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Procès Netanyahu : Les avocats perdent leur sang-froid lors de l’audience

Les juges ont ordonné une brève suspension d'audience après que les avocats de la défense leur ont crié dessus, frustrés par le déroulement des enquêtes contre le Premier ministre

L'avocat du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Me Boaz Ben Zur, à gauche, et l'avocate de l'accusation, Me Yehudit Tirosh, arrivant à une audience du procès pour corruption de Netanyahu au tribunal de district de Jérusalem, le 27 décembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
L'avocat du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Me Boaz Ben Zur, à gauche, et l'avocate de l'accusation, Me Yehudit Tirosh, arrivant à une audience du procès pour corruption de Netanyahu au tribunal de district de Jérusalem, le 27 décembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Les juges ont été contraints lundi d’ajourner temporairement la première audience du procès pour corruption de Benjamin Netanyahu depuis son retour au poste de Premier ministre, après que les avocats de la défense leur ont crié dessus.

L’altercation a commencé pendant le contre-interrogatoire de l’une des enquêtrices, Polina Govzman Kariv, par l’avocat de Netanyahu, Me Boaz Ben Tzur. Ce dernier a jugé insuffisante l’une des réponses du témoin concernant sa gestion de l’interrogatoire de l’ancien directeur du ministère des Communications, Shlomo Filber, devenu témoin public.

La Procureure Yehudit Tirosh a alors défendu la gestion de l’enquête, entraînant des ricanements de la part de la défense.

« Je suis avocat depuis 25 ans et je n’ai jamais été témoin d’un comportement aussi moche », a déclaré Me Tirosh.

A LIRE – Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

« Et je n’ai jamais fait face à un acte d’accusation comme celui-ci », a déclaré Me Ben Tzur, faisant référence à l’acte d’accusation contre son client dans le cadre de l’Affaire 4 000, dans laquelle Netanyahu est accusé de corruption, de fraude et d’abus de confiance.

Selon les Procureurs, Netanyahu, qui était Premier ministre à l’époque, avait approuvé des décisions réglementaires au profit de l’actionnaire majoritaire de Bezeq, Shaul Elovitch, pour un montant de plusieurs centaines de millions de shekels. En échange, il est accusé d’avoir sollicité une couverture médiatique positive du site d’information Walla, propriété de Bezeq.

L’avocat d’Elovich, Me Jack Chen, a exigé qu’il ait également l’occasion de répondre aux commentaires de Me Tirosh, mais la juge Rivka Friedman-Feldman a refusé, disant que le contre-interrogatoire devait avancer.

Me Chen n’a pas apprécié la réponse et a commencé à crier sur le panel de trois juges, insistant pour qu’il soit autorisé à répondre.

Les avocats Me Jack Chen, à gauche, et Me Boaz Ben Tzur lors d’une audience du procès pour corruption du Premier ministre Benjamin Netanyahu, au tribunal de district de Jérusalem, le 27 décembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

« Ne nous criez pas dessus. Baissez votre ton. La Procureure a été offensée [par vos remarques] et s’est prononcée », a répondu la juge Friedman-Feldman.

« Elle est avocate depuis 25 ans et je le suis depuis 30 ans. Je n’ai jamais vu une affaire avec autant de contradictions », a rétorqué Me Chen, avant de réitérer – en hurlant – que la conduite de l’accusation était scandaleuse.

« Les deux parties ont fait des commentaires inutiles », a déclaré Friedman-Feldman.

« Non, un seul camp l’a fait ! », a répliqué Me Chen.

L’enquêtrice Polina Govzman Kariv lors d’une audience du procès pour corruption du Premier ministre Benjamin Netanyahu, au tribunal de district de Jérusalem, le 27 décembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

C’est alors que la juge Friedman-Feldman a ordonné une brève suspension de séance dans le but de faire baisser les tensions.

Les contre-interrogatoires dans l’Affaire 4 000 ont été houleux des semaines durant, l’accusation tentant de déclarer plusieurs témoins hostiles tandis que les témoins ont accusé l’accusation de les intimider et de leur forcer la main.

Netanyahu est également jugé dans deux autres affaires connues sous le nom d’Affaire 1 000 et Affaire 2 000. Il n’a cessé de clamer son innocence, affirmant que les dossiers ont été montés de toutes pièces dans le cadre d’une tentative de coup d’état politique menée par la police, les procureurs de l’État, les médias et ses adversaires de gauche.

Dimanche, la Treizième chaîne a rapporté que trois chauffeurs appartenant à l’escorte officielle du Premier ministre depuis trente ans, récemment licenciés après avoir également transporté les anciens Premiers ministres Naftali Bennett et Yair Lapid, sont prêts à comparaître comme témoins à charge dans le procès de Netanyahu.

Les chauffeurs, qui ont été limogés par Netanyahu afin de s’assurer de la loyauté de ceux qui travaillent pour lui, devraient tous bientôt témoigner devant la Cour de district de Jérusalem, a déclaré la chaîne.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, arrivant pour une audience de son procès, au tribunal de district de Jérusalem, le 31 mai 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’Affaire 1 000 porte sur des cadeaux luxueux reçus par Netanyahu et sa famille de la part d’importants hommes d’affaires. Le Premier ministre leur aurait accordé des avantages en échange.

Selon la Treizième chaîne, les trois chauffeurs qui ont été renvoyés avaient contredit le témoignage apporté par Netanyahu devant les enquêteurs sur l’origine de certains cigares onéreux.

En réponse au reportage, le bureau de Netanyahu a démenti tout lien entre le limogeage des employés et le procès.

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