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Scandale d’espionnage Pegasus : un juge va auditionner deux ministres espagnols

Le magistrat "a décidé d'entendre, en qualité de témoins, les ministres de l'Intérieur et de la Défense dans le dossier de l'infection de leurs mobiles" par le logiciel israélien

Cette illustration photographique de studio montre un smartphone avec le site web du groupe israélien NSO qui comporte le logiciel espion "Pegasus", exposé à Paris, le 21 juillet 2021. (Joel Saget/AFP)
Cette illustration photographique de studio montre un smartphone avec le site web du groupe israélien NSO qui comporte le logiciel espion "Pegasus", exposé à Paris, le 21 juillet 2021. (Joel Saget/AFP)

Le juge enquêtant sur l’espionnage de plusieurs membres du gouvernement espagnol, dont le Premier ministre, va interroger les ministres de l’Intérieur et de la Défense, dont les mobiles avaient été infectés par le logiciel Pegasus, a annoncé jeudi la justice.

Ce magistrat, José Luis Calama, « a décidé d’entendre, en qualité de témoins, les ministres de l’Intérieur, Fernando Grande Marlaska, et de la Défense, Margarita Robles, dans le dossier de l’infection de leurs mobiles », a indiqué le tribunal de l’Audience nationale, dont dépend ce juge.

Dans ce cadre, il va demander au gouvernement de « déclassifier » les documents ou informations « secrètes » qui « pourraient se voir affectés par ces témoignages », a ajouté le tribunal dans son communiqué.

L’enquête de ce juge a été ouverte suite au dépôt d’une plainte par le gouvernement espagnol, qui avait révélé le 2 mai que les téléphones du Premier ministre Pedro Sanchez et de la ministre de la Défense avaient été espionnés au moyen de Pegasus.

Le gouvernement, qui a indiqué par la suite que le mobile du ministre de l’Intérieur avait également été piraté, assure qu’il s’agit d’une « attaque externe », mais affirme ne pas savoir qui peut en être à l’origine.

Plusieurs médias espagnols ont évoqué une possible implication du Maroc alors qu’une grave crise diplomatique opposait les deux pays au moment des faits.

Le juge Calama a déjà auditionné le ministre de la Présidence Felix Bolaños, un proche de M. Sanchez, et a demandé aux autorités israéliennes de pouvoir interroger en Israël le patron de la société NSO ayant créé le logiciel Pegasus.

Ce scandale avait éclaté initialement mi-avril suite à la publication d’un rapport de l’organisation canadienne Citizen Lab assurant avoir identifié plus de 60 personnes de la mouvance séparatiste catalane dont les portables auraient été piratés via Pegasus.

Le gouvernement espagnol a reconnu en avoir espionné 18. Cette affaire a valu son poste à la cheffe des services de renseignement, Paz Esteban, qui a été destituée le 10 mai.

Le logiciel Pegasus, qui permet d’activer à distance les caméras et micros d’un smartphone, et NSO font l’objet de graves accusations d’espionnage à travers le monde depuis l’an dernier.

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