Poète persan exilé en Turquie : Israël est le meilleur endroit au monde
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Poète persan exilé en Turquie : Israël est le meilleur endroit au monde

Payam Feili, arborant un tatouage au cou d’une Etoile de David, se rend à Tel Aviv pour lancer une traduction en hébreu de son livre et l’adaptation au théâtre

Payam Feili à Tel-Aviv le 30 novembre, 2015. (Crédit : capture d'écran / Dixième chaîne israélienne)
Payam Feili à Tel-Aviv le 30 novembre, 2015. (Crédit : capture d'écran / Dixième chaîne israélienne)

Le poète iranien exilé, Payam Feili, est arrivé en Israël dimanche pour la publication de la version hébreu de son nouveau livre « Trois raisons » et pour participer à la première de la de l’adaptation de son œuvre produite en hébreu.

Dans un entretien avec la Dixième Chaîne lundi, Feili, qui porte un tatouage d’une Etoile de David à son cou, explique qu’il éprouve une attraction inexpliquable pour Israël.

« Pour moi, c’est le meilleur endroit sur terre et le plus beau », a-t-il déclaré.

« Le peuple iranien ne déteste pas Israël tout comme le peuple israélien ne déteste pas l’Iran », a-t-il continué.

Feili a reçu un visa d’entrée en Israël par le ministre de l’Intérieur Silvan Shalom la semaine dernière.

Ouvertement gay et âgé de 30 ans, il vit en Turquie depuis un an, après avoir été contraint de quitter l’Iran après des nombreuses arrestations, menaces, censures et confrontations avec le Gardiens de la Révolution de l’Iran.

La dernière arrestation de Feili avant son départ de l’Iran a consisté à le forcer à rester assis dans un conteneur de marchandises pendant 44 jours, selon le Centre Américain PEN, un groupe qui vise la promotion de la liberté d’expression et défend les écrivains.

Le poète est connu pour son soutien au peuple et à la société d’Israël, y compris l’ouverture relative du pays à l’homosexualité dans une région où les gays sont fréquemment persécutés.

Cette année, Feili a publié une traduction en hébreu de son livre, « Je grandirai et porterai des fruits… des figues », le travail constitue sa première publication non écrite en farsi.

La nouvelle est une histoire d’amour interdit entre des amis et traite des questions de la liberté créative dans le sillage de la Guerre Iran-Irak dans les années 1980. Dans la première phrase de l’histoire, on peut lire : « J’ai 21 ans. Je suis gay. J’aime le soleil de l’après midi ».

Sans surprise, les autorités de la République islamique ont posé des problèmes à Feili pour avoir écrit son livre et ses expressions d’admiration pour Israël, et elles ont interdit ses œuvres.

Une version censurée de son premier livre, « La plate-forme du Soleil », a été publiée en Iran lorsque Feili avait 19 ans.

Depuis lors, aucune de ses œuvres n’a été approuvée par le ministère de la Culture et de l’Orientation islamique, l’institution de censure et de culture officielle de l’Iran.

Dans un entretien en juillet avec le site internet israélien NRG, Feili a parlé de ses difficultés avec les autorités iraniennes et son désir de visiter Israël.

A la suite de l’article, la ministre de la Culture Miri Regev a écrit une lettre personnelle au ministre de l’Intérieur Shalom lui demandant de fournir à Feili un visa de tourisme, malgré le fait qu’il soit originaire d’un État ennemi.

Regev a écrit dans sa lettre que Payam avait fui l’Iran à cause de persécutions anti-gay et des accusations de faire du tort à la religion en soutenant Israël.

« Dans toutes ses œuvres, et tout particulièrement dans son dernier livre, « Je grandirai et porterai des fruits… des figues », a écrit Regev, « il y a des éléments mélangés de symboles juifs, et c’est pour cela qu’il a été persécuté par le régime ».

Le 10 octobre, Feili a publié une vidéo en hébreu sur sa chaîne Youtube, dans laquelle il demandait aux Israéliens de le soutenir dans son intention de se rendre en Israël.

« Shalom, dit la voix de Feili dans la vidéo. Comme vous avez dû l’entendre, je viendrai bientôt en Israël. Je vous invite tous à soutenir ma campagne de visite en Israël. J’ai hâte ! »

Feili, qui a une Etoile de David tatouée sur son cou, aurait des amis dans la communauté LGBT de Tel Aviv, a affirmé NRG

La première de « Trois Raisons » aura lieu le 29 novembre au théâtre Tzavta de Tel Aviv. C’est un spectacle qui mélange danse, musique et drame basé sur les travaux de plusieurs poètes LGBT modernes et anciens, avec des interprétations LGBT d’écrivains en dehors de la communauté.

La liste des poètes inclut des écrivains israéliens, persans, américains et grecs anciens.

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