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Nucléaire iranien: les conclusions de l’AIEA « très préoccupantes », souligne Paris

Le Conseil des Gouverneurs de l'AIEA, qui se réunit la semaine prochaine, juste avant la reprise des négociations, "doit permettre d'envoyer un message fort à l'Iran en ce sens"

Le président iranien Hassan Rouhani, deuxième à droite, écoute le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Ali Akbar Salehi, alors qu'il visite une exposition sur les nouvelles réalisations nucléaires de l'Iran à Téhéran, en Iran, le 10 avril 2021. (Bureau de la présidence iranienne via AP)
Le président iranien Hassan Rouhani, deuxième à droite, écoute le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Ali Akbar Salehi, alors qu'il visite une exposition sur les nouvelles réalisations nucléaires de l'Iran à Téhéran, en Iran, le 10 avril 2021. (Bureau de la présidence iranienne via AP)

Les activités nucléaires iraniennes pointées mercredi dans deux rapports de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sont « très préoccupantes », a déclaré jeudi la diplomatie française.

Les conclusions de l’AIEA, qui font état d’une nette augmentation du stock d’uranium hautement enrichi de l’Iran, établissent aussi un « grave manque de coopération » de Téhéran avec l’Agence, a relevé la porte-parole du Quai d’Orsay.

L’Iran doit « reprendre le chemin d’une coopération qui permette à l’Agence de s’acquitter pleinement de sa mission » et « revenir sans délai au respect de tous ses engagements » nucléaires, a souligné Anne-Claire Legendre.

Le Conseil des Gouverneurs de l’AIEA, qui se réunit la semaine prochaine, juste avant la reprise des négociations sur le nucléaire iranien, « doit permettre d’envoyer un message fort à l’Iran en ce sens », a-t-elle ajouté.

Les Etats-Unis et les pays européens signataires de l’accord sur le nucléaire iranien ont par ailleurs assuré jeudi les voisins de l’Iran que leurs intérêts sécuritaires seraient pris en compte, alors que des négociations doivent reprendre fin novembre avec Téhéran.

Paris, Berlin, Londres et Washington ont salué « les efforts » des pays de la région « pour une désescalade des tensions et la promotion du dialogue dans la région », ont indiqué leurs porte-parole de la diplomatie dans un communiqué commun.

Ils ont aussi « réaffirmé leur détermination à continuer à faire face aux préoccupations plus larges de la région en matière de sécurité », notamment sur le programme balistique iranien, ont-ils relevé.

Les directeurs politiques des ministères des Affaires étrangères français, allemand et britannique et l’envoyé spécial américain ont fait ces déclarations lors de consultations avec le Conseil de coopération du Golfe (CCG), ses Etats-membres, l’Egypte et la Jordanie à Ryad.

Les pays voisins de l’Iran s’inquiètent des concessions qui pourraient être faites à Téhéran alors que les négociations doivent reprendre le 29 novembre à Vienne pour tenter de sauver l’accord encadrant le programme nucléaire iranien.

Les Etats-Unis et les Européens ont une nouvelle fois condamné les « activités déstabilisatrices » de l’Iran dans la région, « y compris l’utilisation et le transfert de missiles balistiques et de drones » à des milices alliées.

Les négociations de Vienne visent à relancer l’accord de 2015 censé empêcher Téhéran d’accéder à la bombe atomique, dont les Etats-Unis s’étaient retirés en 2018, entraînant la violation par la République islamique de nombreuses limites à son programme nucléaire.

Les Occidentaux souhaitent étendre leurs discussions avec l’Iran à ses activités régionales, qu’ils jugent trop expansionnistes, du Liban au Yémen, mais se heurtent à une fin de non recevoir de Téhéran sur ce point.

Certains pays du Golfe, comme le Qatar et Oman, sont considérés comme des canaux utilisés par les Etats-Unis pour communiquer avec l’Iran.

L’Arabie saoudite, royaume sunnite farouchement opposé à l’Iran chiite, a aussi entamé récemment un dialogue discret mais remarqué avec son voisin, sous les auspices de l’Irak.

« Un dialogue régional renforcé et un retour mutuel au respect du JCPoA (accord sur le nucléaire iranien) bénéficieront au Moyen-Orient dans son ensemble », soulignent Washington, Paris, Londres et Berlin en rappelant les bénéfices que Téhéran pourrait en tirer en termes économiques.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a fait état mercredi d’une nette augmentation du stock d’uranium enrichi par l’Iran.

Au fil des mois, Téhéran s’est affranchi des engagements pris dans le cadre de ce pacte. Selon un rapport de l’instance onusienne consulté par l’AFP, la quantité d’uranium accumulée dépasse désormais de plus de douze fois la limite autorisée : il était ainsi estimé début novembre à 2 489,7 kg.

Surtout, l’Iran a dépassé le taux d’enrichissement de 3,67% fixé par l’accord, montant d’abord à 20 % : il dispose maintenant de 113,8 kg, contre 84,3 kg fin août.

Puis il a franchi le seuil inédit de 60 %, se rapprochant des 90 % nécessaires à la confection d’une bombe : il en a produit 17,7 kg, contre 10 kg il y a trois mois.

Ce document sera examiné lors du Conseil des gouverneurs de l’AIEA prévu la semaine prochaine, juste avant le retour des négociateurs à Vienne, le 29 novembre.

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