Israël en guerre - Jour 138

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Ryad se satisfera d’un simple engagement en faveur de la création d’un État palestinien – sources

Le royaume est inquiet à l'idée de voir se fermer sa fenêtre de négociation avec les Américains sur d'éventuelles garanties sécuritaires

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken, à droite, rencontre le ministre saoudien de la Défense Khalid bin Salman, le mercredi 1er novembre 2023, au département d'État à Washington. (Crédit : AP Photo/Jacquelyn Martin)
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken, à droite, rencontre le ministre saoudien de la Défense Khalid bin Salman, le mercredi 1er novembre 2023, au département d'État à Washington. (Crédit : AP Photo/Jacquelyn Martin)

L’Arabie saoudite serait favorable à un engagement de la part d’Israël en faveur de la création d’un État palestinien. Et elle y serait davantage qu’à des initiatives concrètes dans le cadre d’un accord de normalisation avec Jérusalem, alors que le royaume tente de faire approuver un pacte de défense avec Washington avant les prochaines élections présidentielles, ont confié vendredi des sources à l’agence de presse Reuters.

Ryad veut assurer sa sécurité dans un accord tripartite pour contrecarrer les menaces en provenance de son rival iranien et faire avancer ses plans ambitieux qui consistent à transformer son économie et à attirer les investissements étrangers, a signalé l’agence de presse Reuters qui a cité deux sources régionales qui se sont exprimées sous couvert d’anonymat.

Pour avoir une marge de manœuvre dans les pourparlers portant sur la reconnaissance d’Israël et pour que le traité que les Saoudiens veulent conclure avec les États-Unis puisse être à nouveau d’actualité, des responsables du royaume ont indiqué à leurs homologues américains que Ryad n’insisterait pas sur la nécessité, pour Israël, de prendre des initiatives concrètes en vue d’un État palestinien et que le royaume se contentera d’un engagement politique en faveur d’une solution à deux États, ont fait savoir deux sources de premier plan.

Le Washington Post avait fait savoir, vendredi, que les États-Unis avaient indiqué à Israël que l’accord avec l’Arabie saoudite devait impérativement avancer dans les deux prochains moins dans la mesure où le prince saoudien, Mohammed ben Salman, demandait un traité similaire à celui qui lie les pays de l’OTAN, ce qui nécessitera probablement une ratification du sénat. Sans concrétisation de ce projet avant le mois de juin, l’initiative risque de se faire supplanter par la campagne électorale alors que les élections présidentielles aux États-Unis sont prévues en novembre.

En plus de garanties sécuritaires contraignantes de la part des États-Unis, l’Arabie saoudite cherche également à pouvoir accéder à des équipements militaires américains de pointe et à obtenir le soutien de Washington pour un programme nucléaire à des fins civiles, selon des officiels arabes et américains. Les analystes estiment que l’Arabie saoudite est déterminée à conclure un accord avant les élections parce que si le président américain Joe Biden venait ne pas à être réélu, il serait moins probable que les Démocrates acceptent de ratifier un accord signé par une Maison Blanche qui serait alors dirigée par des Républicains.

Le mois dernier, deux hauts-responsables américains et un diplomate arabe de premier plan avaient indiqué au Times of Israel que les intérêts – au sens large – des pays impliqués n’avaient pas changé depuis l’attaque du 7 octobre mais que le prix en matière de « composante palestinienne significative » figurant dans l’accord était devenu plus élevé.

Alors que le royaume avait demandé à l’État juif, avant la guerre, de prendre des initiatives limitées pour maintenir la solution à deux États en vie, les hauts-responsables avaient expliqué que dorénavant, un engagement solennel devait être pris vers l’établissement irréversible d’un État palestinien, en plus d’accepter le retour de l’Autorité palestinienne (AP) au pouvoir à Gaza. Une perspective que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rejetée avec véhémence au cours de ces derniers mois.

Sur cette photo publiée par le palais royal saoudien, le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman, à droite, accueille le président américain Joe Biden au palais Al-Salam à Djeddah, en Arabie saoudite, le 15 juillet 2022. (Crédit : Bandar Aljaloud/Palais royal saoudien/AP)

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken avait dit à Netanyahu pendant une visite à Tel Aviv, le mois dernier, que des acteurs arabes étaient désireux de participer à la reconstruction de Gaza et que l’Arabie saoudite souhaitait normaliser ses relations avec Israël si l’État juif, de son côté, prenait des initiatives susceptibles d’offrir un nouvel horizon politique aux Palestiniens, avait confié un responsable israélien qui avait ajouté que Netanyahu n’avait pas semblé ouvert à cette proposition.

Le Premier ministre avait ultérieurement fait savoir qu’il avait rejeté « la tentative de la part des Américains de nous imposer une réalité qui nous mettra en danger », estimant qu’il « ne fera aucun compromis sur un contrôle sécuritaire israélien plein et entier sur tout le territoire situé à l’Ouest du fleuve Jourdain ».

Alors qu’une telle perspective ne laisserait aucune place à un État palestinien pleinement souverain, le président de l’AP Mahmoud Abbas et les administrations américaines successives ont indiqué que l’État palestinien qu’ils appelaient de leurs vœux serait démilitarisé.

Pour sa part, le chef de la diplomatie saoudienne Fayçal ben Farhan avait déclaré, le mois dernier, que Ryad ne normaliserait pas ses relations avec Israël et ne contribuerait pas à la reconstruction de Gaza sans une garantie crédible vers un État palestinien.

Des enfants au sommet d’une petite colline près de tentes dans un abri de fortune pour les Palestiniens qui ont fui dans le cadre du conflit actuel entre Israël et le Hamas à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 30 janvier 2024. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Blinken doit revenir en Israël dimanche et il devrait encore évoquer la question des négociations sur la normalisation des liens entre l’Arabie saoudite et Israël avec Netanyahu.

Son déplacement survient quelques jours après des informations qui ont laissé entendre que les États-Unis réfléchissaient à reconnaître un État palestinien, de manière unilatérale, et que le ministre des Affaires étrangères David Cameron avait annoncé que Londres envisageait de faire la même chose.

Au début de la semaine, le ministre des Affaires stratégiques Ron Dermer avait rencontré de hauts-responsables de l’administration à Washington. Il leur avait fait savoir que Netanyahu était prêt à s’engager à offrir un horizon politique aux Palestiniens mais qu’il n’accepterait pas de pourparlers sur un État palestinien démilitarisé, a fait savoir la Douzième chaîne vendredi, sans citer ses sources.

Expliquant l’approche de l’Arabie saoudite face à la composante palestinienne des négociations, Hussein Ibish, chercheur au sein de l’Arab Gulf States Institute à Washington, explique qu’avant le 7 octobre, « il était considéré comme suffisant, pour l’Arabie saoudite, de voir Israël s’impliquer dans une forme ou une autre de négociations nationales avec l’OLP pour le compte des Palestiniens ou de voir un soutien apporté par Israël à l’Autorité palestinienne – mais sans nécessairement aller vers la reconnaissance définitive d’un État palestinien, avec l’acceptation irrévocable du principe de cet état. »

Depuis que la guerre a éclaté, malgré tout, les exigences concernant la composante palestinienne de l’accord de normalisation se sont renforcées. « Personne n’attend sérieusement d’Israël un retrait unilatéral de la Cisjordanie ou la reconnaissance d’un État palestinien qui n’existe pas encore. Ce qu’il faut, c’est qu’Israël reconnaisse le droit des Palestiniens à avoir un État et qu’Israël reconnaisse la nécessité d’un État palestinien », continue Ibish.

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