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Suite à l’escalade sécuritaire, suspension des visites du sanctuaire juif de Naplouse

Tsahal doit effectuer des raids dans la ville palestinienne pour sécuriser les visites qui déclenchent souvent des heurts ; l'armée a déclaré renoncer aux assassinats ciblés

Des soldats israéliens protègent des pèlerins juifs au Tombeau de Joseph, près de la ville de Naplouse, en Cisjordanie, le 29 juillet 2019 (Crédit : Tsahal)
Des soldats israéliens protègent des pèlerins juifs au Tombeau de Joseph, près de la ville de Naplouse, en Cisjordanie, le 29 juillet 2019 (Crédit : Tsahal)

Les services de sécurité israéliens auraient décidé d’interrompre indéfiniment les visites au Tombeau de Joseph situé dans la ville palestinienne de Naplouse en raison de la dégradation de la situation sécuritaire en Cisjordanie.

La chaîne publique Kan, qui a révélé l’information jeudi, a déclaré que Tsahal cherchait à limiter ses activités dans la ville du nord de la Cisjordanie de manière plus générale afin de laisser aux forces de sécurité de l’Autorité palestinienne une plus grande autonomie pour y opérer. Un haut responsable militaire cité par la chaîne a néanmoins déclaré que Tsahal continuerait à pénétrer dans toutes les villes palestiniennes pour y mener des opérations en fonction des besoins.

Le tombeau de Joseph est situé dans la zone A de la Cisjordanie, qui est officiellement sous le contrôle total de l’AP, bien que l’armée israélienne y mène des activités. Tsahal interdit aux citoyens israéliens de pénétrer dans la zone A sans autorisation préalable.

Le Tombeau de Joseph est vénéré par certains comme le lieu de repos final de Joseph de la Bible. Les visites du Tombeau de Joseph par des Israéliens orthodoxes ont lieu tous les mois, si ce n’est plus fréquemment, et déclenchent presque toujours de violents affrontements avec la population locale palestinienne lors des interventions préalables de Tsahal à Naplouse pour sécuriser la zone avant l’arrivée des pèlerins extrémistes.

Ces derniers mois, Naplouse et, plus encore, la ville voisine de Jénine, ont été des foyers particuliers de violence entre l’armée israélienne et les tireurs palestiniens. Les deux villes du nord de la Cisjordanie ont été le théâtre de raids israéliens nocturnes presque tous les soirs pour arrêter des individus qui, selon l’armée, sont des leaders terroristes palestiniens responsables de la vague d’attentats du début de l’année qui a coûté la vie à 19 personnes en Israël et en Cisjordanie. L’armée affirme que nombre de ces combattants cherchent à perpétrer de nouvelles attaques contre des Israéliens.

Plus de 2 000 Palestiniens ont été arrêtés depuis le début de l’opération de lutte contre le terrorisme au printemps et plus de 200 Palestiniens ont été tués dans ce qui est devenu la période la plus meurtrière en Cisjordanie depuis des années.

Des Palestiniens affrontent les forces de sécurité israéliennes dans la ville de Jénine, en Cisjordanie, le 28 septembre 2022 (Crédit : Nasser Ishtayeh/Flash90)

La plupart des morts sont des militants recherchés qui ont ouvert le feu, ou des jeunes qui ont lancé des bombes incendiaires ou des pierres sur des soldats entrant dans leur quartier. Mais plusieurs civils qui n’étaient pas impliqués dans les violences sont également morts.

Tsahal a déclaré jeudi que parmi les personnes récemment arrêtées lors des raids figuraient plusieurs étudiants de l’université de Birzeit, près de Ramallah, accusés d’avoir canalisé des fonds pour le groupe terroriste Hamas.

Jeudi également, un Palestinien de 7 ans a perdu la vie dans des circonstances contestées lors d’une intervention de l’armée israélienne dans le sud de la Cisjordanie. Le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne a déclaré que le garçon était mort des suites d’une chute d’une hauteur non spécifiée alors qu’il fuyait des soldats de Tsahal, mais un porte-parole militaire israélien a insisté sur le fait que les troupes n’étaient pas responsables de cette tragédie.

Mercredi, quatre Palestiniens ont été tués et 44 autres blessés lors d’un raid militaire israélien dans la ville de Jénine, au nord de la Cisjordanie. Le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, a déclaré que l’opération avait permis de déjouer une menace terroriste concrète. Il s’agit également de l’épisode le plus meurtrier depuis qu’Israël a lancé sa campagne de répression au début de l’année en réponse à la vague d’attaques terroristes palestiniennes qui ont fait 19 morts en Israël et en Cisjordanie.

Des Palestiniens affrontent les forces de sécurité israéliennes dans la ville de Jénine, en Cisjordanie, le 28 septembre 2022. (Crédit : Nasser Ishtayeh/Flash90)

Plusieurs tirs ratés visant des Israéliens ont également eu lieu la semaine dernière, mettant Tsahal en état d’alerte élevée en Cisjordanie. Un haut responsable militaire a toutefois déclaré jeudi à Kan que Tsahal avait pris la décision de ne pas mener d’assassinats ciblés contre les chefs terroristes palestiniens sur le territoire, estimant qu’une mesure aussi radicale entraînerait une nouvelle détérioration de la situation sécuritaire

Tsahal prévoit néanmoins de continuer à utiliser ses drones de combat pour aider les troupes terrestres dans leurs opérations en Cisjordanie, a déclaré le responsable militaire à la chaîne.

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