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Santé numérique en Israël: 19 projets pour un montant de 100 millions de shekels

Les établissements de santé seront autorisés à partager des données médicales anonymes avec des start-ups dans le but d'améliorer les soins

Ricky Ben-David est journaliste au Times of Israël

Illustration : Une infirmière se tient dans l'unité de soins intensifs pour enfants pour les patients atteints de coronavirus à l'hôpital Hadassah Ein Kerem de Jérusalem, le 22 janvier 2020. (Autorisation : Hôpital Hadassah Ein Kerem)
Illustration : Une infirmière se tient dans l'unité de soins intensifs pour enfants pour les patients atteints de coronavirus à l'hôpital Hadassah Ein Kerem de Jérusalem, le 22 janvier 2020. (Autorisation : Hôpital Hadassah Ein Kerem)

Israël a sélectionné 19 programmes dans le cadre d’une nouvelle initiative de santé numérique qui permettra aux organismes de santé, tels que les caisses de santé, les hôpitaux et instituts, de mettre en place l’infrastructure numérique nécessaire au partage de données anonymes et aux collaborations en matière de recherche et développement avec des start-ups du secteur de la santé.

Les établissements de santé participants ont été chargés de présenter des propositions en vue de créer ou d’étoffer des unités spécialisées dans les projets de coopération avec l’industrie des technologies de la santé. Ces dernières devraient permettre aux entreprises et centres de recherche d’exploiter une mine de données médicales à des fins de compréhension, d’analyse, de validation et d’essais.

L’initiative est financée, à hauteur de 100 millions de shekels sur trois ans, par le budget du plan national de santé numérique, qui relève actuellement du ministère de l’économie, du ministère de la santé et de l’Autorité israélienne de l’innovation.

Parmi les 19 programmes (sur 30) sélectionnés par les autorités figurent une proposition de cinq établissements hospitaliers israéliens – Tel Hashomer, Hadassah, Rambam, Assuta et Rabin – visant à établir l’infrastructure numérique de partage des tests cliniques, une proposition de l’hôpital d’Assuta visant à mettre à disposition des vidéos d’endoscopies pour la recherche et développement et une proposition de collaboration entre l’hôpital Mayanei HaYeshua de Bnei Brak et l’Institut de technologie de Holon, visant à rendre accessibles des données sur la santé mentale et les sages-femmes.

Le programme devrait « accroître considérablement la gamme et la qualité des partenariats avec les entreprises et les startups, tout en répondant aux besoins de recherche et développement et d’innovation dans ce domaine », a précisé l’Autorité israélienne de l’innovation dans un communiqué, lundi.

Les programmes sélectionnés ont obtenu une subvention initiale de 40 millions de shekels pour un an, et pourront de nouveau soumettre leur candidature l’an prochain, pour un financement complémentaire pouvant aller jusqu’à trois ans.

Le PDG de l’Autorité israélienne de l’innovation, Dror Bin, a déclaré qu’Israël devait « créer des partenariats efficaces, à des coûts compétitifs » afin de  » développer des services de santé innovants au sein du système de santé israélien, et permettre le développement de l’industrie. »

“Les bases de données existantes dans le système de santé sont parmi les meilleures au monde en termes d’étendue, et les rendre accessibles aux [entités] industrielles permettra de grandes innovations israéliennes dans le domaine de la technologie de la santé », a déclaré Bin.

Les quatre caisses de santé d’Israël – Maccabi, Clalit, Meuhedet et Leumit – ont passé vingt ans à constituer des bases de données de dossiers médicaux numérisés, couvrant les dossiers de plus de 98 % de la population. Sur la base de cet « énorme atout », le gouvernement israélien a lancé en 2018 un programme national de santé numérique d’un milliard de shekels pour créer une base de données numérique des dossiers médicaux et la mettre à la disposition des chercheurs et des entreprises.

L’objectif du programme de santé numérique, a indiqué Aviv Zeevi, vice-président de la division de l’infrastructure technologique à l’Autorité israélienne de l’innovation, est de « créer une norme internationale pour le partage des données médicales comme le SEER [ programme américain qui fournit des informations sur les statistiques du cancer ] et pour construire des API [interfaces de programmation d’applications, logiciels qui connectent appareils et programmes] permettant aux établissements de santé de travailler avec les données. Cela permettra également aux entreprises d’obtenir des données de différents HMO et autres, sur la base de la même structure. »

L’idée générale est de fournir de meilleurs soins de santé, trouver des solutions pour les systèmes de santé et améliorer la santé publique, a-t-il expliqué.

Israël compte plus de 1 500 entreprises dans le secteur des sciences de la vie, généralement divisé en quatre sous-secteurs : santé numérique, dispositifs médicaux, biotechnologie et thérapeutique pharmaceutique.

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