Projet de loi accéléré pour dissoudre la Knesset à minuit et fixer les élections
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Projet de loi accéléré pour dissoudre la Knesset à minuit et fixer les élections

Une 3e élection nationale sans précédent en 11 mois est presque inévitable, le projet de loi fixant les prochaines élections au 2 mars devant être adopté mercredi soir

Les membres de la Knesset votent en faveur d'un projet de loi visant à accélérer la tenue d'élections pour le 2 mars 2020, lors de la Commission d'organisation de la Knesset, le 11 décembre 2019. (Knesset)
Les membres de la Knesset votent en faveur d'un projet de loi visant à accélérer la tenue d'élections pour le 2 mars 2020, lors de la Commission d'organisation de la Knesset, le 11 décembre 2019. (Knesset)

Les députés ont accéléré l’adoption d’un projet de loi mercredi pour dissoudre la Knesset et fixer de nouvelles élections au 2 mars 2020 dans une situation de blocage politique sans précédent.

En vertu des lois électorales israéliennes, le Parlement a jusqu’à mercredi à minuit pour voter pour l’un de ses membres en tant que Premier ministre ou convoquer de nouvelles élections, le troisième vote national en onze mois.

Mercredi matin, la Commission organisatrice de la Knesset a approuvé un processus législatif accéléré spécial pour le projet de loi de dissolution, permettant aux députés de tenir en une seule journée les quatre votes requis en séance plénière et le processus d’amendement des commissions.

Peu de temps après, le projet de loi a été adopté en première lecture en séance plénière.

Sauf annonce inattendue d’une percée de la coalition, le projet de loi devrait être adopté mercredi soir, marquant la fin ignominieuse de l’éphémère 22e Knesset et ce dont on peut se souvenir comme l’année la plus dysfonctionnelle de l’histoire politique israélienne.

Le projet de loi modifie également la date des prochaines élections. La loi électorale exige que l’élection ait lieu 90 jours après l’adoption de la date limite du 11 décembre pour former un gouvernement, soit le 10 mars. Mais ce jour correspondant à la fête juive de Pourim, le nouveau projet de loi prévoit que le vote pour la 23e Knesset aura lieu un peu plus d’une semaine plus tôt, le 2 mars.

Les députés du parti Kakhol lavan, Avi Nissenkorn (à gauche) et Gabi Ashkenazi lors d’une réunion de faction à la Knesset, le 25 novembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Le projet de loi est maintenant présenté à l’assemblée plénière de la Knesset, où les députés prendront la parole pendant plusieurs heures. Ils voteront ensuite quatre fois pour faire adopter le projet de loi, les débats étant autorisés entre les votes. Le tout doit être adopté avant la date limite de minuit.

Le projet de loi a été rédigé et présenté à la Knesset mardi par les parlementaires du parti Kakhol lavan Avi Nissenkorn, Meir Cohen et Tzvi Hauser, ainsi que les députés Miki Zohar et Shlomo Karai du Likud.

« Ce ne sont pas les projets de loi que j’espérais présenter en tant que représentant public, et j’espère toujours que nous pourrons les retirer demain avant minuit et annoncer l’établissement d’un large gouvernement d’unité », avait déclaré mardi Nissenkorn, qui avait également coparrainé la dissolution de la 21e Knesset en juin, deux mois seulement après son premier mandat de député.

Après le dépôt du projet de loi, le chef de Kakhol lavan, Benny Gantz, a déclaré mardi qu’il était encore temps d’éviter des élections « coûteuses et inutiles ». Il a déclaré que son parti « faisait tous les efforts possibles » pour former un gouvernement sans renoncer à ses principes.

Il a également appelé le Premier ministre Benjamin Netanyahu du Likud à annoncer qu’il ne demanderait pas l’immunité parlementaire dans les affaires de corruption contre lui, une demande clé de Kakhol lavan pour entrer dans un gouvernement dirigé par Netanyahu.

Le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, assiste à une discussion de la Commission de la défense et des affaires étrangères à la Knesset, le 9 décembre 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

« Comme vous l’aviez promis avant les élections précédentes, ne vous cachez pas derrière l’immunité parlementaire et allez défendre votre innocence devant les tribunaux », a tancé Benny Gantz dans une déclaration vidéo. « Vous avez le droit de vous défendre, mais vous ne devez pas faire de la Knesset un refuge pour les criminels. »

« Faites-le pour que nous puissions trouver une solution et former un gouvernement », a-t-il ajouté.

Netanyahu a répondu mardi en accusant son rival de « girouette ».

Les élections d’avril 2019 sont entrées dans l’histoire politique israélienne en devenant, à la fin du mois de mai, les premières élections du pays à ne pas donner lieu à la formation d’un gouvernement. Netanyahu et Gantz ne sont ensuite pas parvenus à former une coalition à la suite du scrutin ultérieur, en septembre.

Ni Kakhol lavan ni le Likud ne disposent de suffisamment d’alliés pour former un gouvernement sans l’autre ni le soutien du parti Yisrael Beytenu, mais les deux partis n’ont réalisé aucun progrès dans leurs efforts d’unité.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (C) s’exprime lors d’une réunion de faction du Likud à la Knesset à Jérusalem,le 20 novembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Un sondage effectué mardi a montré que Kakhol lavan avait pris de l’avance sur le Likud, augmentant ainsi son avance actuelle d’un siège à quatre sièges – 37 sièges contre 33 pour le Likud dans une Knesset qui en compte 120.

Pendant ce temps, le bloc de partis de droite et ultra-orthodoxes, qui soutient Netanyahu, devrait perdre trois sièges, selon le sondage de la Treizième chaîne, passant de 55 actuellement à 52.

Le sondage a révélé que le Likud tomberait encore plus bas si le parti abandonnait Netanyahu en faveur de son principal rival, le député Gideon Saar.

Lorsqu’on leur a demandé à qui ils attribuaient la tenue attendue de troisièmes élections, 41 % des répondants ont blâmé Netanyahu, suivi d’Avigdor Liberman, le leader de Yisrael Beytenu, pour 26 % d’entre eux, et Gantz pour seulement 5 % des sondés. Vingt-trois pour cent estiment que « tout le monde est également responsable. »

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