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Sites nucléaires non déclarés: Téhéran accuse l’AIEA d’être sous influence « sioniste »

De son côté, Naftali Bennett a accusé la République islamique d'avoir "volé des documents confidentiels de l'AIEA et utilisé ces informations pour échapper aux inspections"

L'entrepôt atomique présumé de l'Iran à Turquzabad, Téhéran. (Capture d'écran de YouTube)
L'entrepôt atomique présumé de l'Iran à Turquzabad, Téhéran. (Capture d'écran de YouTube)

Téhéran a accusé mardi l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) d’avoir publié un rapport ni « juste » ni « équilibré » portant sur des sites nucléaires non déclarés en Iran.

Lundi, l’AIEA a publié un rapport dans lequel le gendarme onusien indique avoir des questions « non résolues » concernant la présence de matière nucléaire sur trois sites non déclarés en Iran: Marivan (ouest), Varamin et Turquzabad, au sud de Téhéran.

L’AIEA affirme avoir demandé en vain à des responsables iraniens d’expliquer la présence de ce matériel sur ces sites.

« Malheureusement, ce rapport ne reflète pas la réalité des négociations entre l’Iran et l’AIEA », a déclaré à des journalistes le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Saeed Khatibzadeh pendant une interview, en novembre 2020. (Capture d’écran)

« Ce n’est pas un rapport juste et équilibré », a-t-il ajouté. « Nous nous attendons à ce que cette trajectoire soit corrigée. »

« Nous craignons que la pression exercée par le régime sioniste (Israël, NDLR) et d’autres acteurs poussent l’agence à faire de ses rapports techniques des rapports politiques », a-t-il accusé.

« Vol de documents »

De son côté, le Premier ministre israélien Naftali Bennett a accusé sur Twitter la République islamique d’avoir « volé des documents confidentiels de l’AIEA et utilisé ces informations pour échapper systématiquement aux inspections » de l’agence.

Il a accompagné son message d’un lien vers plusieurs documents en persan présentés comme confidentiels et traduits en anglais, ainsi que des photos censés étayer ses propos.

L’Etat hébreu perçoit comme une menace à sa sécurité le programme nucléaire de l’Iran, son ennemi juré qu’il accuse de vouloir se doter de la bombe atomique, ce que Téhéran a toujours nié.

Les autorités israéliennes ont ainsi plusieurs fois déclaré ne pas écarter la possibilité d’une action militaire pour empêcher la République islamique de devenir une puissance nucléaire.

D’après Téhéran, son programme nucléaire a déjà été la cible de plusieurs campagnes de cyberattaques, sabotages et assassinats ciblés de scientifiques, qu’il a imputés à Israël.

Uranium enrichi 

Lundi, lors de la publication du rapport de l’AIEA, le chargé de mission iranien auprès des agences internationales à Vienne, Mohammad Reza Ghaebi, a appelé l’agence à « être consciente des conséquences destructrices de la publication de ce genre de rapport partial ».

Sur cette capture d’écran de l’IRIB (Islamic Republic Iran Broadcasting), la télévision d’Etat, trois versions de centrifuges fabriquées dans le pays dans un programme diffusé en direct depuis Natanz, une structure d’enrichissement d’uranium en Iran, le 6 juin 2018 (Crédit : IRIB via AP)

En avril, Téhéran avait dit espérer que « l’ambiguïté » pesant sur les sites non déclarés soit levée d’ici juin, après avoir envoyé à l’agence onusienne des documents à ce sujet.

Dans un autre rapport également publié lundi, l’AIEA assure que les stocks d’uranium enrichi dépassent désormais de plus de 18 fois la limite autorisée par l’accord international de 2015.

Ainsi, Téhéran de 43,1 kg d’uranium enrichi à 60 %, seuil proche des 90% nécessaires à la confection d’une bombe, contre 33,2 kg précédemment, selon le rapport qui sera examiné lors du Conseil des gouverneurs de l’AIEA la semaine prochaine.

Ces échanges entre l’Iran et l’AIEA sont menés en parallèle aux discussions sur une relance du pacte de 2015 qui se tiennent à Vienne, où les négociateurs ont soufflé ces dernières semaines le chaud et le froid sur les pourparlers.

Lancées il y a un an mais suspendues à plusieurs reprises, ces négociations dans la capitale autrichienne visent à sauver l’accord international de 2015 censé empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique, en échange de la levée de sanctions asphyxiant son économie.

L’accord s’est délité après le retrait unilatéral en 2018 des Etats-Unis, sous la présidence de Donald Trump, et le rétablissement de sanctions américaines contre l’Iran, qui s’est affranchi en réaction des limites-clé imposées à son programme nucléaire.

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