Shaath : « Nous n’accepterons plus la médiation de l’Amérique » si Trump reconnaît Jérusalem, capitale d’Israël
Rechercher

Shaath : « Nous n’accepterons plus la médiation de l’Amérique » si Trump reconnaît Jérusalem, capitale d’Israël

L'administration américaine devrait faire bientôt des annonces sur le statut de Jérusalem et le transfert ou non de son ambassade

Nabil Shaath devant la presse dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 1er octobre 2011 (Crédit : Issam Rimawi/Flash 90)
Nabil Shaath devant la presse dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 1er octobre 2011 (Crédit : Issam Rimawi/Flash 90)

Un haut conseiller du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, Nabil Shaath, a prévenu mardi Donald Trump que toute reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale d’Israël signifierait la fin de l’effort mené par l’administration américaine pour relancer l’entreprise de paix.

« Nous n’accepterons plus la médiation de l’Amérique, nous n’accepterons plus la médiation de M. Trump. Ce sera la fin du rôle joué par les Américains dans ce processus », a dit Shaath à des journalistes.

Shaath a renouvelé la mise en garde contre la réaction de la rue palestinienne et arabe.

« Je ne sais pas si cela provoquera des violences, mais il y aura sans nul doute des manifestations populaires partout. J’espère qu’il n’y aura pas de violences », a-t-il dit. Mais « des violences pourraient éclater dans le monde arabe, qu’on ne pourrait pas contrôler ».

Shaath a tenu des propos inhabituellement vigoureux contre l’administration Trump et en particulier contre le fait qu’elle ne se soit pas prononcée pour la création d’un Etat palestinien coexistant avec Israël, solution dite à deux Etats qui reste la référence de la communauté internationale.

« Nous aurions accepté le processus américain s'(ils s’étaient) engagés à respecter les règles du jeu », a dit Shaath. « Nous ne demandons rien d’autre que la solution à deux Etats. M. Trump et son administration sont en train de violer (ce principe), ils ne jouent pas le jeu, et nous n’allons pas jouer leur jeu », a-t-il dit.

Une décision est toujours attendue de la part du président américain sur un transfert de l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem et une possible reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël.

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, a aussi jugé « dangereuse » mardi une possible décision de déplacer l’ambassade américaine à Jérusalem qui consacrerait une reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël.

M. Aboul Gheit a déclaré devant les membres de l’institution panarabe que la réunion convoquée mardi était due « au danger de cette question, si cela devait arriver, et aux possibles conséquences négatives pas seulement pour la situation en Palestine mais aussi dans la région arabe et islamique ».

Ahmed Aboul Gheit, dirigeant de la Ligue arabe, en avril 2017. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a averti mardi que le statut de Jérusalem était « une ligne rouge » pour les musulmans, évoquant une possible rupture diplomatique avec Israël si Washington devait reconnaître la ville sainte comme capitale.

« Monsieur Trump, Jérusalem est une ligne rouge pour les musulmans », a lancé M. Erdogan à l’adresse de son homologue américain.

« Nous allons mener cette lutte jusqu’au bout avec détermination. Et cela pourrait aller jusqu’à la rupture de nos relations diplomatiques avec Israël », a-t-il ajouté lors d’un discours devant le groupe parlementaire du parti islamo-conservateur au pouvoir, l’AKP.

« En tant que président en exercice de l’OCI (Organisation de la coopération islamique), nous allons suivre cette question jusqu’au bout. Si une telle décision est prise, nous réunirons sous 5 ou 10 jours un sommet des leaders de l’OCI à Istanbul (…) Nous mettrons en mouvement tout le monde musulman lors de ce sommet », a-t-il encore dit.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...