Rechercher

Ryad défend sa politique pétrolière face aux critiques américaines

Le 5 octobre, l'Opep+ a décidé de sabrer ses quotas de production afin de soutenir les prix du brut, laissant Moscou vendre ses hydrocarbures

Le président américain Joe Biden et le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. (Crédit : Collage/AP)
Le président américain Joe Biden et le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. (Crédit : Collage/AP)

L’Arabie saoudite a de nouveau défendu la décision « purement économique » des pays exportateurs de pétrole de réduire la production, se disant « stupéfaite » des accusations de connivence politique avec la Russie, venant surtout du puissant partenaire américain.

Le 5 octobre, l’Opep+ – les 13 membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) menés par l’Arabie saoudite et leurs 10 partenaires conduits par la Russie – a décidé de sabrer ses quotas de production, afin de soutenir les prix du brut qui étaient en train de baisser.

Une augmentation des cours aiderait aussi à garnir les caisses de la Russie, qui compte sur ses ventes d’hydrocarbures pour financer sa guerre en Ukraine, pays qu’elle a envahi en février.

Les Etats-Unis ont averti qu’il y aurait des « conséquences » à la décision de l’Opep+ et a reproché aux Saoudiens de fournir ainsi à la Russie un « soutien économique » mais aussi « moral et militaire ».

« Nous sommes stupéfaits par les accusations selon lesquelles le royaume se tient aux côtés de la Russie dans sa guerre contre l’Ukraine », a écrit dimanche soir sur Twitter le ministre saoudien de la Défense, Khaled ben Salmane.

Selon lui, la décision de l’Opep+ « a été prise à l’unanimité » et pour des « raisons purement économiques ».

« L’Iran est également membre de l’Opep, cela signifie-t-il que le royaume se range également du côté de l’Iran ? », a-t-il ironisé. Téhéran et Ryad sont les deux grands rivaux du Moyen-Orient.

Le vice-président américain Joe Biden, à droite, présente ses condoléances au roi Salmane Ben Abdel Aziz à l’occasion du décès de son frère, le prince héritier saoudien Sultan ben Abdul-Aziz Al Saoud, au palais Prince Sultan à Riyad, en Arabie Saoudite, le 27 octobre 2011. (Crédit: AP Photo/Hassan Ammar, File)

Le roi Salmane lui-même a défendu la « stratégie énergétique » de son pays et son « rôle central » au sein de l’Opep+, lors d’une allocution dimanche soir, diffusée par les médias officiels.

Il a souligné qu’il s’agissait de « soutenir la stabilité et l’équilibre des marchés mondiaux ».

Interrogé lundi sur CNN, le porte-parole de l’ambassade saoudienne à Washington, Fahad Nazer, a également souligné le caractère économique de la décision du cartel, dictée « strictement par les fondamentaux du marché ».

Le diplomate saoudien a souligné l’importance des relations saoudo-américaines, rappelant que les deux pays avaient coopéré pour repousser l’invasion irakienne du Koweït en 1990 et, plus récemment, pour combattre le groupe jihadiste de l’Etat islamique.

Une flamme de gaz à proximité de l’usine de traitement de pétrole Khurais dans une zone où des opérations sont élargies, à environ 95 kilomètres au sud est de Riyad, en Arabie saoudite, le 23 juin 2008 (AP Photo/Hasan Jamali)

« Nous considérons certainement les Etats-Unis comme notre partenaire le plus solide. Cela est le cas depuis 80 ans », a déclaré Fahad Nazer. « Et c’est de loin notre partenariat stratégique le plus important », a-t-il ajouté.

Partenaires des Etats-Unis et proches alliés de l’Arabie saoudite dans le Golfe, Bahreïn et les Emirats arabes unis ont également défendu la décision de l’Opep+.

Le conseiller à la Sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan, a annoncé dimanche sur CNN que le président américain Joe Biden n’avait « aucune intention » de rencontrer le prince héritier Mohammed ben Salmane, dirigeant de facto de l’Arabie saoudite, au sommet du G20 en novembre en Indonésie.

Selon lui, M. Biden veut « réévaluer » les relations avec les Saoudiens « parce qu’ils ont pris le parti de la Russie contre les intérêts du peuple américain ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...