Pompeo mérite « un gros coup de poing dans la bouche », selon un officier iranien
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Pompeo mérite « un gros coup de poing dans la bouche », selon un officier iranien

Ismail Kowsari, des Gardiens de la Révolution, a réagi aux propos du secrétaire d'Etat américain Pompeo qui a menacé "les plus fortes sanctions dans l'histoire" de Téhéran

Le général Ismail Kowsari, commandant-adjoint de la bade de Tharallah des Gardiens de la révolution iraniens,  sur la chaîne Al-Alam, le 27 septembre 2017 (Capture d'écran  YouTube/Middle East Media Research Institute)
Le général Ismail Kowsari, commandant-adjoint de la bade de Tharallah des Gardiens de la révolution iraniens, sur la chaîne Al-Alam, le 27 septembre 2017 (Capture d'écran YouTube/Middle East Media Research Institute)

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo mérite « un gros coup de poing dans la bouche » pour avoir menacé de renforcer les sanctions contre Téhéran, a indiqué lundi un officier des Gardiens de la révolution.

« La population de l’Iran doit rester unie face à cela et on va donner un gros coup de poing sur la bouche du secrétaire d’Etat américain et de tous ceux qui les appuient », a dit Ismail Kowsari, selon Reuters.

Lundi, Pompeo a dit que l’administration Trump se préparait à imposer « les plus fortes sanctions de l’histoire » à Téhéran après s’être retiré de l’accord sur le nucléaire iranien au début du mois, alors qu’il formulait une liste de demandes pour un nouveau traité.

« Qui êtes-vous, vous et l’Amérique, pour nous demander de limiter la portée des missiles balistiques ? », a dit Kowsari, se référant à la demande de Pompeo que l’Iran mette un terme à sa prolifération de missiles et qu’il stoppe le lancement ou le développement de systèmes de missiles à capacité nucléaire.

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo durant une conférence de presse à Amman le 30 avril 2018 (Crédit : AFP PHOTO / STRINGER)

« L’histoire a montré qu’avec les attaques sur Hiroshima et Nagasaki, l’Amérique est le plus grand criminel en ce qui concerne les missiles », a-t-il dit.

Kowsari a déclaré que les Iraniens soutenaient Qassem Soleimani, à la tête des forces al-Quds des gardiens de la révolution, chargé des opérations hors de l’Iran.

Soleimani a affirmé avoir été le cerveau du lancement depuis la Syrie de douzaines de roquettes sur des positions militaires israéliennes sur le plateau du Golan, au début du mois.

Quatre des roquettes avaient été interceptées par le système de défense du Dôme de fer, tandis que le reste n’était pas parvenu à franchir la frontière et avait atterri en Syrie. En réponse à l’attaque, Israël a effectué des dizaines de raids contre des cibles iraniennes en Syrie, frappant approximativement 50 positions.

Dans son discours, Pompeo a affirmé que l’Iran avait pu faire des avancées à travers le Moyen-Orient précisément grâce à l’accord sur le nucléaire, qui avait vu l’Occident lever les sanctions contre Téhéran en échange de la limitation de son programme nucléaire.

“Qassem Soleimani a joué avec l’argent de la maison qui est devenu l’argent du sang. La richesse créée par l’Occident a permis d’alimenter ses campagnes », a-t-il dit.

Le commandant des forces Al-Qods des Gardiens de la Révolution islamique, Qassem Soleimani (Crédit : YouTube/BBC Newsnight)

« Nous appliquerons une pression financière sans précédent sur le régime iranien », a déclaré Pompeo à la Heritage Foundation, un think-tank conservateur dans la capitale de la nation, dans son tout premier discours majeur soulignant la stratégie de Washington pour entraver les ambitions nucléaires iraniennes et le comportement régional « malveillant » de l’Iran.

« La portée des sanctions ne fera que devenir plus douloureuse si le régime ne change pas le cours du chemin inacceptable et improductif qu’il a choisi pour lui-même et pour la population de l’Iran », a-t-il ajouté.

« Les sanctions reprennent leur plein effet et de nouvelles arrivent », a-t-il averti. « Le régime iranien devrait savoir que ce n’est que le commencement ».

Le nouveau secrétaire d’Etat désigné par le président américain Donald Trump a également fait allusion à la possibilité d’une action militaire, si les leaders iraniens venaient à reconstituer leur programme nucléaire.

« S’ils reprennent leur programme nucléaire, ils auront de gros problèmes, de problèmes plus gros que jamais », a-t-il dit. Pompeo a également menacé « d’écraser » les mandataires terroristes de l’Iran dans le monde entier ».

Pompeo a demandé que l’Iran avoue tous ses ouvrages nucléaires passés, que le pays mette un terme à son enrichissement de l’uranium, qu’il fournisse à l’Agence de l’énergie atomique internationale un « accès sans restriction à tous les sites à travers tout le pays », qu’il arrête le développement et les tests des missiles balistiques, qu’il ôte son soutien aux groupes terroristes du Moyen-Orient et qu’il respecte la souveraineté du gouvernement irakien.

Mohammad Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères, pendant une réunion de l’Organisation de la coopération islamique à Istanbul, le 1er août 2017. (Crédit : Ozan Kose/AFP)

Le site d’information iranien ILNA a également transmis une déclaration lundi, émanant du ministère des Affaires étrangères de Téhéran, qui disait que le discours de Pompeo révélait « l’intelligence médiocre, le contrôle médiocre, l’obscurantisme analytique et la confusion régnant dans les processus décisionnaires aux Etats-Unis ».

Les Etats-Unis, poursuivait la déclaration, n’ont « pas le droit » de dire à l’Iran quelles politiques ils devraient accepter dans leur propre région, dans la mesure où « tous les problèmes que doit affronter le Moyen-Orient… émanent de l’interférence et de l’ingérence de Washington et des gouvernements dictatoriaux médiévaux de ses alliés ».

L’Iran, par comparaison, apporte des « mesures stabilisantes et antiterroristes » dans la région et dans le monde.

Le communiqué disait que Téhéran considérait les « remarques sans gêne » de Pompeo comme une « grosse interférence dans ses affaires domestiques et une menace illégale contre un membre des Nations unies ».

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