RSF critique Israël pour avoir blessé des journalistes palestiniens
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RSF critique Israël pour avoir blessé des journalistes palestiniens

Reporter sans frontières condamne "le ciblage délibéré de journalistes par l'armée israélienne à Gaza et en Cisjordanie

Des journalistes palestiniens participent à une manifestation après la mort d'un de leur confrère journaliste Yaser Murtaja, à proximité de la frontière entre Israël et Gaza, à Rafah dans le sud de la bande de Gaza, le 8 avril 2018. (AFP PHOTO / SAID KHATIB)
Des journalistes palestiniens participent à une manifestation après la mort d'un de leur confrère journaliste Yaser Murtaja, à proximité de la frontière entre Israël et Gaza, à Rafah dans le sud de la bande de Gaza, le 8 avril 2018. (AFP PHOTO / SAID KHATIB)

Cette semaine, le groupe de défense des droits de la presse Reporter sans frontières (RSF) a critiqué Israël après que cinq journalistes palestiniens ont été blessés alors qu’ils couvraient des affrontements à Gaza et en Cisjordanie sur une période quatre jours.

Citant l’organisation palestinienne MADA, l’ONG basée à Paris a annoncé que Safinaz Al-Luh de l’agence de presse Hanthala et que Sami Misran de la chaîne Al-Aqsa Tv ont été blessés quand des soldats israéliens auraient ouvert le feu sur eux alors qu’ils filmaient un manifestant blessé à Gaza le 19 juillet. Misran aurait perdu l’usage d’un oeil. Les deux hommes portaient des vestes avec l’inscription « Press ».

« Tirer sur des journalistes alors qu’ils sont clairement identifiables indique une volonté délibérée de cibler la presse et d’entraver leur travail, a déclaré RSF dans un communiqué. L’armée israélienne doit cesser de cibler des journalistes, qui sont protégés par le droit international quand ils font leur travail de journalistes ».

Al-Aqsa Tv a été désigné comme une organisation terroriste par le Trésor américain en 2010 à cause de ses liens avec le Hamas. Plus tôt cette année, le service de sécurité du Shin Bet a accusé la chaîne et ses journalistes basés à Gaza d’agir comme des agents de l’aile armée du groupe terroriste du Hamas pour recruter des jeunes Palestiniens avec des cartes d’identité israéliennes afin de mener des attaques terroristes au sein d’Israël.

Israël a réprimé la chaîne et bombardé son siège à plusieurs occasions, entraînant la colère de groupes comme la Comité de protection des Journalistes.

Selon RSF, les journalistes Amar Arqawi de l’APA Agence et Mutasem Sqfelhait du réseau Quds ont été blessés par des grenades de gaz lacrymogène lancées par des soldats de Tsahal alors qu’ils couvraient une manifestation à proximité de Bethlehem le 20 juillet. Deux jours plus tard, Mohamed Al-Arbid a été blessé à la jambe alors qu’il couvrait une manifestation palestinienne dans la bande de Gaza

Des manifestants palestiniens fuient les grenades lacrymogènes tirées par les forces israéliennes lors d’affrontements au milieu d’une manifestation de masse marquant le premier anniversaire de la Marche du retour, près de la frontière avec Israël à l’est de la ville de Gaza, le 30 mars 2019. (Mahmud Hams/AFP)

Dix journalistes ont été blessés depuis que les Palestiniens ont commencé leurs manifestations hebdomadaires violentes appelées la Marche du Retour dans la bande de Gaza en mars de l’année dernière, a précisé le groupe.

Mercredi, Tsahal a dit qu’il ne ciblait pas de journalistes.

« En réponse à votre question – Tsahal n’a absolument aucune politique visant à faire du mal aux journalistes, ni ces quatre derniers jours, ni jamais », a déclaré l’armée.

En 2018, les journalistes Yosef Murtaja et Ahmed Abu Hussein ont été tués en couvrant les manifestations et en participant aux affrontements. Après leurs morts, RSF avait appelé la Cour pénale internationale à lancer des enquêtes pour crime de guerre « sur les crimes de guerre [commis] par Tsahal ».

Avidgor Liberman, alors ministre de la Défense, avait accusé Murtaja d’être un membre du Hamas qui utilisait son travail de photographe comme couverture pour obtenir des images de drone de positions de Tsahal, sans fournir de preuves là-dessus.

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