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Soldates « prostituées » à Gilboa : Omer Barlev réclame une nouvelle enquête

La commission chargée d'enquêter sur l'évasion de 6 détenus palestiniens a déclaré que ce n'était pas de son ressort d'aborder ces allégations, qui datent de 2018

Le ministre de la Sécurité publique Omer Barlev, le 9 novembre 2021. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)
Le ministre de la Sécurité publique Omer Barlev, le 9 novembre 2021. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

La commission chargée d’enquêter sur l’évasion de six condamnés pour terrorisme de la prison de Gilboa a annoncé jeudi qu’elle n’enquêtera pas sur les allégations selon lesquelles les soldates qui effectuaient leur service en tant que gardiennes de la prison ont été « prostituées » pour être utilisées comme monnaie d’échange sexuelle avec les prisonniers.

Les allégations, qui avaient été soulevées dans le passé mais fermement rejetées par la prison à l’époque, ont été évoquées mercredi lors du témoignage de l’actuel chef de la prison Freddy Ben Shitrit.

« La commission d’enquête tient à préciser que ce sujet (…) n’est pas susceptible d’être sondé par ses soins », déclare le chef de la commission dans un communiqué, selon Walla news. « Nous comptons sur les autorités compétentes pour donner leur avis sur la question ».

Selon le site d’information, des responsables du ministère de la Sécurité intérieure avaient auparavant déclaré que l’affaire relevait de la compétence de la commission.

Le commandant de la prison de Gilboa, Freddy Ben Shitrit, arrive pour son témoignage devant le comité d’inspection du gouvernement pour enquêter sur l’évasion des prisonniers de sécurité de la prison de Gilboa, à Modiin, le 24 novembre 2021. (Crédit : Flash90)

Le ministre de la Sécurité intérieure, Omer Bar Lev, a demandé au procureur général Avichai Mandelblit d’ordonner l’ouverture d’une enquête sur les allégations.

Bar Lev a également indiqué dans un communiqué que le commissaire de police Kobi Shabtai lui a dit que la police avait ouvert une enquête sur ces allégations.

Bar Lev a qualifié ces allégations de « choquantes et nauséabondes ».

Des soldates avaient affirmé en 2018 avoir été placées en contact étroit avec certains détenus influents afin de les satisfaire, ce qui a conduit les femmes à être harcelées et abusées sexuellement. Une première enquête a été close en raison d’un manque de preuves, ont rapporté mercredi soir les médias israéliens.

Gilad Erdan à New York, le 13 octobre 2020. (Mission israélienne auprès de l’ONU)

Les allégations de Ben Shitrit ont suscité une large couverture médiatique mercredi et des appels à la réouverture de l’enquête.

L’ancienne députée travailliste Ayelet Nahmias-Verbin a dit jeudi avoir demandé à plusieurs reprises en 2018 qu’un organisme externe soit nommé pour enquêter sur les allégations des soldates.

Nahmias-Verbin a partagé sur son compte Twitter une copie d’une réponse qu’elle avait reçue de la part du ministre de la Sécurité publique de l’époque, Gilad Erdan, dans laquelle il dit avoir déjà nommé un responsable de la prison pour enquêter sur les allégations et que le dossier avait été transféré à la police.

Dans la lettre, Erdan promet de prendre les allégations au sérieux et de donner suite à l’affaire en attendant les résultats de l’enquête policière.

La députée de l’Union sioniste Ayelet Nahmias-Verbin lors d’une réunion de commission à la Knesset, le 2 novembre 2016 (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Malgré cette déclaration, l’affaire, qui avait reçu peu d’attention des médias avant le témoignage explosif de mercredi, a été classée faute de preuves, selon des médias en hébreu, et il n’y a eu aucune suite connue.

Nahmias-Verbin félicite l’actuel ministre de la Sécurité publique pour avoir demandé au procureur général d’ouvrir une enquête.

« Il était clair [alors] qu'[une commission externe] était le seul moyen », a-t-elle tweeté. « C’est ce dont on a besoin immédiatement et c’est bien que @omerbarlev soit allé voir le procureur général. »

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