Plus de 50 Palestiniens décédés en 2017 en attendant un visa médical israélien
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Plus de 50 Palestiniens décédés en 2017 en attendant un visa médical israélien

Le COGAT prend beaucoup de précautions pour la délivrance de permis afin d'éviter des détournements du groupe terroriste palestinien du Hamas

Un employé du ministère palestinien de la Santé inspecte l'hôpital de Beit Hanun dans le nord de la bande de Gaza, qui a cessé ses services le 29 janvier 2018 après un manque de carburant (Mahmud Hams / AFP)
Un employé du ministère palestinien de la Santé inspecte l'hôpital de Beit Hanun dans le nord de la bande de Gaza, qui a cessé ses services le 29 janvier 2018 après un manque de carburant (Mahmud Hams / AFP)

Cinquante-quatre Palestiniens sont décédés en 2017 alors qu’ils attendaient d’Israël la permission de sortir des Territoires palestiniens pour se faire soigner, ont indiqué mardi l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et des ONG.

Selon le Centre Al-Mezan pour les droits de l’Homme, basé dans la bande de Gaza, seuls quelques cas isolés de Palestiniens décédés dans l’attente d’un permis médical avaient été enregistrés les années précédentes.

L’OMS a pour sa part dit qu’elle ne disposait pas de chiffres permettant de comparer avec 2016.

L’organisation onusienne a toutefois indiqué dans un rapport que sur les 25 000 autorisations demandées l’an dernier à Israël par des Palestiniens de la bande de Gaza, 54 % seulement avaient reçu une réponse leur permettant de se présenter à temps à leur rendez-vous médical. Le pourcentage était de 62 % en 2016 et de 92 % en 2012, selon l’OMS.

« Le pourcentage de permis accordés aux patients pour sortir de Gaza décline de manière inquiétante, avec le taux le plus faible depuis 2008, année où l’OMS a commencé à établir ces statistiques », a déploré Gerald Rockenschaub, le chef du bureau de cette organisation dans les Territoires palestiniens.

Des traitements performants, contre le cancer par exemple, font défaut à Gaza en raison de la pénurie de moyens et des restrictions sur les importations d’équipements susceptibles aux yeux d’Israël d’être détournés par le groupe terroriste palestinien du Hamas à des fins terroristes.

Les Gazaouis demandent donc des permis aux autorités israéliennes pour aller se faire soigner en Israël, à Jérusalem, en Cisjordanie, en Jordanie ou au-delà. Les Palestiniens de Cisjordanie doivent aussi solliciter des autorisations pour consulter ou recevoir des traitements à Jérusalem ou en Israël.

Dans un communiqué conjoint, Al-Mezan, Amnesty International, Human Rights Watch (HRW), Medical Aid for Palestinian et Physicians for Human Rights ont appelé Israël à assouplir les restrictions pour les patients de Gaza.

Israël se sert de « plus en plus communément » de l’argument sécuritaire pour rejeter ou retarder l’octroi de permis, déplore Omar Shakir, directeur local de HRW. Il s’agit selon lui « d’une stratégie politique qui vise à isoler le Hamas et utilise la population de Gaza pour y parvenir ».

Aya Abou Mutlaq, une fillette de 5 ans de Khan Younès née avec de sévères pathologies du cerveau, est décédée à la suite de trois rendez-vous manqués dans un hôpital de Jérusalem-Est, ont indiqué ses parents à l’AFP.

« Nous avons suivi la même procédure trois fois, alors que son état de santé ne cessait de se dégrader, et elle est décédée dix jours après l’expiration du troisième rendez-vous manqué », a dit son père Ghaleb.

L’an dernier, un patient atteint d’un cancer a été arrêté en possession d’explosifs destinés au Hamas au point de passage d’Erez, entre Israël et la bande de Gaza.

« Le Hamas exploite tous les jours à son avantage les mesures prises par Israël pour les civils », a affirmé dans un communiqué le COGAT, organisme du ministère israélien de la Défense responsable de la coordination pour la délivrance de permis.

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