Rechercher

Schumer soutient les négociations avec l’Iran, souligne les « problèmes » de l’accord

Le leader de la majorité au Sénat, qui était l'un des 4 démocrates à voter contre l’accord de 2015, a fait ses premiers commentaires publics sur le sujet depuis le retrait de Trump

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le leader de la majorité au Sénat, Chuck Schumer, D-N.Y., prend la parole lors d'une conférence de presse au Capitole à Washington le 1er mars 2022. (credit: AP/Jacquelyn Martin)
Le leader de la majorité au Sénat, Chuck Schumer, D-N.Y., prend la parole lors d'une conférence de presse au Capitole à Washington le 1er mars 2022. (credit: AP/Jacquelyn Martin)

Le leader de la majorité au Sénat, Chuck Schumer, a rompu le silence qu’il avait gardé pendant longtemps concernant les efforts de l’administration Biden pour relancer l’accord sur le nucléaire iranien, en déclarant mardi que si l’accord initial comportait certains « problèmes », les négociations visant à ressusciter l’accord de 2015 étaient « positives ».

« Je pense qu’il est important d’avoir des discussions sur le sujet », a déclaré Schumer aux journalistes qui l’ont interrogé sur la question lors d’une conférence de presse au Capitole.

« L’accord avec l’Iran posait des problèmes dans sa version initiale, et beaucoup d’entre nous ont insisté dans ces discussions [pour que] l’administration Biden règle ces problèmes, mais les discussions sont importantes et positives », a-t-il ajouté.

Schumer a été l’un des quatre démocrates qui n’avaient pas soutenu le président de l’époque, Barak Obama, en votant contre l’accord sur le nucléaire iranien, officiellement appelé le Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA) lors d’un vote de procédure au Sénat.

Il avait alors fait valoir que l’Iran utiliserait l’allègement des sanctions prévu par l’accord pour poursuivre des objectifs néfastes dans toute la région.

Mais les opposants, majoritairement républicains, n’avaient pas réussi à obtenir la super-majorité nécessaire pour bloquer l’accord.

Les membres de la commission sénatoriale des affaires étrangères, de gauche à droite, les sénateurs Ben Cardin, Bob Menendez et Jim Risch, au Capitole, à Washington, le 4 août 2021. (Crédit : Amanda Andrade-Rhoades /AP)

Depuis lors, Schumer a soigneusement évité de se prononcer sur la question, sauf lorsqu’il a exprimé son opposition à la décision prise par l’ancien président Donald Trump en 2018 de se retirer du JCPOA en soutenant qu’il aurait fallu donner plus de temps pour voir si cela fonctionnait.

Lorsque le Times of Israël a contacté le leader de la majorité la semaine dernière pour s’enquérir de sa position sur la question, son bureau a refusé de faire une déclaration officielle.

Mardi, Schumer a encore évité d’élaborer sur le type d’accord qu’il serait en mesure de soutenir, mais les analystes ont noté que le leader de la majorité a évolué vers la gauche sur un certain nombre de questions, car il risque d’être contesté par un candidat plus progressiste dans une primaire démocrate.

Toutefois, si le chef de la majorité a semblé mardi offrir au président américain Joe Biden la possibilité d’obtenir son soutien, les trois autres démocrates qui ont voté contre l’accord initial auront probablement une bataille plus difficile à mener.

Le sénateur Joe Manchin a été le seul démocrate du Sénat à saluer la décision de Trump de se retirer de l’accord en 2018 et n’a pas exprimé son soutien aux pourparlers de Vienne visant à un retour conjoint des États-Unis et de l’Iran au JCPOA.

Le sénateur Bob Menendez a critiqué le retrait de Trump de l’accord et a initialement offert son soutien aux efforts de Biden à Vienne. Mais au début du mois, il a exprimé de manière cinglante son manque de confiance dans les négociations nucléaires dans un discours prononcé au Sénat.

Le sénateur Ben Cardin, qui a été le quatrième sénateur démocrate à voter contre le JCPOA, a déclaré au début du mois qu’un « mauvais accord est pire que l’absence d’accord ».

Le sénateur Joe Manchin au Capitole à Washington, jeudi 7 octobre 2021. (Crédit : Alex Brandon/AP)

Biden pourrait ne pas avoir besoin de l’approbation du Congrès si les négociations de Vienne aboutissent, car il n’est question pour les parties que de revenir à l’accord initial. Les républicains ont promis d’essayer de bloquer l’accord – qui prévoit un allègement des sanctions en échange d’une limitation du programme nucléaire iranien – si le président contourne le pouvoir législatif.

Les diplomates iraniens et les puissances mondiales se sont retrouvés lundi à Vienne pour reprendre le huitième cycle de négociations visant à relancer le JCPOA.

Les responsables affirment que les pourparlers arrivent à leur phase finale, mais on ignore combien de temps cela prendra. Les négociations ont traîné pendant des mois, ponctuées par une longue interruption l’année dernière causée par l’arrivée d’un nouveau gouvernement radical en Iran.

Les trois participants d’Europe occidentale ont averti depuis un certain temps que le temps manquait pour que les négociations aboutissent. Ils ont fait valoir que l’accord ne sera bientôt plus qu’une « coquille vide », compte tenu de l’intensification du programme nucléaire iranien.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...