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Pour Amnesty International, « boycotter Israël est légitime »

Jérusalem a dressé une liste noire d'ONG accusées d'entretenir la "haine d'Israël" et donc interdites de territoires

Illustration : Une manifestation de BDS contre Israël à Barcelone, en juin 2014 (Capture d'écran : YouTube)
Illustration : Une manifestation de BDS contre Israël à Barcelone, en juin 2014 (Capture d'écran : YouTube)

Le ministère des Affaires stratégiques, sous le contrôle de Gilad Erdan, a publié début janvier une liste d’organisations qui, selon lui, font la promotion du boycott d’Israël, et coopérera avec le ministère de l’Intérieur pour bloquer l’entrée des membres de ces groupes dans le pays, a fait savoir la chaîne Hadashot.

Cette liste noire comprend environ 20 groupes qui, selon le ministère, appartiennent au mouvement BDS (Boycott, Divestment, and Sanctions) et qui travaillent en permanence et ouvertement à délégitimer Israël.

Pour l’ONG Amnesty International, cette interdiction de territoire, est une « nouvelle atteinte flagrante au droit et à la liberté d’expression et d’association des défenseurs des droits humain en Israël, » rapporte le journal suisse Le Courrier.

Amnesty International « n’a jamais appelé au boycott citoyen, précise Nicolas Krameyer, responsable du programme Libertés chez Amnesty France, au même journal, pas même contre l’Afrique du Sud de l’apartheid. Non qu’elle se l’interdit dans le futur, mais « c’est une arme à utiliser avec précaution », tempère-t-il. Elle est, selon lui, « légitime dans le cas de l’Etat d’Israël qui se livre à des violations généralisées des droits humains dans les Territoires occupé. »

Du côté israélien, le mouvement BDS est considéré comme le cache-nez de personnes aux opinions anti-sionistes radicales.

« Le mouvement BDS contribue à augmenter la haine et symbolise tout ce qui est opposé au dialogue, au débat et au progrès », avait déclaré M. Rivlin, selon un communiqué de la présidence israélienne, suite à la publication de la liste des organisations interdites début janvier.

En Israël, plusieurs chefs de partis d’opposition ont condamné début janvier cette interdiction de territoire. Lors de la réunion hebdomadaire de son parti, l’Union sioniste, Avi Gabbay avait déclaré que bloquer les militants du mouvement BDS « est dépourvu de toute logique ».

« Ils font des dégâts à l’étranger. Donc s’ils sont ici, ils ne peuvent pas faire les mêmes dégâts à l’étranger », a-t-il dit.

La chef du parti Hatnua, Tzipi Livni, s’est associée aux propos de Gabbay, indiquant que pour freiner le mouvement BDS, il ne fallait pas les exclure d’Israël, mais plutôt « leur permettre de venir pour qu’ils voient ce pays tel qu’il est ».

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