Opposant iranien arrêté : « Ne pas faire confiance à certains Etats comme Israël »
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Opposant iranien arrêté : « Ne pas faire confiance à certains Etats comme Israël »

Ruhollah Zam, figure de l'opposition arrêtée pour avoir déclenché une vague de protestations anti-révolutionnaires, a été contraint de présenter des excuses publiques

Ruholla Zam. (Capture d'écran : YouTube)
Ruholla Zam. (Capture d'écran : YouTube)

TEHERAN, Iran – La télévision d’Etat iranienne a publié lundi soir des images de Rouhollah Zam, opposant en exil dont les Gardiens de la Révolution ont annoncé l’arrestation à l’issue d’une opération « élaborée ».

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé lundi l’arrestation par leur service de renseignement de M. Zam, qu’ils ont présenté comme un opposant « contrerévolutionnaire » et « dirigé par le renseignement français ».

Les Gardiens n’ont précisé ni le lieu ni la date de l’arrestation de M. Zam, qui aurait vécu en France ces dernières années.

Un court extrait vidéo montre un homme de forte corpulence les yeux bandés et menotté à l’arrière d’une voiture. Selon la TV, il s’agit d’images tournées peu après l’arrestation de M. Zam.

Le même homme apparaît ensuite assis dans un fauteuil à côté d’un drapeau de l’Iran et des Gardiens de la Révolution islamique, l’armée idéologique de la République islamique.

Il déclare s’appeler Rouhollah Zam et être « le fondateur d’Amadnews Media », un canal Telegram accusé par les autorités iraniennes d’avoir joué un rôle majeur dans la vague de contestation de décembre 2017.

Une Iranienne lève le poing dans la fumée des gaz lacrymogènes à l’université de Téhéran durant une manifestation contre les problèmes économiques dans la capitale iranienne, le 30 décembre 2017. (Crédit : AFP PHOTO / STR)

L’homme déclare ensuite regretter « ce qui est arrivé aux cours des trois ou quatre dernières années ».

« Et sur le fait de faire confiance à des gouvernements, en particulier le gouvernement français, j’ai eu tort », ajoute-t-il.

L’homme, qui n’apparaît pas menotté et ne regarde pas directement la caméra, appelle ensuite à « ne pas faire confiance à des Etats démontrant qu’ils n’ont pas une bonne relation avec la République islamique, comme les Etats-Unis, Israël, l’Arabie saoudite et la Turquie », avant de présenter « des excuses à l’ensemble du système » politique iranien.

Au moins 25 personnes ont été tuées dans les troubles ayant touché plusieurs dizaines de villes iraniennes entre le 28 décembre 2017 et le 3 janvier 2018. Téhéran a qualifié ces troubles de « sédition ».

À la demande des autorités iraniennes, le service de messagerie cryptée Telegram avait accepté de fermer Amadnews (qui comptait alors près de 1,4 million d’abonnés) en reprochant à ce canal d’avoir incité à la « violence ».

L’organisation de défense des droits de l’Homme Amnesty International appelle régulièrement les autorités iraniennes à cesser la diffusion « d’aveux télévisés » de suspects jugeant que ces méthodes « violent les droits de la défense ».

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