Responsable palestinien : un prisonnier en grève de la faim au seuil de la mort
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Responsable palestinien : un prisonnier en grève de la faim au seuil de la mort

L’hôpital affirme que Bilal Kayed n’est pas en danger immédiat et que son état est ‘satisfaisant’

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Des activistes palestiniens du Front populaire de libération de la Palestine manifestent contre la détention par Israël de Bilal Kayed, membre du Front en grève de la faim, à Naplouse, en Cisjordanie, le 29 juillet 2016. (Crédit : AFP/Jaafar Ashtiyeh)
Des activistes palestiniens du Front populaire de libération de la Palestine manifestent contre la détention par Israël de Bilal Kayed, membre du Front en grève de la faim, à Naplouse, en Cisjordanie, le 29 juillet 2016. (Crédit : AFP/Jaafar Ashtiyeh)

Le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne (AP) a prévenu mardi qu’un prisonnier en grève de la faim détenu par Israël dans le cadre d’une détention administrative a connu une détérioration de son état de santé, les médecins affirmant qu’il pouvait faire face à une « mort subite ». L’hôpital israélien où il est soigné a cependant souligné que son état de santé était « satisfaisant ».

Bilat Kayed refuse de manger depuis 50 jours, quand il a été placé en détention administrative juste après avoir terminé une peine de prison de 14 ans.

Dans un communiqué, le ministère a déclaré que son directeur, Kamal al-Shakhra, accompagné d’une équipe médicale, a rendu visite à Kayed au centre médical Barzilai d’Ashkelon, où il est détenu, a annoncé l’agence de presse Maan.

Le prisonnier, qui serait menotté à son lit d’hôpital, souffre d’une « faiblesse sévère, de problèmes de vision, d’une infection pulmonaire, de complications cardiaques, et d’une rapide perte de poids », a annoncé le ministère.

Barzilai Medical Center, Ashkelon (photo credit: Tsafrir Abayovr/Flash90)
Le centre médical Barzilai à Ashkelon. (Crédit : Tsafrir Abayovr/Flash90)

Il prend de l’eau, des sels et des vitamines parce que les médecins ont envisagé la possibilité d’une « mort subite », selon l’article.

Mais l’hôpital Barzilai a démenti ces informations. Son porte-parole a déclaré au Times of Israël que le ministre palestinien de la Santé avait effectivement rendu visite à Kayed, mais que l’état de santé du prisonnier était « satisfaisant ».

D’autre part, la Liste arabe unie a déclaré que Kayed pourrait bientôt mettre fin à son jeûne, quand il a été appris que l’ordre de détention contre lui était plus court de plusieurs mois à ce qui était pensé.

Le parti a déclaré dans un communiqué que son député, Youssef Jabareen, avait envoyé une demande au ministre de la Défense Avigdor Liberman, pour lui demander si Kayed serait libéré la semaine prochaine.

Le vice-ministre de la Défense Eli Ben Dahan a répondu, disant qu’il avait été informé mardi soir que l’ordre de détention administrative expirait le 12 août.

« Si le sujet concernant la fin de l’ordre de détention est avéré, le prisonnier devrait mettre fin à sa grève de la faim puisque jusqu’à présent il a été dit qu’il s’agissait d’un ordre de détention administrative de six mois, jusqu’au 12 décembre », a déclaré la Liste arabe unie.

Youssef Jabareen, député de la Liste arabe unie , le 9 juin 2015. (Crédit : Elhanan Miller/Times of Israel)
Youssef Jabareen, député de la Liste arabe unie , le 9 juin 2015. (Crédit : Elhanan Miller/Times of Israel)

Kayed a purgé une peine de 14 ans et demi de prison pour ses activités au sein du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), classée comme organisation terroriste par Israël, l’Union européenne et les Etats-Unis, et devait sortir de prison le 15 juin.

Mais ce jour-là, les autorités israéliennes ont décidé de le placer en détention administrative, le poussant à commencer sa grève de la faim.

Le ministère de la santé de l’AP a appelé la communauté internationale à intervenir et à demander la libération de Kayed.

La semaine dernière, une centaine de prisonniers palestiniens sécuritaires ont entamé une grève de la faim dans les prisons israéliennes, selon les médias palestiniens. Les détenus ont lancé ce jeûne en solidarité avec Kayed et deux autres prisonniers en détention administrative, Muhammad et Mahmud al-Balboul, avait annoncé Maan.

Le service des prisons israélien a travaillé pour mettre fin à ces grèves de la faim, sanctionnant les prisonniers avec des amendes de 600 shekels (142 euros) et en les plaçant à l’isolement, empêchant les membres de leur famille de leur rendre visite, selon l’article.

La détention administrative permet aux autorités de détenir un suspect sans lui notifier d’inculpation pendant six mois renouvelables indéfiniment, tout en continuant à rassembler des preuves, dans le but d’empêcher des attaques supplémentaires en temps de guerre. Cette mesure a été dénoncée par les Palestiniens, les ONG de défense des droits de l’Homme et les membres de la communauté internationale.

Sur les plus de 7 500 Palestiniens actuellement emprisonnés en Israël, environ 700 sont en détention administrative, selon des associations palestiniennes.

Les Palestiniens entament fréquemment des grèves de la faim pour dénoncer cette forme de détention ou leurs conditions d’emprisonnement.

L’AFP a contribué à cet article.

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