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Séisme : La nouvelle envoyée d’Israël supervise l’aide apportée à la Turquie

Irit Lillian, première ambassadrice à Ankara depuis 2008, salue Israël qui est entré rapidement en contact avec les dirigeants turcs et elle note une "excellente" coordination

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

La chargée d'affaires d'Israël en Turquie, Irit Lillian. (Crédit : Ministère des Affaires étrangères)
La chargée d'affaires d'Israël en Turquie, Irit Lillian. (Crédit : Ministère des Affaires étrangères)

Alors que les équipes de secours israéliennes ont commencé leur travail dans les secteurs de la Turquie qui ont été dévastés par un tremblement de terre majeur, l’ambassadrice israélienne à Ankara estime que les liens entre les deux pays, qui ont été récemment restaurés, ont permis un déploiement rapide de l’aide apportée par l’État juif.

« Les politiques israéliens se sont engagés avec force dans leurs contacts avec leurs homologues et avec les autorités locales de la Turquie », déclare Irit Lillian au Times of Israel dans la soirée de mardi.

Lillian supervise les initiatives prises par Israël dans le sillage du tremblement de terre majeur qui a fait des milliers de morts en Turquie et en Syrie, lundi.

« Nous avons des contacts à tous les niveaux avec les autorités turques », note Lillian, s’exprimant au téléphone depuis Ankara.

Quelques heures après le séisme, le président Isaac Herzog a appelé le président turc, Recep Tayyip Erdogan et le ministre des Affaires étrangères Eli Cohen s’est entretenu avec son homologue Mevlüt Çavuşoğlu.

Le ministre de la Défense, Yoav Gallant, a discuté au téléphone avec le général turc Hulusi Akar, lui disant que « les forces de sécurité israéliennes sont sur le pont et elles sont prêtes à aider la nation turque en livrant tous les efforts qui seront nécessaires pour sauver des vies ».

Les personnels de secours russes recherchent des survivants et des victimes sous les décombres d’un immeuble de la ville de Jableh, en Syrie, après le fort tremblement de terre qui a secoué le pays, le 7 février 2023. (Crédit : AFP)

Au mois d’août de l’année dernière, Israël et la Turquie avaient annoncé le plein rétablissement de leurs relations diplomatiques. Plus de quatre ans auparavant, la Turquie avait rappelé son ambassadeur et demandé à l’envoyé israélien de quitter Ankara pour protester contre la réponse qui avait été apportée par l’État juif aux émeutes qui avaient lieu, à ce moment-là, sur la frontière avec Gaza – avec des affrontements qui avaient entraîné de dizaines de morts du côté palestinien.

Face à un isolement diplomatique et à des difficultés économiques croissants, Erdogan avait commencé à signaler qu’il était ouvert à un rapprochement entre les deux pays au mois de décembre 2020.

Au cours des deux années suivantes, les deux parties avaient prudemment tissé des liens – un processus qui a finalement atteint son point d’orgue quand Lillian a présenté sa lettre de créance à la fin du mois de décembre et que le nouvel envoyé turc Sakir Ozkan Torunlar a pris son poste à l’ambassade de Tel Aviv, deux semaines plus tard.

Le président Isaac Herzog (R) accepte les lettres de créance du nouvel ambassadeur de Turquie en Israël, Sakir Ozkan Torunlar, à Jérusalem, le 11 janvier 2023 (Crédit : Lazar Berman/Times of Israel)

Toutefois, souligne Lillian, personne n’est d’humeur à réfléchir à l’état des relations bilatérales aujourd’hui : « Dans une période de catastrophe naturelle, la politique n’a pas de rôle à tenir ».

« Tout le monde ne se focalise que sur un objectif majeur, qui est celui de sauver des vies », ajoute-t-elle.

Et Israël a déjà pris des initiatives dans ce sens. Une délégation constituée de médecins et de soldats spécialisés dans la logistique devait partir pour la Turquie dans la matinée de mercredi : elle y installera un hôpital de campagne. L’armée a annoncé que cette délégation était formée de 230 personnes environ, notamment d’experts issus des unités de recherche et de secours, de médecins militaires ou rattachés au ministère de la Santé, d’infirmiers et de personnels médicaux.

Elle viendra aussi aider les équipes du commandement du Front intérieur qui ont commencé à travailler dans le Sud-Est de la Turquie où elles tentent de retrouver et de sauver d’éventuels survivants. Tsahal a envoyé une toute première délégation de taille modeste lundi soir, et une plus importante – composée de 250 personnes – qui est partie aux premières heures de la matinée de mardi.

Les personnels militaires de Tsahal avaient sauvé quatre personnes dans la matinée de mercredi.

« C’est une région très vaste avec plusieurs millions d’habitants », souligne Lillian qui ajoute que « le temps est d’une importance déterminante ».

« La première chose que la Turquie demandait, c’était des équipements de secours, des chiens renifleurs, des spécialistes en mesure d’extraire les survivants des décombres », continue-t-elle.

Ankara demande également des couvertures et des vêtements pour aider les citoyens à vivre dans un froid hivernal particulièrement glacial.

Les autorités turques ont de grandes capacités et elles sont expérimentées, dit Lillian, dans la mesure où elles ont fait face, dans le passé, à d’autres tremblements de terre et à des catastrophes naturelles. Elles savent comment demander et rapidement obtenir une aide internationale et elles ont fermé les routes menant aux secteurs touchés de manière à permettre aux équipes d’urgence de se déplacer rapidement.

Un avion bombardier d’eau tente d’éteindre un incendie à Haïfa, le 24 novembre 2016. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Ce n’est pas la première fois que l’État juif offre une aide vitale à la Turquie. Après le séisme qui avait fait trembler Izmit, en 1999, une délégation militaire avait aussi déployé un hôpital de campagne qui avait sauvé douze personnes, effectué 40 opérations chirurgicales et qui avait aussi donné naissance à 15 bébés.

La Turquie avait aussi répondu présent quand Israël en avait eu besoin. En 2016, lorsque l’État juif luttait contre une série d’incendies majeurs, la Turquie avait envoyé un avion bombardier d’eau pour soutenir le travail des pompiers.

« Apporter son aide est naturel », dit Lillian. « Nous sommes tous des êtres humains : ce n’est pas une histoire de frontières ».

Lillian reste à Ankara pour coordonner les initiatives israéliennes de secours avec les responsables turcs dans la capitale. Elle a envoyé le chef de mission adjoint, Nadav Markman, dans les secteurs touchés par la catastrophe pour superviser les activités sur le terrain.

L’ambassadrice raconte ne pas avoir ressenti le tout premier séisme d’une magnitude de 7,8 sur l’échelle de Richter, ajoutant qu’elle a néanmoins senti le second, d’une magnitude de 7,5 sur l’échelle de Richter, dont l’épicentre était plus au nord. Le personnel de l’ambassade travaillait à ce moment-là et il a dû rapidement quitter les bureaux, qui se trouvent dans une tour.

Aucun employé n’a été blessé, poursuit Lillian, mais un grand nombre ont des membres de leur famille qui ont été directement touchés. « On peut véritablement ressentir une ambiance lourde, particulière. Les gens sont choqués et ils sont tristes », précise-t-elle.

Emanuel Fabian a participé à la rédaction de cet article.

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