Suisse : L’extrémiste antisémite Henry de Lesquen sujet d’une enquête judiciaire
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Suisse : L’extrémiste antisémite Henry de Lesquen sujet d’une enquête judiciaire

"Il y a pire que le coronavirus : le judéovirus", a lancé Henry de Lesquen, ancien haut fonctionnaire et homme politique d’extrême droite, habitué des propos outranciers

Henry de Lesquen, ancien président de Radio Courtoisie. (Crédit : capture d'écran Youtube)
Henry de Lesquen, ancien président de Radio Courtoisie. (Crédit : capture d'écran Youtube)

« Il y a pire que le coronavirus : le judéovirus », lançait en public le 7 mars dernier Henry de Lesquen, ancien haut fonctionnaire, ancien président de Radio Courtoisie et homme politique d’extrême droite, habitué des propos outranciers.

Invité par le groupe extrémiste Résistance helvétique à Aigle, ville du canton de Vaud, en Suisse, l’homme s’est laissé à ses habituelles élucubrations antisémites et xénophobes. Il avait été condamné en France en 2018 pour provocation à la haine et contestation de crimes contre l’humanité.

L’homme a démarré son discours en étayant sa thèse racialiste sur les « cinq » différentes « races » de l’espèce humaine. Selon le journal suisse 24heures.ch, il a ensuite abordé « les menaces de l’immigration de masse ‘congoïde’, encouragée selon [lui] par les ‘gouvernements cosmopolites’ et la passivité des ‘candaules’ (comprenez ‘les hommes blancs soumis’ dans la dialectique de Lesquen), pour aboutir aux thèses complotistes antisémites, ‘la coterie juive’ accusée de favoriser cette ‘invasion’ ».

Organisé dans le caveau de l’Aquila, au pied du château d’Aigle, l’évènement a rassemblé une soixantaine de personnes et n’a pas causé de troubles à l’ordre publique. Il avait été condamné par l’association de gauche SolidaritéS, qui n’avait néanmoins pas organisé de contre-manifestation.

La municipalité avait elle exprimé au sujet de l’évènement la nécessité « de trouver le juste et difficile équilibre entre la garantie de la liberté d’expression et la stricte application de la loi ».

Frédéric Borloz, conseiller national et syndic (maire) de la commune d’Aigle, avait déclaré suite à l’évènement : « Nous avons découvert cet événement tardivement sur les réseaux sociaux et avons été pris de court. Il est évident que le racisme doit être combattu. Lundi [9 mars], un courrier sera adressé à Résistance helvétique. Au vu du caractère éminemment public de cette conférence, ils ne pourront plus invoquer l’argument du cadre privé. Ce groupement devra à l’avenir nous annoncer officiellement tous leurs événements. Nous aurons une base pour les interdire s’ils présentent un risque important. L’orateur ne sera pas autorisé à conférer à Aigle. Peut-être même que ses propos sont poursuivis d’office. Nous allons nous renseigner. »

La municipalité a depuis décidé de saisir le Ministère public central.

« En tant que responsables politiques de la commune, la Municipalité ne peut pas tolérer que M. de Lesquen vienne propager ses propos haineux et nauséabonds, qui remplissent manifestement les conditions d’application de l’article 261bis du Code pénal, qui punit la provocation à la haine raciale », ont écrit les élus.

La procédure suit actuellement son cours, bien que le Ministère central a affirmé que « l’examen de ce qui concerne cette conférence ne peut pas faire partie de [ses] priorités ».

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