoir empêché les soldats d’exercer leurs fonctions.

Vingt-quatre heures plus tard, le tribunal militaire a inculpé Ahed ainsi que sa mère, Nariman, qui a également pris part à l’incident du 15 décembre.

Alors que l’avocat général militaire a demandé qu’Ahed et Nariman restent en détention jusqu’à la fin des procédures contre elles, le juge de la Cour militaire de Judée a décidé que les deux femmes ne resteraient en détention que huit jours de plus afin de fournir à l’avocat des Tamimi suffisamment de temps pour préparer sa défense.

Comme Nour, la mère et la fille ont toutes deux été accusées d’agression aggravée.

L’acte d’accusation contre Ahed cite au total 12 chefs d’accusation, qui prennent en compte cinq autres incidents avec des soldats de l’armée israélienne auxquelles elle aurait participé au cours des deux dernières années.

La Palestinienne Ahed Tamimi (C), âgée de 16 ans, assiste à une audience devant le tribunal militaire d’Ofer, en Cisjordanie, le 1er janvier 2018 (Crédit : Photo AFP / Ahmad Gharabli)

Contrairement à Ahed, Nour n’a été inculpée que pour ses actions pendant l’incident du 15 décembre, ce qui a apparemment joué un rôle dans la décision du tribunal de libérer immédiatement la jeune fille de 21 ans.

Dans une vidéo filmée avec un téléphone portable le mois dernier, on voit Nour Tamimi, 21 ans, s’approcher avec sa cousine Ahed Tamimi, 16 ans, de deux soldats puis leur donner des coups de pied et de poing et des gifles dans le village de Nabi Saleh.

Ils reculent après l’arrivée de Nariman alors qu’elle commence à pousser les soldats. Les soldats armés ne réagissent pas face à ce qui semble être une tentative de les provoquer.

Dans sa version de l’incident, Ahed a expliqué lors d’une audience le mois dernier que les soldats qui apparaissent dans la vidéo avaient tiré une balle en caoutchouc sur la tête de son cousin une heure avant la rencontre filmée. « Puis j’ai vu ces mêmes soldats qui ont frappé mon cousin, cette fois devant chez moi. Je ne pouvais pas rester sans rien fait et j’ai réagi comme je l’ai fait », a témoigné la jeune fille de 16 ans.

Nour Tamimi (2e g) et sa tante Nariman Tamimi (2e d) assistent à une audience devant le tribunal militaire d’Ofer en Cisjordanie, le 1er janvier 2018. (Crédit : AFP / Ahmad Gharabli)

Des photos du cousin d’Ahed, Muhammad Tamimi, ont été – largement – diffusées sur les réseaux sociaux palestiniens, montrant le visage du jeune garçon gravement meurtri et marqué. L’agence de presse palestinienne Maan avait indiqué qu’il avait été plongé dans un coma artificiel à cause de ces blessures mais qu’il s’est réveillé depuis.

Nabi Saleh — 20 kilomètres au nord de Ramallah — est fréquemment le lieu d’affrontements entre les soldats israéliens et les Palestiniens, en particulier les membres de la famille Tamimi, qui a participé à des affrontements très médiatisés avec l’armée israélienne.

En août 2015, un soldat de Tsahal a été filmé en train d’essayer d’arrêter le cousin d’Ahed, Muhammad Tamimi, qui lançait des pierres lors d’une manifestation violente.

Les vidéos de l’incident du 15 décembre ont été largement diffusée par les médias israéliens, qui accusent souvent les Palestiniens de chercher à provoquer l’armée, afin que des scènes de violence puissent être filmées.

Des manifestants avec des pancartes portant le portrait de l’adolescente palestinienne Ahed Tamimi lors d’une manifestation de son soutien le 4 janvier 2018, à Paris (Crédit : AFP / PATRICK KOVARIK)

Ahed Tamimi est depuis devenue ‘célèbre’ et des rassemblements ont eu lieu à plusieurs endroits pour réclamer sa libération. Une manifestation de soutien, réunissant plus d’une centaine de personnes a eu lieu à Paris jeudi pour Ahed Tamini. « Nous sommes là pour demander la libération d’Ahed, de sa famille, et des enfants emprisonnés par Israël », a déclaré Olivia Zémor, présidente de l’association Euro-Palestine, à l’initiative de la manifestation.

Le cortège s’est élancé vers 18H de la place du Châtelet pour rallier la place de la République en scandant les slogans « Libérez Ahed ! » et « Halte à la torture des enfants palestiniens ».

« On est là car une adolescente de 16 ans est en prison, c’est inacceptable » raconte Nadia Tatar, 57 ans, pour qui Ahed Tamimi représente « la relève pour défendre la Palestine ».

« Je suis venue pour la dignité des Palestiniens et la liberté des prisonniers », ajoute Khaled al Shouli, avocat franco-palestinien.

Des manifestants avec des pancartes portant le portrait de l’adolescente palestinienne Ahed Tamimi lors d’une manifestation de son soutien le 4 janvier 2018, à Paris (Crédit : AFP / PATRICK KOVARIK)

Certains politiciens israéliens ont salué la retenue des soldats qu’ils considèrent une preuve des valeurs de l’armée, tandis que d’autres ont appelé à des réponses plus sévères face à ce qui est assimilé à de l’humiliation.

En 2012, Ahed s’est fait connaître parmi les militants palestiniens pour un incident au cours duquel elle a conduit un groupe d’enfants, dont son frère cadet, à se disputer avec des soldats israéliens.

Dans une vidéo de l’incident, elle peut être vue à maintes reprises levant son poing vers un soldat, prête à le frapper, mais sans jamais aller réellement jusqu’au bout.

Ahed Tamimi, la sœur du garçon dont la tentative d’arrestation par un soldat israélien a mené à une échauffourée en Cisjordanie le 28 août, en 2012 (Crédit : Capture d’écran via YouTube)

Ahed a comparu pour la première fois devant le tribunal militaire d’Ofer le 19 décembre. Expliquant sa décision de la maintenir en détention, le juge militaire Lidor Drachman du tribunal militaire pour mineurs de Judée a déclaré que si elle ne représentait pas un danger, le fait qu’elle puisse entraver l’enquête justifiait sa détention.

L’AFP a contribué à cet article.

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