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#nobusinessasusual

Report d’un forum économique Europe-Iran après l’exécution de l’opposant Zam

Dans un tweet, le ministère des Affaires étrangères français a justifié ce boycott par "l'exécution barbare et inacceptable" de Rouhollah Zam

Le journaliste Ruhollah Zam s'exprime lors de son procès au Tribunal révolutionnaire, à Téhéran, en Iran, le 2 juin 2020. (Crédit ; Ali Shirband/Mizan News Agency via AP)
Le journaliste Ruhollah Zam s'exprime lors de son procès au Tribunal révolutionnaire, à Téhéran, en Iran, le 2 juin 2020. (Crédit ; Ali Shirband/Mizan News Agency via AP)

Un important forum économique Europe-Iran qui devait débuter lundi a été reporté par ses organisateurs après l’annonce de son boycott par plusieurs personnalités européennes, en protestation contre la pendaison durant le week-end de l’opposant Rouhollah Zam.

L’évènement « Europe-Iran Business Forum » devait durer trois jours. Le ministre iranien des Affaires étrangères Javad Zarif et le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell devaient y intervenir.

Un panel d’ambassadeurs européens était également invité.

La tenue du forum deux jours seulement après l’exécution de M. Zam a créé une vive polémique sur les réseaux sociaux où le hashtag #BoycottEuropeIranBusinessForum était parmi les plus populaires sur Twitter.

Le comité organisateur de ce forum virtuel, dont fait notamment partie le Centre pour le commerce international (ITC), une agence de l’OMC et de l’ONU, a « décidé de prendre la mesure exceptionnelle de reporter la conférence », a-t-il indiqué dans un communiqué.

« Les milieux d’affaires européens et iraniens continuent de voir un grand potentiel dans leurs échanges commerciaux », ajoute le comité, tout en espérant que la conférence pourra se tenir dans un futur proche.

La tenue de l’évènement avait du plomb dans l’aile après l’annonce de son boycott par les ambassadeurs français, allemand, autrichien et italien en Iran.

Dans un tweet, le ministère des Affaires étrangères français a justifié ce boycott par « l’exécution barbare et inacceptable » de M. Zam. « #nobusinessasusual », insiste le ministère dans le tweet.

Mais pour le président Hassan Rouhani, l’exécution de M. Zam ne devrait pas nuire aux relations entre l’Iran et l’UE.

« Les Européens ont toujours été sensibles à certaines choses et nous le sommes également » sur d’autres, a ajouté le président iranien : « nous aussi avons des raisons d’être mécontents à cause de choses que font des États européens ».

Il se trouve « que nous avons la peine de mort dans ce pays. C’est dans notre loi, a encore dit M. Rohani, « pourquoi réagir de la sorte a propos d’un individu ? cela ne présage rien de bon et donne une impression d’ingérence. »

Rouhollah Zam, qualifié de « journaliste et dissident » par l’ONG de défense des droits humains Amnesty International, a été pendu samedi matin en Iran.

Il avait été reconnu coupable d’avoir joué un rôle actif (par le biais de la chaîne Amadnews qu’il dirigeait sur la plateforme de messagerie cryptée Telegram) dans la contestation de l’hiver 2017-2018 en Iran, au cours de laquelle au moins 25 personnes avaient été tuées.

M. Zam avait vécu en exil plusieurs années en France où il avait le statut de réfugié, avant d’être arrêté par les Gardiens de la révolution, la puissante armée idéologique de la République islamique, dans des circonstances obscures.

A ce sujet, Michelle Bachelet a estimé qu’il existait « de sérieuses inquiétudes quant au fait que l’arrestation de Zam en dehors du territoire iranien pourrait équivaloir à un enlèvement et que son transfert ultérieur en Iran pour y être jugé n’aurait pas respecté les garanties d’une procédure régulière ».

La veille, le ministère des Affaires étrangères allemand s’était dit choqué par les circonstances autour de la condamnation de M. Zam « en particulier le kidnapping à l’étranger ».

Son arrestation avait été annoncée en octobre 2019, mais l’Iran n’a pas précisé le lieu ni la date des faits. L’ONG Reporters sans frontières a accusé le régime de Téhéran de l’avoir enlevé alors qu’il se trouvait en Irak.

Dimanche, l’Iran a convoqué les ambassadeurs d’Allemagne et de France à Téhéran pour protester contre la condamnation, la veille par l’Union européenne et Paris, de cette exécution.

La mort de Rouhollah Zam intervient à un moment où de nombreuses puissances européennes espèrent raviver l’accord sur le nucléaire iranien, profitant du départ du président américain sortant Donald Trump de la Maison Blanche début 2021.

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