Shtayyeh jure d’empêcher « avec nos corps » l’entrée dans la Zone A de Cisjordanie
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Shtayyeh jure d’empêcher « avec nos corps » l’entrée dans la Zone A de Cisjordanie

Selon le Premier ministre de l'Autorité palestinienne, les raids israéliens sur les villes placées sous l'autorité de Ramallah violent les accords signés

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le Premier ministre de l'Autorité palestinienne, Mohammad Shtayyeh, s'entretient avec l'Associated Press, dans son bureau de Ramallah, en Cisjordanie, le mardi 16 avril 2019. (AP Photo/Nasser Nasser)
Le Premier ministre de l'Autorité palestinienne, Mohammad Shtayyeh, s'entretient avec l'Associated Press, dans son bureau de Ramallah, en Cisjordanie, le mardi 16 avril 2019. (AP Photo/Nasser Nasser)

Le Premier ministre de l’Autorité palestinienne Mohammad Shtayyeh a juré dans une interview publiée samedi que les Palestiniens empêcheraient les militaires israéliens de mener des opérations dans la Zone A de la Cisjordanie, qui est placée sous l’entière responsabilité de Ramallah.

« Nous empêcherons l’armée d’occupation israélienne de mener des raids dans la Zone A – non par la violence, mais avec nos corps », a déclaré Shtayyeh au journal palestinien Al-Quds. « Israël envahit les territoires de l’AP et les accords signés n’autorisent pas de telles invasions. »

Il n’a pas précisé si l’AP prévoyait d’éventuelles ripostes.

L’armée israélienne se livre à des opérations d’arrestations quotidiennes en Cisjordanie, notamment dans la Zone A. L’armée considère ces raids comme déterminants pour le maintien de la sécurité et du statu-quo délicat mis en œuvre au-delà de la Ligne verte.

Mais Ramallah clame que ces raids sont devenus plus nombreux ces derniers mois et qu’ils surviennent plus régulièrement et en plein jour.

Des soldats israéliens pendant un raid à Ramallah, le 10 décembre 2018, après un attentat terroriste en Cisjordanie. (Crédit : ABBAS MOMANI / AFP)

Au mois de juillet, Israël avait démoli plusieurs bâtiments – y-compris dans la Zone A – à Wadi Hummus, une partie de la Cisjordanie adjacente à la barrière de sécurité et dans le quartier Sur Baher de Jérusalem-Est.

Au mois d’août, Shtayyeh avait déclaré que les Palestiniens assureraient la gestion de tous les territoires de la Cisjordanie, comme si Ramallah en détenait le contrôle sécuritaire et administratif.

« Israël ne respecte plus les accords signés et a commencé à gérer ces territoires comme s’ils faisaient partie de la Zone C. Nous allons donc prendre en charge tous les territoires comme s’ils faisaient partie de la Zone A », avait déclaré Shtayyeh lors d’une rencontre avec les membres de la Défense du comité de Wadi Hummus.

Au mois de décembre dernier, le président de l’AP, Mahmoud Abbas, avait contacté un certain nombre de responsables arabes et internationaux après un raid des forces de sécurité israéliennes à Ramallah – ville située dans la Zone A – en plein jour.

Les forces israéliennes avaient mené une opération au siège du site d’information officiel de l’AP, Wafa, à Ramallah, et s’étaient saisi des images enregistrées par les caméras de surveillance, vingt-quatre heures après une attaque terroriste commise à proximité de l’implantation d’Ofra qui avait fait sept blessés civils du côté israélien.

Les accords d’Oslo, une série d’accords signés par Israël et l’Organisation de libération de la Palestine, avaient divisé la Cisjordanie en trois zones : A, B et C. La Zone A fait référence aux parties de la Cisjordanie placées sous le contrôle sécuritaire et administratif palestinien, la Zone B désigne les secteurs placés sous contrôle sécuritaire israélien – avec certaines exceptions où les Palestiniens maintiennent un contrôle sécuritaire limité – et sous contrôle administratif palestinien.

La Zone C comprend les territoires placés à la fois sous contrôle sécuritaire et administratif israélien et palestinien.

Adam Rasgon a contribué à cet article.

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