Odeh : Nous pourrions soutenir Gantz s’il oublie « majorité juive » et annexion
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Odeh : Nous pourrions soutenir Gantz s’il oublie « majorité juive » et annexion

Le chef de la Liste arabe unie, qui aurait 15 sièges à la Knesset, ne permettra pas à Liberman d'être ministre, dit que Kakhol lavan doit changer pour avoir le soutien des Arabes

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le chef de Kakhol lavan Benny Gantz (au centre) rencontre les dirigeants de la Liste arabe unie, Ayman Odeh (à gauche) et Ahmed Tibi (à droite), le 31 octobre 2019. (Crédit : Ofek Avshalom)
Le chef de Kakhol lavan Benny Gantz (au centre) rencontre les dirigeants de la Liste arabe unie, Ayman Odeh (à gauche) et Ahmed Tibi (à droite), le 31 octobre 2019. (Crédit : Ofek Avshalom)

Le président de la Liste arabe unie a déclaré jeudi que le président de Kakhol lavan, Benny Gantz, devrait revenir sur ses propos en faveur de la formation d’une coalition à « majorité juive » et de l’annexion de certaines parties de la Cisjordanie afin que son alliance à majorité arabe puisse recommander que le chef du parti centriste soit appelé à former le gouvernement.

« Pour l’instant, avec l’attitude de Gantz [en faveur] d’une majorité juive et d’une annexion unilatérale, nous n’avons personne à recommander au président », a déclaré Ayman Odeh au radiodiffuseur public Kan. « S’il y a un changement après les élections dans le sens de la paix et de l’égalité, nous réévaluerons notre position ».

Tout au long de la campagne électorale, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a insisté sur le fait que le parti Kakhol lavan n’aurait aucun moyen de former un gouvernement sans un certain degré de soutien de la Liste arabe unie – un parti qui, selon le Premier ministre, n’a même pas été pris en compte dans le calcul électoral. Dans un effort pour attirer les électeurs de droite, Gantz a répondu en se distanciant de la Liste arabe unie, disant qu’il ne s’appuierait en aucune façon sur le parti et qu’il formerait une coalition composée d’une « majorité juive » à la Knesset. Il n’a jamais précisé sur quels partis il s’appuierait pour former un tel gouvernement.

Après avoir essuyé des critiques pour le terme « majorité juive », Gantz s’est excusé de l’avoir utilisé, disant qu’il reconnaissait l’offense faite aux non-juifs dans une interview télévisée quelques jours avant l’élection. Il a préféré utiliser le terme « majorité sioniste ». De toute évidence, cette clarification n’a pas suffi à satisfaire Odeh, qui a exigé une répudiation plus énergique de la position préélectorale de Kakhol lavan.

Ayman Odeh (C), leader du parti Hadash qui fait partie de l’alliance de la Liste arabe unie, intervient avec d’autres leaders au siège de Shefa Amr, le 2 mars 2020, après la fermeture des bureaux de vote (Ahmad GHARABLI / AFP)

Odeh a également souligné l’opposition de son parti quant au soutien de Gantz à l’annexion de la Cisjordanie. Quelques semaines avant les élections, les leaders de Kakhol lavan se sont rendus dans la vallée du Jourdain où ils ont déclaré leur soutien à la déclaration de la souveraineté israélienne sur cette zone, qui représente environ 20 % de la Cisjordanie. Gantz a conditionné ce soutien à celui de la communauté internationale, ce qui semble rendre la question caduque étant donné que pratiquement aucun pays, à l’exception des États-Unis, n’a indiqué qu’il soutiendrait une telle initiative.

Cependant, l’idée d’une annexion a reçu un nouvel élan de Washington lorsque le président américain Donald Trump a publié en janvier son plan de paix qui prévoit que la vallée du Jourdain ainsi que toutes les implantations en Cisjordanie soient placées sous souveraineté israélienne. Gantz s’est rendu à Washington pour rencontrer Trump à la veille du dévoilement du plan et a déclaré son soutien à la proposition.

Mais en brouillant encore plus sa position sur la question de l’annexion, Gantz a déclaré par la suite qu’il était favorable au maintien d’une relation étroite avec les alliés que sont la Jordanie et l’Égypte, pour qui l’annexion a longtemps été une impasse.

« En attendant, nous allons voir si Gantz … a une approche différente maintenant que l’élection est derrière nous », a déclaré Odeh à Kan jeudi.

Le président de Kakhol lavan, Benny Gantz (C), s’adresse aux journalistes lors d’une visite dans la vallée du Jourdain, le 21 janvier 2020. (Elad Malka/Kakhol lavan)

Mais malgré sa volonté présumée de soutenir le leader de Kakhol lavan, Odeh a pour ainsi dire disqualifié un autre parti qui sera essentiel si Gantz veut former un gouvernement avec l’aide de la Liste arabe unie.

« Nous ne permettrons pas [au président d’Yisrael Beytenu Avigdor] Liberman de devenir ministre », a-t-il déclaré, réitérant une position qu’il a prise tout au long de la campagne en réponse aux attaques de Liberman contre la Liste arabe unie, qu’il a qualifiée de « cinquième colonne ».

« Nous ne renoncerons pas à notre rôle de groupe légitime dans la politique [israélienne] », a déclaré M. Odeh.

Ahmed Tibi, leader du parti Taal, qui appartient à la Liste arabe unie, devant les journalistes au siège électoral de l’alliance à Shefa-Amr, dans le nord d’Israël, après la fermeture des bureaux de vote, le 2 mars 2020. (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)

Par ailleurs, jeudi, le député de la Liste arabe unie Ahmad Tibi a poussé plus loin les commentaires de M. Odeh sur Liberman, en déclarant que son parti ne soutiendrait aucun gouvernement qui comprendrait Yisrael Beytenu, qui a préconisé le « transfert » des Arabes israéliens vivant dans le fameux Triangle près de la Ligne verte vers un futur Etat palestinien.

Tibi a réitéré que le plus loin que son parti serait prêt à aller serait de soutenir une coalition dirigée par Kakhol lavan depuis l’opposition, mais qu’il ne se joindrait à aucun gouvernement.

Il s’est également opposé au souhait d’une « majorité juive », qui a également obtenu le soutien des députés du Likud, dont le ministre des Communications David Amsalem.

« Imaginez qu’en France et en Allemagne, on parle des Juifs [de cette manière] et qu’on essaie de les disqualifier de cette manière », a déclaré Tibi à la radio de l’armée.

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