Téhéran dit détenir un navire émirati après la mort de deux pêcheurs iraniens
Rechercher

Téhéran dit détenir un navire émirati après la mort de deux pêcheurs iraniens

L'Iran enquête sur "la fusillade des embarcations des garde-côtes émirati (survenue lundi) contre plusieurs bateaux de pêche iraniens"

Des vedettes du corps de Gardiens de la Révolution naviguent à proximité d'un navire militaire américain dans le Golfe Persique à proximité du Koweït, le 15 août 2020. (Marine américaine via AP)
Des vedettes du corps de Gardiens de la Révolution naviguent à proximité d'un navire militaire américain dans le Golfe Persique à proximité du Koweït, le 15 août 2020. (Marine américaine via AP)

Le ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé jeudi avoir saisi un bateau émirati le 17 août après la mort de deux pêcheurs iraniens tués lors d’un incident dans le Golfe et convoqué le chargé d’affaires des Emirats.

L’Iran enquête sur « la fusillade des embarcations des garde-côtes émirati (survenue lundi) contre plusieurs bateaux de pêche iraniens (…), qui a entraîné la mort de deux pêcheurs », a indiqué le ministère iranien dans un communiqué sur son site, ajoutant avoir convoqué le chargé d’affaires des Emirats pour protester.

Cet incident survient alors que l’Iran a dénoncé lundi comme une « stupidité stratégique » l’accord de normalisation des relations entre son ennemi régional Israël et les Emirats arabes unis, conclu sous l’égide des Etats-Unis.

« Le même jour, un navire émirati a été saisi par les garde-frontières de la République islamique d’Iran en raison du déplacement illégal dans les eaux de notre pays et son équipage a été arrêté », précise le communiqué.

Abou Dhabi a réduit en janvier 2016 ses relations avec Téhéran dans un contexte de vives tensions entre les deux poids lourds de la région : l’Arabie saoudite, proche alliée des Emirats, et l’Iran.

« Le gouvernement des Émirats a émis hier (mercredi) une note officielle exprimant son profond regret pour cet incident et annoncé sa volonté de compenser tous les dommages causés », a fait savoir le ministère iranien des Affaires étrangères.

Fait rare début août, le chef de la diplomatie iranienne a eu avec son homologue émirati des discussions ayant porté notamment sur la coopération dans la lutte contre la pandémie de Covid-19.

Le président iranien Hassan Rouhani prononce un discours lors de la session inaugurale du nouveau parlement à Téhéran, le 27 mai 2020. (Crédit : AFP)

Le président Rouhani avait également qualifié de « grosse erreur » la décision des Emirats de normaliser leurs liens avec Israël, les « mettant en garde contre l’ouverture pour Israël d’une voie d’accès à la région ».

De leur côté, les Emirats ont convoqué dimanche le chargé d’affaires iranien à Abou Dhabi pour protester contre ces « menaces » de la République islamique.

En dépit de leurs relations politiques tendues, la République islamique et les Emirats arabes unis, deux pays riverains du Golfe, sont d’importants partenaires économiques, en particulier Dubaï, un géant portuaire qui abrite aussi le plus grand hub aéroportuaire au monde pour les passagers étrangers.

L’annonce de Téhéran jeudi intervient par ailleurs au lendemain de celle du président américain, Donald Trump, qui a fait savoir que les Etats-Unis allaient activer une procédure controversée aux Nations unies pour rétablir toutes les sanctions internationales contre l’Iran.

Cette annonce de la Maison Blanche fait suite au cuisant échec essuyé par Washington la semaine dernière au Conseil de sécurité des Nations unies, où les Etats-Unis n’ont pas réussi à obtenir le soutien à une résolution visant à prolonger l’embargo sur les armes en Iran.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...