Rechercher

Shoah: Israël et l’Allemagne augmentent le budget des allocations aux survivants

Environ 3 700 survivants recevront la somme supplémentaire de 100 euros par mois, et ceux souffrant de démence sénile ou d'Alzheimer bénéficieront de 500 euros de plus par an

Le survivant de la Shoah Yehoshua Datsinger place ses tefillin sur son bras, au-dessus de son numéro d'identification tatoué à  Auschwitz , à Bnei Brak, le 21 septembre 2020. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)
Le survivant de la Shoah Yehoshua Datsinger place ses tefillin sur son bras, au-dessus de son numéro d'identification tatoué à Auschwitz , à Bnei Brak, le 21 septembre 2020. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)

Le cabinet a approuvé dimanche à l’unanimité un accord entre Israël et l’Allemagne qui prévoit que Berlin allouera dorénavant 20 millions de shekels supplémentaires par an en allocations mensuelles versées à environ 3 700 survivants de la Shoah.

Cela représente une augmentation de l’allocation individuelle de cent euros par mois.

Les survivants souffrant de démence ou de la maladie d’Alzheimer recevront un paiement annuel de 500 euros en plus des allocations mensuelles.

Le ministre des Affaires étrangères, Yair Lapid, a indiqué que la décision d’approuver ces allocations était « la plus importante » qui avait été prise par le cabinet au cours de sa réunion hebdomadaire.

« L’État d’Israël a une dette historique à l’égard des survivants de la Shoah », a-t-il écrit sur Twitter. « Notre mission est de rendre plus facile pour eux les dernières années de leurs vies ».

Ce développement survient après un accord de principe qui a été conclu en 2019 avec le ministère allemand des Finances. Ces fonds supplémentaires ont été finalement approuvés après que l’Autorité israélienne en charge des survivants de la Shoah, une instance gouvernementale, a demandé à l’Allemagne de l’argent supplémentaire en raison de la situation financière et psychologique de plus en plus difficile pour les survivants – une situation qui a été exacerbée par la crise de la COVID-19.

Le chef du parti Yesh Atid, Yair Lapid, s’exprime lors d’une réunion de sa faction à la Knesset, à Jérusalem, le 4 octobre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

La ministre de l’Égalité sociale, Meirav Cohen, a déclaré que les confinements ordonnés pendant la pandémie, au cours des dix-huit derniers mois – qui ont par moment bloqué les Israéliens dans leurs habitations – ont « réveillé des blessures anciennes chez de nombreux survivants de la Shoah » qui avaient vécu des confinements et l’isolement au cours de leur enfance.

Les suppléments d’allocation, a-t-elle expliqué, permettront de mettre en place « les soins psychologiques nécessaires pour cicatriser à nouveau ces blessures ».

Une enquête réalisée au mois d’avril avait établi que plus de la moitié des survivants de la Shoah qui vivent en Israël s’appuyaient sur les services d’aide d’alimentaire, et un grand nombre d’entre eux avait reconnu ne pas avoir les moyens d’assumer des dépenses pourtant essentielles, comme les lunettes ou les prothèses auditives.

Dans un sondage réalisé par l’ONG Holocaust Survivors’ Welfare Fund, 51 % des survivants interrogés avaient déclaré compter sur les produits alimentaires qui leur étaient distribués par les organisations caritatives et un tiers avait déclaré que cette aide leur était « absolument nécessaire » pour vivre.

Selon le sondage, de nombreux survivants avaient déclaré devoir renoncer à des dépenses essentielles pour pouvoir se nourrir. 44 % des personnes interrogées avaient dit ne pas avoir suffisamment d’argent pour s’acheter des lunettes, 33 % avaient noté ne pas pouvoir payer des soins dentaires et 27 % avaient précisé ne pas être en mesure de s’équiper d’une prothèse auditive.

La ministre de l’Egalité sociale, Meirav Cohen à Jérusalem, le 18 mai 2020. (Crédit : Flash90)

Le nombre de survivants de la Shoah ayant besoin d’une aide financière n’a fait qu’augmenter au cours des dernières années.

Selon un rapport du procureur de l’État qui a été diffusé au mois d’octobre, 51 175 survivants du génocide qui reçoivent une allocation annuelle – soit 70 % du total – ont besoin d’une aide financière supplémentaire « pour vivre dans la dignité ». Ils étaient 67 % en 2017.

Au mois de janvier, le Bureau central des statistiques avait fait savoir qu’environ 900 survivants avaient succombé à la COVID-19 pendant la pandémie, en 2020. Pendant toute cette année-là, 3 500 survivants avaient attrapé le coronavirus, ce qui indique que le taux de mortalité dans cette catégorie précise de la population était de 17 %, légèrement supérieur au taux de mortalité 16 % observé dans la population générale pour le même groupe d’âge.

Au début du mois, la chancelière allemande sortante, Angela Merkel, est venue en Israël et elle a déposé une gerbe au musée de commémoration de la Shoah de Yad Vashem, où elle a déclaré que l’Allemagne endossait « une responsabilité » à l’égard des survivants de la Shoah.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...