Syrie : Un responsable militaire kurde appelle Israël à agir contre la Turquie
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Syrie : Un responsable militaire kurde appelle Israël à agir contre la Turquie

Invoquant les persécutions passées des Juifs, un membre des Forces démocratiques syriennes a exprimé sa certitude que ces derniers n'ignoreront pas la situation des Kurdes

Familles syriennes fuyant la zone de combat entre les forces dirigées par la Turquie et les combattants kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS) dans et autour de la ville de Ras al-Ain, au nord de la frontière avec la Turquie, 15 octobre 2019. (Delil SOULEIMAN/AFP)
Familles syriennes fuyant la zone de combat entre les forces dirigées par la Turquie et les combattants kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS) dans et autour de la ville de Ras al-Ain, au nord de la frontière avec la Turquie, 15 octobre 2019. (Delil SOULEIMAN/AFP)

Un responsable des Forces démocratiques syriennes (FDS) a appelé Israël, lundi, à agir contre l’incursion militaire de la Turquie dans le nord de la Syrie.

Ce responsable, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat, a également exprimé sa certitude que les Juifs ne détourneraient pas le regard de la situation critique des Kurdes dans le nord de la Syrie, invoquant les persécutions passées à l’encontre de la communauté.

« L’Etat d’Israël doit œuvrer à mettre un terme à cette guerre qui tue des femmes et des enfants et qui expulse de chez eux des civils », a dit le responsable au Times of Israel.

Ankara a lancé une attaque transfrontalière contre les Kurdes de Syrie le 9 octobre, après que les Etats-Unis ont annoncé leur retrait militaire des régions du nord de ce pays déchiré par la guerre.

Jeudi dernier, toutefois, un cessez-le-feu négocié par les Américains a été déclaré, donnant aux Forces démocratiques syriennes jusqu’à mardi pour se retirer d’une zone-tampon s’étendant sur 30 kilomètres depuis la frontière que la Turquie veut mettre en place.

Des membres des Forces démocratiques syriennes entraînées par la coalition dirigée par les Etats-Unis lors de la cérémonie de remise de diplômes de leur premier régiment à al-Kasrah, une banlieue de Deir ez-Zor, à l’est de la Syrie, le 21 mai 2018. (Crédit : AFP Photo/Delil Souleiman)

Malgré l’annonce de cette trêve, certains combats entre les forces turques et les FDS continuent le long de la frontière.

Les Forces démocratiques syriennes ont été un allié essentiel de Washington dans la guerre soutenue par les Etats-Unis contre les djihadistes de l’Etat islamique en Syrie, mais la Turquie considère ses troupes comme des terroristes liés aux militants kurdes qui se trouvent sur son propre sol.

« Je suis certain que ce sont les Juifs qui comprennent le mieux la situation vécue par les Kurdes parce qu’ils ont traversé ce type de périls pendant une grande partie de leur histoire. Et je suis sûr qu’ils ne resteront pas à ne rien faire alors que notre région affronte le terrorisme de la Turquie », a déclaré le responsable militaire kurde.

Depuis que la Turquie a commencé son invasion, plus de 300 000 civils ont été déplacés, selon Rami Abdel Rahman, chef de l’Observatoire syrien pour les droits de l’Homme.

Des dizaines de Kurdes – des civils pour la plupart – ont également été tués dans les combats.

Amnesty International a accusé les militaires turcs et les milices soutenues par Ankara de crimes de guerre, et d’afficher un « mépris scandaleux de la vie des civils ». Le groupe a également documenté le meurtre atroce commis par une milice d’une politicienne kurde syrienne.

Le 10 octobre, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a dénoncé l’invasion par la Turquie des zones placées sous contrôle kurde dans le nord de la Syrie et déclaré que l’Etat juif était prêt à offrir une aide humanitaire à la communauté frappée de plein fouet.

« Israël condamne avec force l’invasion turque des zones kurdes en Syrie et met en garde contre le nettoyage ethnique des Kurdes par la Turquie et ses groupes mandataires », avait fait savoir Netanyahu dans un communiqué émis par son bureau à ce moment-là. « Israël se prépare à élargir son aide humanitaire à la vaillante population kurde. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dirige une réunion de son parti du Likud à la Knesset, le 23 septembre 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Israël n’a pas précisé si le pays avait tenté de venir en aide aux Kurdes syriens touchés par l’invasion turque.

Le 9 octobre, la présidente du parti Yamina Ayelet Shaked a également fait une déclaration en soutien aux Kurdes syriens.

« Notre mémoire nationale exige que nous nous révoltions contre les violences dirigées vers une autre nation. C’est le cas des violences turques contre le peuple kurde dans le nord de la Syrie », avait écrit l’ex-ministre de la Justice sur Facebook.

« Je l’ai dit dans le passé : C’est dans l’intérêt d’Israël et des Etats-Unis, de la sécurité et de la stabilité dans la région, d’établir un Etat kurde », a-t-elle écrit. « Les Kurdes sont la force principale ayant combattu l’EI et ils ont essuyé des milliers de morts sous une autorité conjointe et spéciale faite d’hommes et de femmes. Le monde occidental doit les défendre », a-t-elle ajouté.

L’AFP a contribué à cet article.

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